mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2114874 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 octobre 2021, 27 octobre 2023 et
4 mai 2024, le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Drancy a rejeté ses demandes en date du 12 juin et du 26 juillet 2021 de " revoir la position administrative " des dix-huit adjoints techniques et des soixante-deux adjoints d'animation de nationalité non européenne employés sur des postes permanents en contrats à durée déterminée ;
2°) d'annuler la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la directrice générale adjointe de la commune de Drancy a refusé de délivrer une carte d'accès aux locaux de la commune à
M. Tamar, secrétaire général du syndicat, et de la décision implicite de rejet de sa demande de convocation de M. Tamar au comité technique en qualité d'expert ;
3°) d'enjoindre à la commune de Drancy d'une part, de réexaminer la situation des agents contractuels non européens ayant cumulé six années d'ancienneté, des vacataires, des agents contractuels ayant " l'ancienneté requise " et, le cas échéant, de requalifier leur contrat et d'autre part, de réexaminer les arrêtés des agents titulaires ayant exercé précédemment des fonctions en tant qu'agent contractuel ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Drancy la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. Tamar, secrétaire général du syndicat, a qualité pour agir ;
- le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy a intérêt à agir dès lors que la précarité des agents de la commune a des conséquences négatives sur le taux de syndicalisation et le montant de la cotisation qui lui est versée et que l'intérêt défendu est collectif s'agissant de la résorption de la précarité et de la lutte contre l'inégalité de traitement entre les agents titulaires et les agents contractuels ;
- il a intérêt à agir contre les décisions qui entravent ses prérogatives syndicales ;
- sa requête n'est pas dirigée contre une décision inexistante et n'est pas tardive ;
- la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Drancy a rejeté sa demande de " revoir la position administrative " des dix-huit adjoints techniques et des soixante-deux adjoints d'animation de nationalité non européenne employés sur des postes permanents en contrats à durée déterminée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions du décret n° 88-145, d'une part, dès lors qu'aucun entretien préalable à la reconduction du contrat à durée déterminée des agents de la commune en contrat à durée indéterminée n'a été organisé et d'autre part, dès lors qu'aucun contrat à durée indéterminée n'a été proposé aux agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles cumulant six années d'ancienneté ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe d'égalité de traitement ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- la commune de Drancy devra produire les tableaux concernant le personnel rémunéré sur la base des emplois publics à la Ville de Drancy au titre des années 2020, 2021 et 2022 ;
- la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la directrice générale adjointe de la commune de Drancy a refusé de délivrer une carte d'accès aux locaux de la commune à
M. Tamar, secrétaire général du syndicat, et de la décision implicite de rejet de sa demande de convocation de M. Tamar au comité technique en qualité d'expert constituent une entrave à la liberté syndicale et sont constitutives d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, la commune de Drancy, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du syndicat des fonctionnaires et agents publics de Drancy sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- le secrétaire général du syndicat n'a pas de qualité pour agir dès lors que les statuts ne mentionne pas l'organe compétent pour ester en justice, à tout le moins, seul le bureau exécutif du syndicat CGT avait compétence pour ester en justice et était en mesure d'autoriser son secrétaire général à introduire la présente requête ; la requête qui tend à la transformation en contrat à durée indéterminée des contrats à durée déterminée des agents concernés n'entrent pas dans les cas dans lesquels le syndicat peut agir en justice qui sont limitativement énumérés par l'article 14 des statuts ;
- le syndicat est dépourvu d'intérêt à agir pour demander la titularisation et/ou la transformation en contrat à durée indéterminée des contrats des agents techniques et adjoints contractuels de la commune dès lors qu'il s'agit de défendre des droits individuels et qu'à cet égard le syndicat n'est pas mandaté par les agents concernés ; en tout état de cause, si le syndicat, pour établir son intérêt à agir, allègue des conséquences de la précarité de ces agents sur le montant de sa cotisation syndicale, il n'en justifie pas ;
- la décision implicite attaquée qui serait née le 26 septembre 2021 est inexistante dès lors que seule une décision implicite de rejet est née le 12 août 2021 ;
- la requête introduite le 27 octobre 2021 est tardive dès lors que le délai de recours expirait le 13 octobre 2021 ;
- les conclusions dirigées contre les décisions qui auraient eu pour objet d'entraver sa liberté syndicale sont, en l'absence de toute précision, irrecevables ;
