vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113313 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | JORION |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 septembre 2021 et 19 décembre 2022 sous le numéro 2113313, la SCI Les Jasmins, représentée par M. A demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 2448 émis le 30 juillet 2021 par la commune de Saint-Denis en vue du recouvrement de la somme de 3 024 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 3 024 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire attaqué est insuffisamment motivé ;
- la créance invoquée par la commune est inexistante dès lors qu'elle a respecté l'obligation de relogement des locataires qui lui incombait.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2022 et 20 janvier 2023, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Gauch, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 août 2023.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 septembre 2021 et 19 décembre 2022 sous le numéro 2113314, la SCI Les Jasmins, représentée par M. A demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 2451 émis le 30 juillet 2021 par la commune de Saint-Denis en vue du recouvrement de la somme de 25 560 euros ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 25 560 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire attaqué est insuffisamment motivé ;
- la créance invoquée par la commune est inexistante dès lors qu'elle a respecté l'obligation de relogement qui lui incombait.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2022 et 20 janvier 2023, la commune de Saint-Denis, représentée par Me Gauch, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de Me Rasamoelina, substituant Me Gauch, représentant la commune de Saint-Denis, la société requérante n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Les Jasmins est la propriétaire de deux logements situés dans un ensemble immobilier implanté au 9 rue Auguste Delaune à Saint-Denis (93200). Cet ensemble immobilier a fait l'objet le 16 janvier 2017 d'un arrêté de péril imminent par lequel le maire de cette commune a ordonné l'évacuation des lieux à l'exception des locaux commerciaux, interdit l'habitation des logements, prescrit diverses mesures tendant à faire cesser la situation de danger constatée et décidé notamment qu'à défaut d'exécution des mesures prescrites dans les délais impartis, dont le relogement des occupants, ces mesures seraient réalisées d'office par la commune et les frais correspondants mis à la charge des propriétaires concernés. Par des titres exécutoires n° 2448 et n° 2451 émis le 30 juillet 2021, le maire de cette commune a mis à la charge de la société requérante les sommes respectives de 3 024 euros et de 25 560 euros. La SCI Les Jasmins demande l'annulation, par sa requête n° 2113313, du titre exécutoire n° 2448 et, par sa requête n° 2113314, du titre exécutoire n° 2451.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2113313 et 2113314 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 susvisé relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
4. Les titres exécutoires en litige n° 2448 et n° 2451 comportent pour seule information relative aux sommes dont le paiement est demandé, la mention : " arrêté péril 9 rue Auguste Delaune ". Ainsi, ils n'indiquent pas les bases et éléments de calcul sur lesquels la commune de Saint-Denis s'est fondée pour mettre les sommes en cause à la charge de la société requérante. Il est constant que préalablement à l'émission des titres attaqués la commune de Saint-Denis a fait savoir à la SCI Les Jasmins que compte tenu de l'inexécution par cette dernière de son obligation de relogement des locataires des logements mentionnés au point 1, elle avait exécuté d'office cette mesure. Elle l'a ainsi informée, par des correspondances du 28 juin 2021 que le coût de l'hébergement serait mis à sa charge, en lui communiquant le détail des dépenses correspondantes. Toutefois, les titres exécutoires en litige ne font pas référence à une quelconque information qui aurait été préalablement communiquée à la société requérante, et notamment pas aux correspondances du 28 juin 2021. Dans ces conditions, la SCI Les Jasmins est fondée à soutenir que les titres exécutoires attaqués sont irréguliers faute de préciser, directement ou par référence, les bases de liquidation de la créance. Par suite, ces titres doivent être annulés, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer les sommes en litige :
5. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Par suite, eu égard au motif d'annulation retenu et seul susceptible d'entrainer l'annulation des titres litigieux, il n'y a pas lieu de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes de 3 024 euros et 25 560 euros.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Les Jasmins, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Saint-Denis demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Les Jasmins et non compris dans les dépens. Enfin, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la commune de Saint-Denis tendant au versement des dépens doivent en tout état de cause être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires n° 2448 et n° 2451 en date du 30 juillet 2021 sont annulés.
Article 2 : La commune de Saint-Denis versera à la SCI Les Jasmins une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Saint-Denis tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au versement des dépens sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Les Jasmins et à la commune de Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
D. BLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2113313
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026