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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2114587

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2114587

mercredi 22 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2114587
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème chambre
Avocat requérantMAGHREBI-MANSOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Maghrebi-Mansouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, sous astreinte, de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 040 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a pas changé d'orientation au cours de l'année universitaire 2020/2021.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bobigny.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née le 13 janvier 1998 à Tizi-Ouzou (Algérie), est entrée en France le 26 septembre 2019 pour y poursuivre ses études.

Le 21 octobre 2020, elle a sollicité le renouvellement du certificat de résidence qui lui avait été délivré en qualité d'étudiante. Par un arrêté du 13 janvier 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. En premier lieu, la décision de refus de séjour attaquée vise le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 fixant les conditions de délivrance aux ressortissants algériens du certificat de résidence mention " étudiant ", sur le fondement duquel Mme A a présenté sa demande, et indique que l'intéressée n'a pas validé sa troisième année de licence " Langue et lettres " au titre de l'année universitaire 2019/2020, qu'elle a changé de cursus pour l'année universitaire 2020/2021 en s'inscrivant en première année de licence " Italien mineur et didactique du français langue étrangère ", qu'en l'absence de résultat et de progression dans le déroulement du cursus universitaire, le caractère réel et sérieux des études n'est pas démontré, et que l'intéressée ne justifie pas en France d'une situation personnelle et familiale à laquelle la décision porterait une atteinte disproportionnée au regard du but poursuivi. S'agissant de l'obligation de quitter le territoire, qui fait suite à un refus de titre de séjour et a ainsi pour fondement les dispositions du 3° du I de l'article L. 511 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, elle n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision de refus de titre qui, ainsi qu'il est dit, est suffisamment motivée. Enfin, la décision fixant le pays de destination vise l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable et précise que

Mme A n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Il suit de là que l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation donc être écarté.

3. En second lieu, aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien modifié : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention étudiant ou stagiaire () ". Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte, notamment, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.

4. Il ressort des mentions non contestées de l'arrêté attaqué que Mme A, entrée en France le 16 septembre 2019, était inscrite en troisième année de licence " Langue et lettre " au cours de l'année universitaire 2019/2020, qu'elle n'a pas validée. A la rentrée de

septembre 2020, elle s'est inscrite en première année de licence " Italien mineur et didactique du français langue étrangère ". Faute pour Mme A, qui ne produit aucune pièce à l'appui de sa requête, de justifier du lien entre cette formation et celle suivie l'année précédente, de ses résultats et d'une progression dans le déroulement de son cursus universitaire, elle n'établit pas le caractère réel et sérieux de ses études. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation en estimant que le caractère réel et sérieux de ses études n'était pas établi doit être écarté.

5. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, Mme A est entrée récemment en France et n'établit pas détenir d'attaches personnelles et familiales sur le territoire français. Par suite, le moyen soulevé doit, en tout état de cause, être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la

Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Romnicianu, président,

Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,

M. Khiat, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.

La rapporteure,

N. D

Le président,

M. C

La greffière,

S. Le Bourdiec

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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