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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2115467

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2115467

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2115467
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantCABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, Mme B A épouse C, représentée par le cabinet Koszczanski et Berdugo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre à la préfecture de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", à tout le moins une autorisation de séjour, et de réexaminer sa situation administrative dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant du refus de séjour :

- la décision est insuffisamment motivée et sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen personnalisé ;

- les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être violés, à tout le moins une erreur manifeste d'appréciation a été commise ;

S'agissant du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français :

- l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu, tout comme l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, à tout le moins une erreur manifeste d'appréciation a été commise.

La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron-Lecoq,

- et les observations de Me Simon, substituant Me Berdugo et représentant Mme C.

Une note en délibéré enregistrée le 1er juin 2023 a été présentée pour Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A épouse C, ressortissante tunisienne née le 12 août 1972 à Médenine, est entrée en France le 24 mai 2014 munie d'un visa. Elle demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est entrée en France le 24 mai 2014 munie d'un visa travailleur saisonnier puis a obtenu un titre de séjour portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 26 mars 2014 au 25 mars 2017. Elle travaille depuis le 31 janvier 2015 pour le même employeur, un hôtel parisien et ce, sous contrat à durée indéterminée à temps partiel. Elle est, en outre, mariée depuis le 9 janvier 2017 avec un compatriote résidant régulièrement en France sous couvert d'une carte de résident valable du 1er juillet 2013 au 30 juin 2023 et qui travaille, depuis le 2 novembre 2016, en tant qu'agent de sécurité qualifié sous contrat à durée indéterminée à temps complet. Dans ces conditions, et en dépit de la circonstance qu'elle se soit maintenue irrégulièrement en France après l'expiration de son titre de séjour, Mme C est fondée à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'emportent le refus de titre de séjour litigieux sur sa vie privée et familiale.

3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à obtenir l'annulation du refus de séjour et, par conséquent, de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Le motif du présent jugement implique que le préfet de la Seine-Saint-Denis délivre à Mme C un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la requérante.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A épouse C et lui a fait obligation de quitter le territoire français est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

Mme Caron-Lecoq, première conseillère,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

La rapporteure,

C. Caron-Lecoq

Le président,

L. GauchardLa greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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