- les conclusions aux fins d'injonction présentées à titre principal sont irrecevables ;
- les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune sont irrecevables dès lors que le syndicat ne développe aucun moyen à leur appui et qu'il n'a pas présenté de demande préalable en ce sens ;
- les conclusions de la requête ne sont pas formulées de manière suffisamment précise en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1983 ;
- le décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Alibert, représentant la commune de Drancy.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler, d'une part, la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Drancy a rejeté ses demandes en date des
12 juin et 26 juillet 2021 de " revoir la position administrative " des dix-huit adjoints techniques et des soixante-deux adjoints d'animation de nationalité non européenne employés sur des postes permanents en contrats à durée déterminée et, d'autre part, la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la directrice générale adjointe de la commune de Drancy a refusé de délivrer une carte d'accès aux locaux de la commune à M. Tamar, secrétaire général du syndicat ainsi que la décision implicite de rejet de sa demande de convocation de M. Tamar au comité technique en qualité d'expert.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Drancy tirée du défaut d'intérêt à agir du syndicat :
2. Par un courrier du 12 juin 2021, le syndicat CGT des fonctionnaires et agents publics de Drancy a demandé à la maire de la commune de Drancy de " revoir la position administrative " des dix-huit adjoints techniques et des soixante-deux adjoints d'animation de nationalité non européenne employés sur des postes permanents en contrats à durée déterminée et lui a demandé de leur proposer un contrat à durée indéterminée dans l'hypothèse où l'agent concerné n'est pas un ressortissant français ou de l'Union européenne. Ainsi, en ayant demandé au maire de proposer à chaque agent concerné un contrat à durée indéterminée conformément aux textes en vigueur, le syndicat requérant n'a pas saisi le maire d'une demande d'abrogation d'un acte de portée générale pris pour la gestion des agents contractuels mais a fait naître une décision de refus qui ne lèse que les intérêts individuels des agents concernés et non les intérêts collectifs défendus par l'organisation syndicale. En outre, si le syndicat soutient que la situation administrative de ces agents exerce une influence sur le montant des cotisations syndicales qu'elle perçoit, il n'apporte aucune précision, ni aucun élément au soutien de son allégation. Dans ces conditions, le syndicat CGT des fonctionnaires et agents publics de Drancy ne justifie par d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Drancy a rejeté sa demande de " revoir la position administrative " des dix-huit adjoints techniques et des soixante-deux adjoints d'animation de nationalité non européenne employés sur des postes permanents en contrats à durée déterminée et la fin de non-recevoir opposée par la commune de Drancy sur ce point doit être accueillie.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 21 octobre 2022 de la directrice générale adjointe de la commune de Drancy et la décision implicite de rejet de sa demande de convocation de M. Tamar au comité technique en qualité d'expert :
3. En premier lieu, en se bornant à soutenir que le courriel du 21 octobre 2022 par lequel la directrice générale adjointe de la commune de Drancy a refusé de délivrer une carte d'accès aux locaux communaux à M. Tamar, son secrétaire général, ainsi que la décision implicite de refus de convocation de ce dernier en qualité d'expert aux réunions du comité technique portent atteinte à ses prérogatives, alors qu'il ressort des pièces du dossier que
M. Tamar n'est plus employé par la collectivité et n'est pas représentant élu à cette instance, le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy n'apporte aucun élément de nature à démontrer que les décisions attaquées portent atteinte à la liberté syndicale.
4. En second lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
5. Il résulte tout de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres fins de non-recevoir opposées en défense, ni de faire droit à la mesure d'instruction sollicitée, que les conclusions à fin d'annulation du syndicat CGT des fonctionnaires et des agents publics de Drancy doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Drancy qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy la somme de 500 euros à verser à la commune de Drancy sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête du syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy est rejetée.
Article 2 : Le syndicat CGT fonctionnaires et agents publics de Drancy versera à la commune de Drancy la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CGT des fonctionnaires et agents publics de Drancy et à la commune de Drancy.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Deniel, présidente,
Mme Bazin, conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,La présidente,SignéSigné B. BiscarelC. Deniel La greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026