mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2112711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | RAYMONDJEAN |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête, enregistrée les 16 septembre 2021 sous le n° 2112711, la société Challancin Accueil et Services, représentée par Me Raymondjean, demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Nord ayant prononcé à son encontre un avertissement et une pénalité de 1 000 euros.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- la décision attaquée est entachée d'inexactitude matérielle des faits dès lors que les opérations de contrôle réalisées par la délégation territoriale Nord du CNAPS sont insuffisantes et ne permettent pas de démontrer les manquements allégués et leur imputabilité à la société Challancin Accueil et Services ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les deux hôtesses d'accueil, dont les missions ont été contrôlées, ne peuvent être regardées comme ayant exercé des activités de surveillance et de gardiennage au sens de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
II/ Par une requête enregistrée le 16 septembre 2021, sous le n° 2112718, Mme C B, représentée par Me Raymondjean, demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Nord ayant prononcé à son encontre un avertissement.
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- la décision attaquée est entachée d'inexactitude matérielle des faits dès lors que les opérations de contrôle réalisées par la délégation territoriale Nord du CNAPS sont insuffisantes et ne permettent pas de démontrer les manquements allégués et leur imputabilité à la société Challancin Accueil et Services ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que les deux hôtesses d'accueil dont les missions ont été contrôlées ne peuvent être regardées comme ayant exercé des activités de surveillance et de gardiennage au sens de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B est la dirigeante de la société Challancin accueil et services, qui exerce des prestations de service pour le compte de sociétés. Cette société a fait l'objet de contrôles du CNAPS, les 6 et 27 février 2020, alors qu'elle assurait l'accueil sur un site de fabrication de produits chimiques appartenant à la société SI GROUP France à Catenoy (60), établissement classé Seveso " seuil haut ".
2. A l'issue de ces contrôles, le directeur du CNAPS a saisi la CLAC Nord, laquelle a prononcé à l'encontre de la société Challancin accueil et services un avertissement et une pénalité financière de 1 000 euros par une délibération du 11 mars 2021 et à l'encontre de Mme B un avertissement par une délibération de la même date. Par des courriers du 10 mai 2021, reçus le 17 mai 2021, la société Challancin accueil et services et Mme B ont formé un recours administratif préalable contre ces deux décisions devant la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du CNAPS qui ont fait l'objet de décisions implicites de rejet. Par les présentes requêtes, elles demandent l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction des requêtes :
3. Les requêtes n° 2112711 et n° 2112718 présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
4. Si le silence gardé par l'administration sur une demande fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Ainsi, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, la décision implicite, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions implicites de rejet des recours administratifs préalables obligatoires formés par la société Challancin accueil et service et par Mme B, nées le 17 juillet 2021 du silence gardé par la commission nationale d'agrément et de contrôle, doivent être regardées comme dirigées contre les décisions expresses du 17 février 2022 qui s'y sont substituées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes () ". Aux termes de l'article L. 612-9 du même code : " L'exercice d'une activité mentionnée à l'article L. 611-1 est subordonné à une autorisation distincte pour l'établissement principal et pour chaque établissement secondaire. " Les personnes qui exercent une activité privée de surveillance et de gardiennage doivent, en vertu de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, être titulaires d'une carte professionnelle délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité.
6. Pour prononcer les sanctions en litige, le CNAPS s'est fondé sur la circonstance que, lors du contrôle du 6 février 2020, deux salariées de la société Challancin accueil et service, chargées de l'accueil sur le site de l'usine de production de produits chimiques exploitée par la société SI GROUPE France, exerçaient des missions de filtrage des véhicules et des visiteurs à l'entrée du site et de télésurveillance, devant être regardées comme des activités de surveillance et de gardiennage au sens de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure. Ainsi, le CNAPS a notamment considéré, d'une part, que l'absence de l'autorisation d'exercice prévue à l'article L. 612-9 du code de la sécurité intérieure constituait un manquement justifiant la sanction prononcée contre la société Challancin accueil et service et, d'autre part, que l'exercice par deux salariées de missions de sécurité privée sans disposer de la carte professionnelle requise par l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure constituait également un manquement justifiant les sanctions prononcées contre la société Challancin accueil et service et contre Mme B.
7. En premier lieu, il ressort des termes du constat du 6 février 2020 rédigé par les agents du CNAPS que l'une des salariées a précisé qu'elle procédait au filtrage des intervenants et à la surveillance par des moyens vidéos. Cette circonstance est confirmée par les termes du compte-rendu de contrôle individuel du 6 février 2020, signé par cette salariée ainsi que par le compte-rendu final de contrôle du 8 septembre 2020 dans lequel le coordinateur d'activité de la société Challancin accueil et service, a confirmé que des missions de sécurité privée étaient réalisées par les deux hôtesses et notamment que des missions de filtrage des véhicules ont été demandées à cette salariée. La circonstance que ces missions aient été demandées à cette salariée à l'initiative de la société SI GROUP France, sans en avoir avisé la société Challancin accueil et service, est sans incidence sur la matérialité des manquements constatés. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
8. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point 6, les missions de filtrage des véhicules et des visiteurs à l'entrée du site et de télésurveillance exercées par les salariées sont constitutives d'une activité de surveillance et de sécurité au sens de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure. Par suite, le CNAPS n'a commis aucune erreur d'appréciation en estimant que la société Challancin accueil et services exerçait une activité de sécurité privée au sens des dispositions précitées sans disposer des autorisations requises par les articles L. 612-9 et L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et en infligeant les sanctions en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Challancin accueil et service et par Mme B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2112711 et n° 2112718 sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Challancin accueil et services, à Mme C B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
J. JimenezLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2112711,2112718
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026