mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2021, M. B, représenté par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision remise en mains propres le 2 juin 2021 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui attribuer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
4°) en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat, Me Pierre, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) à défaut d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié des services d'un interprète lors de son entretien, en méconnaissance de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- un nouvel entretien de vulnérabilité ne lui a pas été proposé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- aucune proposition d'hébergement ne lui a été faite en méconnaissance aux dispositions de l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle a été entendu le rapport de Mme C.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Syndique, première conseillère,
- les observations de Me Grollau, substituant Me Pierre, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant mauritanien né le 7 décembre 1997, est entré en France le 20 mai 2021 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile le 2 juin 2021. Par une décision remise en mains propres le même jour, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il a refusé la proposition d'hébergement faite par l'OFII. Le 19 juillet 2021, il a introduit un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision qui a été implicitement rejeté. La décision implicite de rejet s'étant substituée à la décision initiale, les conclusions de M. B tendant à l'annulation du refus des conditions matérielles d'accueil doivent être regardées comme dirigées contre la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le directeur général de l'OFII sur son recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 8 août 2022, postérieure à la date d'introduction de la présente requête, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, ses conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu, dès lors, d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision par laquelle le directeur territorial de OFII a refusé à M. B le bénéfice des conditions matérielles d'accueil comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, et notamment que M. B a refusé la proposition d'hébergement qui lui a été faite. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la décision a été prise après que l'intéressé a indiqué être hébergé par son oncle avec son frère à titre gratuit et souhaiter rester avec sa famille. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré du défaut de motivation et d'examen particulier doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé () ". Il ressort des pièces du dossier que lors de l'entretien de vulnérabilité du 2 juin 2021 qui a été réalisé en langue française, M. B a indiqué quel avait été son parcours migratoire et qu'il était hébergé chez un oncle, ce qu'il ne conteste pas avoir dit et qu'il a également certifié avoir bénéficié d'un entretien dans une langue qu'il comprenait. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision du 2 juin 2021 aurait été prise en méconnaissance de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'interprète au cours de la procédure doit, en tout état de cause, être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que, si M. B a demandé une nouvelle évaluation de sa vulnérabilité les 14 juin, 8 juillet et 15 juillet 2021, il n'a pas donné suite aux deux rendez-vous qui lui ont été proposés les 2 septembre et 4 octobre 2021 aux fins de réexamen de sa situation en conséquence de son recours administratif préalable obligatoire contre la décision lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'absence de réexamen de la situation particulière de l'intéressé en méconnaissance de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de de l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région. Si M. B soutient que l'OFII ne lui a pas proposé un lieu d'hébergement en méconnaissance de ces dispositions, il ressort des pièces du dossier qu'il a signé l'offre de prise en charge au titre du dispositif national d'accueil qui indique qu'en qualité de demandeur d'asile, il peut bénéficier des conditions matérielles d'accueil et qui précise notamment qu'elles comportent un hébergement. Il ressort également des pièces du dossier qu'il était hébergé chez un oncle à la date du 2 juin 2021 et qu'il n'a fait valoir aucun élément particulier de vulnérabilité. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 552-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de de l'intégration et à Me Pierre.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
La rapporteure,
N. C
Le président,
B. Auvray Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026