jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2021, Mme B D épouse A C, représentée par Me Giudicelli-Jahn, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " :
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 450 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 février 2023 :
- le rapport de M. E,
- les observations de Me Naït Mazi substituant Me Giudicelli-Jahn, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, épouse A C, ressortissante égyptienne née le
1er avril 1992, a demandé le 16 décembre 2020 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 18 octobre 2021 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office à l'expiration de ce délai.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de la décision en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait insuffisamment examiné la situation personnelle et familiale de l'intéressée. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté en litige et reprenant les dispositions antérieurement en vigueur de l'article L. 313-14 de ce code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. Pour refuser à Mme D épouse A C la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis indique qu'elle ne justifie ni de l'intensité, ni de l'ancienneté, ni de la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France et que si elle est mariée depuis le 21 novembre 2015 avec un ressortissant étranger en situation régulière, elle est susceptible de pouvoir bénéficier de la procédure de regroupement familial, alors qu'aucun motif d'ordre privé ou familial ne s'oppose à ce qu'elle retourne dans son pays d'origine dans l'attente du résultat de cette procédure.
6. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui fait valoir être entrée en France au mois de décembre 2014, établit une vie commune, d'abord à Paris puis à Pantin à compter de juillet 2019, avec son époux, avec lequel elle est mariée depuis le 21 novembre 2015 et qui est titulaire d'un titre de séjour portant la mention " salarié " valable du 22 octobre 2020 au 21 octobre 2021, dont il a demandé le renouvellement en étant placé sous récépissé. Ce dernier justifie en effet d'un travail en tant que décorateur d'intérieur en contrat à durée indéterminée à temps plein signé le 16 mars 2018, au titre duquel il verse ses bulletins de salaire des mois de juillet, août et septembre 2021, mentionnant son ancienneté dans l'entreprise depuis mars 2018. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que de l'union de la requérante et de son mari sont nés en France trois enfants, respectivement le 12 janvier 2016, le 20 août 2017 et le
18 février 2020. Cependant, la requérante, qui établit sa présence habituelle en France entre 2014 et 2017, ne verse aucune pièce entre janvier et juillet 2018 et ne démontre donc sa présence habituelle en France que depuis le mois de juillet 2018. Par ailleurs, elle ne justifie elle-même d'aucune insertion professionnelle. En dépit de la scolarisation de ses enfants et du travail de son époux, elle ne justifie en outre pas d'obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans leur pays d'origine commun. En tout état de cause, la requérante est susceptible, si son époux en fait la demande, de pouvoir bénéficier de la procédure de regroupement familial, telle que prévue par les articles L. 411-1 et suivant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la requérante ne démontre pas qu'en dépit de la scolarisation de ses enfants en France, la circonstance qu'elle doive retourner dans son pays d'origine dans l'attente du résultat de cette procédure porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, en considérant qu'en attendant de pouvoir bénéficier de la procédure de regroupement familial, rien ne faisait obstacle à ce que la requérante retourne en Egypte, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant que la requérante ne faisait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel justifiant sa régularisation sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées aux point 3 et 4 doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme D épouse A C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique nécessairement aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction de la requête doivent donc être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
M. Khiat, conseiller,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
L. E
Le président,
Signé
L. Gauchard La greffière,
Signé
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026