vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113300 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ZZ_DESACTIVE_SCHBATH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2021, la société Chez Fleur, représentée par Me Schbath, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a prononcé la fermeture au public de l'établissement Chez Fleur, situé 1 boulevard de l'Hôtel de Ville au sein de la commune d'Aulnay-sous-Bois ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-bois une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- a été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission de sécurité compétente ;
- est dépourvu de base légale, étant fondé sur des dispositions abrogées ;
- est entaché d'erreur de fait ;
- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP) n'est pas applicable ;
- l'article PE 27 de l'arrêté du 25 juin 1980, imposant la conception d'un plan destiné aux pompiers partiel, n'est pas applicable ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois, représenté par le cabinet Centaure avocats, conclut au rejet de la requête et demande la mise à la charge de la société Chez Fleur de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 décembre 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour, rapporteure,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de Me Gien, représentant la commune d'Aulnay-sous-Bois.
La société Chez Fleur n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La société Chez Fleur exploite un restaurant dans un local situé 1 boulevard de l'Hôtel de Ville au sein de la commune d'Aulnay-sous-Bois. Par un arrêté du 28 juillet 2021, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a prononcé la fermeture au public de cet établissement. La société Chez Fleur demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 122-3 du code de la construction de l'habitation : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2 () ". Aux termes de l'article R. 122-7 du code de la construction et de l'habitation : " L'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant le public, prévue à l'article L. 122-3 est délivrée au nom de l'Etat par : / a) Le préfet, lorsque celui-ci est compétent pour délivrer le permis de construire ou lorsque le projet porte sur un immeuble de grande hauteur ; / b) Le maire, dans les autres cas ". Aux termes de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation : " I. - Sans préjudice de l'exercice par les autorités de police de leurs pouvoirs généraux et dans le cadre de leurs compétences respectives, le maire ou le représentant de l'État dans le département peuvent par arrêté, pris après avis de la commission de sécurité compétente, ordonner la fermeture des établissements recevant du public en infraction avec les règles de sécurité propres à ce type d'établissement, jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité / () ".
3. Il résulte de l'instruction que l'arrêté attaqué, dont l'édiction relevait de la compétence du maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois dès lors qu'il portait sur un établissement recevant du public non situé dans un immeuble de grande hauteur, a été signé par M. A B, quatorzième adjoint au maire, titulaire d'une délégation de signature du maire en date du 29 mai 2020, régulièrement publiée et transmise à la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Toutefois, cette délégation de signature l'autorisait seulement à signer tous actes et documents relevant de la préservation, de la valorisation des patrimoines et des archives historiques, ainsi que toutes mesures provisoires nécessaires en matière d'hospitalisation des malades mentaux dont l'état pourrait compromettre la morale publique, la sécurité des personnes ou la conservation des propriétés. Ainsi, M. B n'était pas habilité à signer les mesures de contrôle et de fermeture des établissements recevant du public. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté attaqué doit être annulé en toutes ses dispositions.
Sur les frais de l'instance :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois, partie perdante à l'instance, la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter ses conclusions présentées au même titre. En revanche, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par la société requérante à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 juillet 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a prononcé la fermeture au public de l'établissement Chez Fleur est annulé.
Article 2 : La commune d'Aulnay-sous-Bois versera à la société Chez Fleur la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Chez Fleur et à la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. Jimenez
Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026