jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2114436 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et deux mémoires en réplique, enregistrés le 21 octobre 2021, le 8 mars 2022 et le 11 avril 2022, la société anonyme (SA) société française du radiotéléphone (SFR), représentée par Me Guillou, puis par Me Bidault, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2021 par lequel le maire de la commune de Romainville s'est opposé à la déclaration préalable d'implantation de six antennes-relais de téléphonie mobile sur le toit d'un immeuble d'habitation situé 2 rue Youri Gagarine ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Romainville, à titre principal, de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder dans le même délai et sous la même astreinte au réexamen de sa déclaration préalable de travaux ;
3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SA SFR soutient :
- que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- que le motif tiré de la méconnaissance de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) " Environnement " volet n° 2 " Santé, risques et nuisances " du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) d'Est Ensemble est illégal en raison de l'illégalité de cette OAP ;
- que le motif tiré de la méconnaissance des dispositions du III. 1. B. " Aspect extérieur des constructions " du règlement du PLUi est illégal dès lors qu'une adaptation mineure aurait dû lui être accordée par le maire de la commune de Romainville ;
- que le motif tiré de la méconnaissance des règles de hauteur est illégal dans la mesure où une exception est prévue en faveur des équipements publics d'intérêt général.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 février 2022 et le 1er avril 2022, la commune de Romainville, représentée par Me Chaineau, conclut au rejet de la requête et demande le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Romainville soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- l'avis envoyé aux parties, en date du 18 février 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, informant les parties que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du deuxième trimestre 2022 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 4 avril 2022 ;
- l'ordonnance du 21 avril 2022 portant clôture immédiate de l'instruction ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- les observations de Me Dury, représentant la commune de Romainville.
Considérant ce qui suit :
1. La SA SFR demande l'annulation de l'arrêté du 23 août 2021 par lequel le maire de Romainville s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 6 juillet 2021, en vue de l'implantation de six antennes-relais de téléphonie mobile sur le toit-terrasse d'un immeuble d'habitation situé 2 rue Youri Gagarine.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D C, adjoint au maire de la commune de Romainville, délégué à l'urbanisme, à l'aménagement, aux mobilités et à la lutte contre les pollutions et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de fonction et de signature du maire à l'effet d'instruire, de délivrer et de signer, notamment, les autorisations d'urbanisme, par arrêté 16 juillet 2020, dont il est constant qu'il a été transmis au contrôle de légalité le 16 juillet 2020, ainsi que le mentionne l'encart " SLO ", trigramme d'identification d'un dispositif homologué de télétransmission entre la préfecture et les collectivités locales, et affiché le 17 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du point III. 1. b. du règlement du PLUi d'Est Ensemble, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " 1. Dispositions écrites / b. Aspect extérieur des constructions / Les toitures / Les éléments techniques : / () Les antennes d'émission ou de réception des signaux radioélectriques doivent être installées obligatoirement en toiture de la façon la moins visible possible depuis l'espace public. Lorsqu'elles sont implantées en terrasse, elles doivent être en retrait horizontal d'au moins 3 mètres par rapport à l'acrotère () ". Le point I. d) précise que : " Autres dispositions générales / () Adaptation mineure / Les règles et les servitudes définies par le Plan Local d'Urbanisme intercommunal ne peuvent faire l'objet d'aucune dérogation à l'exception des adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes () ". Aux termes de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : / 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes ; / 2° Ne peuvent faire l'objet d'aucune autre dérogation que celles prévues par les dispositions de la présente sous-section ".
4. Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une déclaration préalable de travaux, de déterminer si le projet qui lui est soumis ne méconnaît pas les dispositions du plan local d'urbanisme applicables, y compris telles qu'elles résultent le cas échéant d'adaptations mineures, lorsque la nature particulière du sol, la configuration des parcelles d'assiette du projet ou le caractère des constructions avoisinantes l'exige. Le pétitionnaire peut, à l'appui de sa contestation, devant le juge de l'excès de pouvoir, du refus opposé à sa demande se prévaloir de la conformité de son projet aux règles d'urbanisme applicables, le cas échéant assorties d'adaptations mineures dans les conditions précisées ci-dessus, alors même qu'il n'a pas fait état, dans sa demande à l'autorité administrative, de l'exigence de telles adaptations.
5. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas contesté que le projet litigieux, qui prévoit l'implantation de six antennes-relais de téléphonie mobile en bordure du toit-terrasse de l'immeuble destiné à les accueillir, méconnaît les dispositions précitées du point III. 1. b. du PLUi. Si la société requérante soutient que cette règle pouvait faire l'objet d'une adaptation mineure, il est constant que l'adaptation sollicitée n'est rendue nécessaire ni par la nature du sol, ni par la configuration des parcelles, ni par le caractère des constructions avoisinantes. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'apprécier l'importance de l'adaptation sollicitée ou son utilité pour la société pétitionnaire, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que le maire aurait dû regarder la non-conformité du projet au PLUi comme une adaptation mineure au sens des dispositions précitées et ne pas s'opposer à sa déclaration préalable.
6. Si la requérante soutient que les autres motifs mentionnés dans la décision attaquée sont illégaux, il ressort des pièces du dossier que le maire de Romainville aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que le projet méconnait les dispositions du point III. 1. b. du règlement du PLUi. Dès lors, les moyens de la requête qui tendent à contester les autres motifs de l'arrêté attaqué sont inopérants.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la SA SFR à fin d'annulation de l'arrêté du 23 août 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la SA SFR à verser une somme totale de 2 000 euros à la commune de Romainville en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la SA SFR à l'encontre de la commune, qui n'a pas la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société française du radiotéléphone est rejetée.
Article 2 : La société française du radiotéléphone versera une somme de 2 000 (deux-mille) euros à la commune de Romainville en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société française du radiotéléphone sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société française du radiotéléphone et à la commune de Romainville.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Katia Weidenfeld, présidente,
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. B
La présidente,
Signé
K. Weidenfeld
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026