vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | JOBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 septembre et 29 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Jobert, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a suspendu en urgence, pour une durée de six mois à compter de la notification de l'arrêté, de l'exercice de toute fonction auprès de mineurs accueillis dans le cadre de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, d'exploiter des locaux les accueillant et de participer à l'organisation desdits accueils.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;
- il est entaché d'erreur de fait, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit d'observation en défense.
Par ordonnance du 9 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 février 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour, rapporteure,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a suivi depuis 2020 la formation en vue de l'obtention du brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA). À l'occasion d'un stage pratique, lors d'un séjour de vacances organisé du 9 au 22 juillet 2021, il a exercé les fonctions d'animateur stagiaire, encadrant un groupe de plusieurs mineurs. Par l'arrêté contesté du 27 juillet 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis, compte tenu d'un signalement du 16 juillet 2021 effectué par le directeur du séjour de vacances faisant état de violences physiques exercés par M. A sur neuf mineurs et d'un procès-verbal d'audition d'un mineur de treize ans, a suspendu en urgence M. A de l'exercice de toutes fonctions auprès de mineurs accueillis dans le cadre des dispositions de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, d'exploiter des locaux les accueillant et de participer à l'organisation de ces accueils pour une durée de six mois. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 227-10 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " Après avis de la commission départementale compétente en matière de jeunesse et de sport, le représentant de l'Etat dans le département peut prononcer à l'encontre de toute personne dont la participation à un accueil de mineurs mentionné à l'article L. 227-4 ou à l'organisation d'un tel accueil présenterait des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale des mineurs mentionnés à l'article L. 227-4, ainsi que de toute personne qui est sous le coup d'une mesure de suspension ou d'interdiction d'exercer prise en application de l'article L. 212-13 du code du sport, l'interdiction temporaire ou permanente d'exercer une fonction particulière ou quelque fonction que ce soit auprès de ces mineurs, ou d'exploiter des locaux les accueillant ou de participer à l'organisation des accueils. ". L'article L. 227-1 du même code dispose que : " Tout mineur accueilli hors du domicile de ses parents jusqu'au quatrième degré ou de son tuteur est placé sous la protection des autorités publiques ". Aux termes de l'article L. 227-3 du même code : " Cette protection est assurée dans les conditions prévues soit : / - par le code de la santé publique ; / - par d'autres dispositions visant les établissements soumis à une réglementation particulière ; / - par les dispositions des articles L. 227-1, L. 227-2 et L. 227-4 à L. 227-12 ".
3. Ces dispositions permettent à l'autorité administrative, pour assurer la protection des mineurs bénéficiant d'un mode d'accueil collectif à caractère éducatif hors du domicile parental à l'occasion des vacances ou des loisirs, de prononcer une mesure d'interdiction temporaire ou permanente d'exercer une fonction particulière ou quelque fonction que ce soit auprès de ces mineurs, ou d'exploiter des locaux les accueillant ou de participer à l'organisation des accueils, lorsqu'il existe des risques pour la santé et la sécurité physique ou morale de ces mineurs.
4. Il ressort des pièces du dossier que pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé, d'une part, sur le signalement du 16 juillet 2021 effectué par le directeur du séjour de vacances au centre CCAS à Nestier (département des Hautes-Pyrénées) auprès du service départemental à la jeunesse, à l'engagement et aux sports des Hautes-Pyrénées, selon lequel M. A se serait livré à des faits de violence physiques ayant entraîné des blessures sur neuf des mineurs accueillis lors de ce séjour, d'autre part, sur un procès-verbal d'audition, par les services de gendarmerie de Lannemezan (département des Hautes-Pyrénées) en date du 14 juillet 2021, d'un mineur de 13 ans rapportant qu'au cours de ce séjour, il a été victime de plusieurs coups de poings dans les épaules et les omoplates ayant entraîné des douleurs par M. A et qu'il a été menacé par celui-ci. Or, M. A conteste fermement avoir commis les faits qui lui sont reprochés et fait valoir qu'il a seulement attrapé " un élève par les épaules et l'a fait s'asseoir sur son lit puis est sorti de la chambre ", alors qu'un différend était survenu au sein d'un groupe de cinq enfants qui refusaient de sortir de leur chambre pour se laver les dents. Le requérant soutient en outre que les poursuites pénales engagées à son encontre ont été classées sans suite par le parquet de Bobigny, à défaut d'élément matériel suffisant pour caractériser toute infraction. Le préfet, qui n'a pas produit d'observation en défense, ne verse aux débats ni les procès-verbaux sur lesquels il a fondé sa décision, ni aucune décision rendue par le juge pénal à raison des faits incriminés, ni tout autre élément de nature à justifier de la matérialité des griefs reprochés au requérant. Dans ces conditions, le préfet ne peut être regardé comme établissant la matérialité des faits au fondement de la décision attaquée. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 27 juillet 2021 doit être annulé.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a suspendu en urgence, pour une durée de six mois à compter de la notification de l'arrêté, M. A de l'exercice de toute fonction auprès de mineurs accueillis dans le cadre de l'article L. 227-4 du code de l'action sociale et des familles, d'exploiter des locaux les accueillant et de participer à l'organisation desdits accueils est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026