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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2115167

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2115167

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2115167
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantMARCOUYEUX ET ASSOCIEES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2021, l'association Les services sociaux interentreprises de la manutention des ports de Marseille, représentée par Me Thery, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 mai 2021 par laquelle l'agence de services et de paiement a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans pour le recrutement d'une salariée au titre d'un contrat de travail conclu le 21 février 2021 ;

2°) d'enjoindre à l'agence de services et de paiement de lui accorder l'aide financière sollicitée et de procéder au paiement de l'aide financière sollicitée ;

4°) de mettre à la charge de l'agence de services et de paiement la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse est entachée d'un défaut de signature ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- c'est à tort que l'agence de services et de paiement a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans dès lors que le contrat de travail qui lui a été présenté n'était pas un avenant insusceptible de faire l'objet d'une demande initiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 mars 2024, l'agence de services et de paiement conclut à ce que l'association requérante se désiste de sa requête. Elle soutient que cette dernière a obtenu satisfaction dès lors qu'elle lui a accordé le bénéfice de l'aide à l'embauche des jeunes sollicité et versé les sommes dues à ce titre.

Par un mémoire en réplique enregistré le 14 mars 2024, l'association " les services sociaux interentreprises de la manutention des ports de Marseille ", représentée par Me Thery, maintient ses conclusions et conclut en outre à ce que le tribunal enjoigne à l'agence de services et de paiement de procéder au versement d'une somme de 1 444,43 euros correspondant au montant de l'aide en litige dû au titre des mois de novembre et décembre 2021 et de janvier et février 2022, pour lesquels les versements ont été suspendus.

Par une ordonnance du 25 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 mars 2024 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2020-734 du 17 juin 2020 ;

- la loi n° 2020-935 du 30 juillet 2020 ;

- le décret n° 2020-982 du 5 août 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Baffray,

- les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique.

Une note en délibéré a été présentée le 29 mars 2024 par l'agence de services et de paiement.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 1er du décret du 5 août 2020 : " Les employeurs peuvent demander le bénéfice d'une aide pour l'embauche d'un salarié de moins de 26 ans dont la rémunération telle que prévue au contrat de travail est inférieure ou égale à deux fois le montant horaire du salaire minimum de croissance. Ces conditions s'apprécient à la date de conclusion du contrat ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant de l'aide est égal à 4 000 euros au maximum pour un même salarié. / L'aide de l'Etat est due à compter du premier jour d'exécution du contrat de travail. Elle est versée à terme échu, à un rythme trimestriel à raison de 1 000 euros au maximum par trimestre dans la limite d'un an. / () ". En vertu de l'article 3 du même décret : " Lorsque le salarié précédemment lié à l'employeur par un contrat à durée déterminée ayant ouvert droit à l'aide conclut, avant le 31 janvier 2021, un contrat de travail à durée indéterminée ou un contrat de travail à durée déterminée d'une durée d'au moins trois mois, l'employeur continue à bénéficier de l'aide, même si le salarié a dépassé l'âge défini à l'article 1er au cours du précédent contrat, dans la limite du montant maximal par salarié défini à l'article 2 ". Et selon l'article 4 dudit décret : " L'aide est gérée par l'Agence de services et de paiement, avec laquelle l'Etat conclut une convention. La demande tendant au bénéfice de l'aide est adressée par l'employeur par l'intermédiaire d'un téléservice auprès de l'Agence de services et de paiement dans un délai maximal de quatre mois suivant la date de début d'exécution du contrat. L'employeur atteste sur l'honneur remplir les conditions d'éligibilité mentionnées dans sa demande d'aide ".

2. Il ressort des pièces du dossier que l'association Les services sociaux inter entreprises de la manutention des ports de Marseille a bénéficié du versement de l'aide pour l'embauche d'une salariée de moins de 26 ans, au titre d'un contrat de travail à durée déterminée conclu le 15 septembre 2020 avec Mme A B, arrivé à terme le 31 décembre 2020. Le 23 février 2021, l'association requérante a conclu un second contrat à durée déterminée d'un an avec la même salariée et a déposé une nouvelle demande d'octroi de la même aide sur la plateforme dédiée de l'agence de services et de paiement. Le 12 mai 2021, l'agence de services et de paiement a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide sollicitée au motif que le contrat de travail du 23 février 2021 était insusceptible de faire l'objet d'une procédure de demande initiale.

3. Si L'association Les services sociaux inter entreprises de la manutention des ports de Marseille soutient, à l'appui de sa requête tendant à l'annulation de cette décision, avoir volontairement attendu un " délai de carence " à la fin du contrat de travail à durée déterminée de Mme B, échu le 31 décembre 2020, elle a bien conclu un nouveau contrat de travail à durée déterminée supérieur à trois mois avec la même salariée. Ce second contrat de travail pouvait ainsi lui permettre de continuer à bénéficier de l'aide qui lui avait été accordée au titre du premier contrat conclu avant le 1er janvier 2021, en application des dispositions de l'article 3 du décret du 5 août 2020, non de bénéficier d'une nouvelle aide. Dès lors, c'est sans erreur de droit, de fait ou d'appréciation que l'agence de services et de paiement a rejeté sa demande tendant à obtenir une nouvelle aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans au titre du second contrat conclu avec une même salariée, au motif que cette demande avait été présentée comme une demande initiale.

4. Cependant, il ressort également des pièces du dossier que l'agence de services et de paiement a décidé, le 26 janvier 2022, de valider la demande d'aide à l'embauche des jeunes présentée par l'association requérante pour la réembauche de Mme B et a procédé à son paiement le 17 mars 2022, retirant ainsi le refus initial de lui accorder l'aide au titre du second contrat passé avec cette salariée. La circonstance que l'agence n'aurait pas versé d'aide pour les quatre derniers mois de ce second contrat de travail est sans incidence sur le retrait de la décision de refus d'octroi de l'aide attaquée, d'autant que l'association requérante ne fait pas même valoir que la limite d'un an de versement de l'aide pour l'embauche d'une même salariée, fixée par les dispositions précitées des articles 2 et 3 du décret du 5 août 2020, n'avait pas été atteinte.

5. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par l'association requérante sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

6. Un tel non-lieu à statuer sur les conclusions principales de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction de l'association Les services sociaux inter entreprises de la manutention des ports de Marseille ne peuvent donc qu'être rejetées.

7. Enfin, il n'y a en tout état de cause pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'agence de services et de paiement la somme que sollicite l'association requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 mai 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Les services sociaux inter entreprises de la manutention des ports de Marseille et à l'agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

M. Lacaze, premier conseiller,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le président-rapporteur,

J.-F. Baffray

L'ascenseur le plus ancien,

L. Lacaze La greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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