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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2112590

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2112590

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2112590
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 15 septembre 2021 et le 20 février 2023, Mme E C, représentée par Me Riccardi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite en date du 27 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune du F a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident dont elle estime avoir été victime le 6 mars 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de reconnaître l'imputabilité au service des troubles anxio-dépressifs en résultant ;

3°) de mettre à la charge de la commune le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les troubles anxio-dépressifs dont elle souffre sont en lien certain et direct avec le service et notamment l'accident dont elle a été victime le à la suite de des propos violents et inappropriés de son supérieur hiérarchique lors d'un entretien sur sa manière de servir.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, la commune du F, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars 2023 à 12h par une ordonnance du

17 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Bouttemont,

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,

- et les observations de Me Riccardi représentant Mme C, présente et de

Me Benmerad, représentant la commune du F.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ingénieure territoriale principale titulaire, a été recrutée le par la commune du F pour exercer les fonctions de directrice des . Le vendredi , elle a été reçue par son supérieur hiérarchique afin d'évoquer les difficultés rencontrées dans sa manière de servir. Le lendemain, Mme C a consulté son médecin traitant qui lui a prescrit un arrêt de travail pour un " syndrome anxieux réactionnel suite à une situation conflictuelle et lombalgie ". Elle a effectué le lundi une déclaration d'accident de service. La commission de réforme a émis le 15 mars 2021 un avis favorable à l'unanimité pour l'imputabilité au service de cet accident. Mme C demande l'annulation de la décision implicite du 27 juillet 2021, par laquelle la commune a rejeté implicitement sa demande d'imputabilité au service, sollicité par un courrier réceptionné le 27 mai 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction imputable à la date de l'accident du : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. (). II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".

3. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.

4. Si Mme C soutient dans sa requête que lors de l'entretien du avec son supérieur hiérarchique sur sa manière de servir, elle a fait l'objet " de graves intimidations et de menaces ", elle ne précise toutefois pas le contenu des propos qui auraient été tenus ni ne donne d'élément permettant de caractériser le comportement de son supérieur. Elle n'est pas davantage plus précise dans le formulaire de déclaration d'accident rempli le où elle fait état de " propos inadaptés et d'une certaine violence. " sans davantage les caractériser. Elle n'établit ainsi pas que son supérieur aurait tenu des propos ou ait adopté un comportement qui auraient excédé l'exercice normal de son pouvoir hiérarchique. La circonstance qu'elle " serait tombée dans un vif état de stress, d'angoisse et de tension " comme elle le relève dans sa déclaration d'accident de service, à l'écoute de reproches qui lui ont été faits à cette occasion, lesquels auraient provoqué un syndrome anxio-dépressif, n'est pas, par elle-même, de nature à établir qu'elle aurait été victime d'un accident de service. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que sa pathologie présentait un lien suffisamment direct et certain avec l'entretien avec son supérieur hiérarchique du pour être regardée comme un accident de service.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite du 27 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune du F a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident dont l'intéressée estime avoir été victime le .

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. La présente décision, qui rejette les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision de refus de reconnaître imputable au service l'accident du n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de Mme C doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du F, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, au titre de ces dispositions, de mettre à la charge de Mme C le versement d'une somme de 500 euros à la commune du F.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Mme C versera une somme de 500 euros à la commune du F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et à la commune du F.

Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Salzmann, présidente,

Mme de Bouttemont, première conseillère,

M. L'hôte, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La rapporteure,La présidente,Signé Signé Mme de BouttemontMme DLa greffière,Signé Mme A

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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