LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2114210

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2114210

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2114210
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL MINIER-MAUGENDRE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Lacroix, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine Saint-Denis l'a affecté aux fonctions de responsable d'office au sein du collège Pierre Sémard à Drancy à compter du 1er septembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis de le réintégrer à son poste de responsable d'office au sein du collège Marcelin Berthelot à Montreuil et de reconstituer rétroactivement sa carrière à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du département de la Seine-Saint-Denis le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la compétence de la signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;

- la décision attaquée est irrégulière dès lors que la commission administrative paritaire n'a pas été saisie préalablement alors que la décision entraîne une modification de sa situation puisqu'elle emporte une diminution de ses attributions et de ses responsabilités ;

- la décision attaquée est irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis à même de solliciter préalablement la communication de son dossier en méconnaissance de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;

- la décision attaquée, qui constitue une sanction déguisée, est entachée d'un vice de procédure en l'absence de respect des règles et garanties organisant la procédure disciplinaire prévues par le décret n° 89-677 en date du 18 septembre 1989 ;

- la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure dès lors qu'elle constitue une sanction déguisée ;

- la décision attaquée, qui constitue une sanction déguisée, est entachée d'une erreur de droit, en particulier d'une absence de base légale, dès lors que la mutation d'office n'est pas au nombre des sanctions disciplinaires prévues par l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 ;

- les griefs sur lesquels se fonde la décision attaquée sont matériellement inexacts ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors qu'il s'agit d'une sanction déguisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, le département de la Seine-Saint-Denis, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la décision attaquée est une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été recruté le 1er septembre 2017 en en qualité d'agent contractuel par le département de la Seine-Saint-Denis afin d'exercer les fonctions de " cuisinier (responsable d'office de réchauffage) " au sein du collège Marcelin Berthelot à Montreuil. Par un arrêté du 20 octobre 2019, M. B a été titularisé au grade d'adjoint technique des établissements d'enseignement. Il occupait alors les fonctions de responsable d'office au sein du même établissement depuis le 1er septembre 2019. Par une décision du 26 juillet 2021, dont M. B demande l'annulation, le président du conseil départemental de la Seine Saint-Denis l'a affecté aux fonctions de responsable d'office au sein du collège Pierre Sémard à Drancy à compter du 1er septembre 2021.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département de la Seine-Saint-Denis :

2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre une telle mesure, à moins qu'elle ne traduise une discrimination ou une sanction, est irrecevable.

3. Il ressort des pièces du dossier que, par la décision attaquée du 26 juillet 2021, M. B, qui occupait le poste de responsable d'office au sein du collège Marcelin Berthelot à Montreuil, a été affecté au poste de responsable d'office au sein du collège Pierre Sémard à Drancy. Ce changement d'affectation correspond également à des fonctions relevant du cadre d'emploi des agents techniques territoriaux des établissements d'enseignement. Il est constant que M. B n'a subi aucune perte de rémunération du fait de ce changement, qui n'a pas entrainé non plus de changement de sa résidence administrative.

4. D'une part, il ressort de la fiche de poste de responsable d'office au collège Marcelin Berthlot à Montreuil que M. B y avait notamment pour mission la préparation et la distribution des repas dans le respect des normes d'hygiène en vigueur, ainsi que l'organisation et la coordination du travail d'équipe. Si la fiche de poste de responsable d'office au sein du collège Pierre Sémard à Drancy n'est pas produite au dossier, il est constant que les missions affichées de M. B au sein de cet établissement sont similaires. M. B fait toutefois valoir que le collègue Pierre Sémard, comptant moins de rationnaires, à savoir 200 rationnaires pour 400 dans son précédent établissement, son changement d'affectation implique nécessairement une diminution de ses attributions et responsabilités et que l'équipe placée sous sa responsabilité est moins importante. Il ajoute que ses perspectives de carrière sont réduites car il risque de rencontrer des difficultés pour accéder à un poste de responsable d'office dans une plus grosse structure. S'il est constant que le collègue Pierre Sémard à Drancy compte moitié moins de rationnaires que le collège Marcelin Berthelot à Montreuil, cette seule circonstance n'est pas suffisante, à elle seule, à établir que le changement d'affectation de M. B, qui se borne à des allégations générales, non circonstanciées et imprécises, a entraîné pour lui une diminution de responsabilités ou qu'elle réduirait ses perspectives de carrière.

5. D'autre part, la mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.

6. Il ressort des termes de la décision attaquée que la décision de changement d'affectation a été prise au motif que la mauvaise gestion des stocks par l'intéressé et le non-respect des consignes données par son responsable ont altéré la confiance et la solidité des relations entre M. B et sa hiérarchie, ce qui a conduit à un climat délétère au sein de l'équipe en place.

7. Il ressort des pièces du dossier, notamment des rapports d'incident des 16 décembre 2020, 4 janvier 2021 et 12 février 2021, ainsi que du rapport relatif à l'entretien du 27 mai 2021, que M. B est un cuisinier professionnel compétent et que la qualité de son travail est reconnue par sa hiérarchie, notamment s'agissant du respect des normes sanitaires. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'un changement d'attitude a été constaté par sa hiérarchie au milieu de l'année 2020 et que des difficultés relationnelles sont nées entre M. B et certains agents, notamment Mme D, membre de l'équipe dont il avait la gestion, en raison de ses restrictions médicales. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a alors commencé à remettre de plus en plus en question les directives de la gestionnaire du collège notamment s'agissant de la manière de gérer les restrictions médicales de Mme D et que son comportement est devenu de plus en plus agressif. À cet égard, si le requérant soutient que la décision attaquée a été prise au motif qu'il aurait dénoncé la faute de la gestionnaire du collège qui aurait rédigé elle-même une fiche des tâches réalisables par un agent positionné sur un poste aménagé en méconnaissance des restrictions imposées par la médecine du travail, il n'établit pas cette allégation. De surcroît, il ressort du rapport d'entretien du 27 mai 2021 concernant M. B que ses supérieurs hiérarchiques ne lui ont pas fait de reproches sur la qualité de son travail, mais qu'il a été constaté un " réel problème relationnel entre M. B et la gestionnaire ". Le rapport relève que le dialogue est rompu entre ces derniers. Il en ressort enfin que la cheffe de bureau adjointe de la gestion des carrières et des rémunérations a du mal à envisager un retour à de bonnes relations de travail entre les intervenants. Ainsi, nonobstant la circonstance que la mesure attaquée a été prise pour des motifs tenant au comportement de l'agent public concerné, aucun élément du dossier ne permet de relever de la part de l'administration une volonté d'infliger une sanction à l'intéressé. À cet égard, est sans influence la circonstance dont se prévaut le requérant selon laquelle la décision attaquée serait intervenue durant les vacances estivales, de sorte qu'il n'a pas pu transmettre de consignes à son successeur. En tout état de cause, ainsi qu'il a été exposé au point 4 du présent jugement, la décision attaquée procédant au changement d'affectation de M. B n'a pas porté atteinte à sa situation professionnelle. M. B n'est donc pas non plus fondé à soutenir que son changement d'affectation constituerait une sanction déguisée.

8. Il résulte de ce qui précède que la mesure de changement d'affectation contestée présente le caractère d'une mesure d'ordre intérieur, qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 26 juillet 2021 du président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis doivent être rejetées comme irrecevables. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. L'hôte, premier conseiller,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2114210

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions