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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2112428

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2112428

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2112428
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre (J.U)
Avocat requérantKORN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2021, M. E D, représenté par Me Korn, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler, injonction assortie d'une astreinte fixée à 30 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu préalablement à l'édiction de la décision conformément au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie d'exception ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie d'exception ;

- elle est entachée d'incompétence ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire doit être annulée par voie d'exception.

Par un mémoire, enregistré le 12 octobre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soutenus par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Nour, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue au I bis de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 5 septembre 2022 le rapport de Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant malien né en 1995, demande l'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, par un arrêté du 4 mai 2021, régulièrement publié le 6 mai 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation de signature à Mme A C, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, pour signer les décisions d'obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de renvoi et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas examiné sérieusement la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition dressé le 7 septembre 2021, que M. D a été utilement entendu sur sa situation administrative, personnelle et familiale préalablement à l'édiction de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de son droit à être entendu.

7. En quatrième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D ne peut utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'encontre des décisions fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français et lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que celles tendant à ce que les frais liés au litige soient mis à la charge de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 202La magistrate désignée,

Signé

C. B La greffière,

Signé

S. Saibi

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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