mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | SCP PATRICK DELPEYROUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
F une requête et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement le 4 octobre 2021 et le 14 juin 2022, la succession de Mme A E, née Mme C, représentée F Me Vardon, ayant pour avocat Me Henry-Stasse, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur décernée le 15 avril 2021 entre les mains du mandataire de la succession de Mme A E F le comptable du service des impôts des particuliers (SIP) de la direction des impôts des non-résidents pour avoir paiement de la somme de 785 791,11 euros représentant les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, majorées de 10%, dont Mme A E demeurait redevable au titre des années 2010 et 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'au regard de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, le bénéfice de la prescription de l'action en recouvrement du comptable lui est acquis dès lors que l'acte de poursuite litigieux a été décerné le 15 avril 2021, soit plus de quatre ans après la mise en recouvrement, les 30 avril et 31 décembre 2013, des impositions pour le recouvrement forcé desquelles l'acte en cause a été émis, dès lors que la mise en demeure du 12 mai 2016 n'a pu interrompre le cours de la prescription pour avoir été notifié à Mme A E, qui était décédée le 2 juin 2014, de sorte que la mise en demeure établie le 15 mars 2021 au nom de M. D E en sa qualité d'héritier n'a pu interrompre la prescription qui lui était acquise le 30 avril 2017 et le 31 décembre 2017 respectivement pour les impôts sur le revenu et les prélèvements sociaux établis au titre de l'année 2011, mis en recouvrement le 30 avril 2013, et ceux établis au titre de l'année 2010, mis en recouvrement le 31 décembre 2013.
F un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention multilatérale de l'OCDE du 25 janvier 1988 concernant l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Noël, rapporteur public ;
- et les observations de Me Henry-Stasse, pour la succession de Mme A E, née Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A E s'est vu assigner, au titre des années 2010 et 2011, des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour des montants respectifs, en principal, de 645 792 euros et de 70 859 euros, mises en recouvrement les 31 décembre 2013 et 30 avril 2013. Faute d'avoir été réglées dans les délais légaux, ces impositions ont été assorties d'une majoration de 10%. Compte tenu des paiements effectués, le montant restant dû F Mme E, décédée le 2 juin 2014, s'élevait à 785 791,11 euros.
2. A défaut de règlement des impositions en cause, le comptable de la direction des impôts des non-résidents a alors décerné, le 15 avril 2021, la saisie administrative à tiers détenteur litigieuse entre les mains du mandataire de la succession de la contribuable pour avoir paiement du montant restant dû à la caisse du comptable, soit 785 791,11 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 785 791,11 euros:
3. D'une part, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction issue de l'article 47 de la loi n° 2013-1117 du 6 décembre 2013 : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle () sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. / Le délai de prescription de l'action en recouvrement prévu au premier alinéa est augmenté de deux années pour les redevables établis dans un Etat non membre de l'Union européenne avec lequel la France ne dispose d'aucun instrument juridique relatif à l'assistance mutuelle en matière de recouvrement ayant une portée similaire à celle prévue F la directive 2010/24/UE du Conseil du 16 mars 2010 concernant l'assistance mutuelle en matière de recouvrement des créances relatives aux taxes, impôts, droits et autres mesures ". Il appartient au juge de l'impôt, lorsqu'il est saisi d'une contestation relative au recouvrement d'une créance fiscale auprès d'un débiteur qui ne réside habituellement ni en France, ni dans un autre Etat membre de l'Union européenne, de déterminer si un instrument juridique relatif à l'assistance mutuelle en matière de recouvrement ayant une portée similaire à celle de la directive 2010/24/UE du Conseil du 16 mars 2010 est applicable à l'intéressé, auquel cas celui-ci n'est soumis qu'au délai de prescription de quatre années prévu F le premier alinéa de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales.
4. D'autre part, aux termes de l'article R*. 281-3-1 dans sa rédaction alors applicable : " La demande prévue à l'article L. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée, selon le cas, au directeur départemental des finances publiques, au responsable du service à compétence nationale () dans un délai de deux mois à partir de la notification : / () /c) Du premier acte de poursuite permettant d'invoquer tout autre motif " ".
5. Pour soutenir que la mise en demeure émise le 12 mai 2016 F le comptable du SIP de la direction des impôts des non-résidents n'a pas pu interrompre la prescription de l'action en recouvrement, la requérante soutient que cet acte de poursuite a été notifié à Mme A E, alors pourtant qu'elle était décédée le 2 juin 2014. Il résulte cependant de l'instruction que cette mise en demeure a été adressée à " Mme E A née F M. E D ", à Dunkerque (59140). F suite, cet acte de poursuite doit être regardé comme ayant été décerné à M. D E en sa qualité d'héritier de Mme A E, étant en outre précisé qu'il a été accusé réception, contre signature manuscrite, du pli contenant cette mise en demeure, sans qu'il soit d'ailleurs établi, ni même allégué, qu'elle aurait fait l'objet d'une opposition à poursuites. Il s'ensuit que la mise en demeure émise le 12 mai 2016, qui mentionne les voies et délais de recours, a valablement interrompu le cours de la prescription. Faute de paiement des impositions dont le paiement était ainsi poursuivi, le comptable a décerné, le 15 mars 2021, une seconde mise en demeure, adressée à " M. D E héritier de Mme E A " à son nouveau domicile, situé au Brésil, Etat partie à la convention multilatérale susvisée de l'OCDE du 25 janvier 1988 concernant l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale à compter du 1er octobre 2016, dont l'article 17.3 prévoit une assistance mutuelle en matière de recouvrement ayant une portée similaire à celle prévue F la directive 2010/24/UE du Conseil du 16 mars 2010. F suite, la notification régulière de la première mise en demeure du 12 mai 2016 a eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action en recouvrement pour une durée non pas de six ans, comme le soutient l'administration, mais seulement de quatre ans, soit jusqu'au mois de mai 2020.
6. Toutefois, il résulte des termes du c) de l'article R*. 281-3-2 du livre des procédures fiscales que ce n'est qu'à l'encontre de la seconde mise en demeure du 15 mars 2021, qui mentionnait les voies et délais de recours et dont il a été accusé réception le 7 avril suivant, soit avant l'édiction de la saisie administrative à tiers détenteur litigieuse, que la succession requérante pouvait utilement invoquer le moyen tiré de la prescription de l'action en recouvrement, dès lors que cette mise en demeure du 15 mars 2021 constituait ainsi le premier acte de poursuite permettant de soulever utilement ce motif.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la présente requête ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y inclus celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article l. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Me Vardon, ès qualités de mandataire de la succession de Mme A E, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Me Vardon, ès qualités de mandataire de la succession de Mme A E, et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
Mme Touboul, conseillère,
M. Puechbroussou, conseiller.
Rendu public F mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
B. B
L'assesseure la plus ancienne,
S. Touboul
Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2113524
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026