mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | PIERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Pierrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a refusé la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui reconnaître le statut d'apatride dans le délai d'un mois suivant la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
la décision attaquée est entachée d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une méconnaissance de l'article 1er de la convention de New-York du 28 septembre 1954.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens qu'elle comporte ne sont pas fondés.
Une ordonnance du 29 mars 2022 a fixé la clôture d'instruction au 20 avril 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 7 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention relative au statut d'apatrides du 28 septembre 1954 ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,
les conclusions de Mme Cayla, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité, le 12 décembre 2012 et le 10 mars 2013, la réouverture de l'examen de sa précédente demande d'apatridie qui avait été rejetée le 19 mars 2007. Le requérant demande au tribunal l'annulation de la décision du 22 décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette nouvelle demande.
2. En premier lieu, aux termes l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées dans un délai de trente jours des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
3. En l'espèce, la décision refusant à M. B la qualité d'apatride comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) se soit abstenu d'examiner la situation de l'intéressé, sachant qu'au surplus, celui-ci a bénéficié d'un entretien qui s'est tenu en langue russe dans le cadre de sa demande de réexamen. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. " Aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " () le terme apatride désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. "
5. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride formulée par M. B, le directeur général de l'OFPRA a considéré que l'intéressé n'a apporté aucun élément permettant de revenir sur l'appréciation antérieurement portée lors de sa première demande de reconnaissance et que les démarches depuis réalisées auprès des représentations consulaires russe et biélorusse afin d'obtenir la reconnaissance de sa nationalité ne sauraient être regardées comme répétées ou suivies.
6. D'une part, selon ses déclarations, M. B est né le à (République socialiste soviétique de Biélorussie), il a passé son enfance dans un orphelinat biélorusse et il a quitté la Biélorussie en décembre 1991. Selon l'article 2 du code de la nationalité biélorusse, tel qu'il ressort de la loi du 18 octobre 1991, ont la nationalité biélorusse " les personnes domiciliées en permanence sur le territoire de la République lors de la mise en vigueur du présent code. " De même, l'article 12 du même code prévoit que " Est citoyen biélorusse l'enfant se trouvant sur le territoire, dont les parents sont inconnus. " Si le requérant soutient que la permanence de sa résidence en Biélorussie n'est pas caractérisée à compter du mois de décembre 1991, cette circonstance est sans influence sur l'application à son égard du code de la nationalité biélorusse qui est entrée en vigueur avant son départ de Biélorussie. De même, le fait qu'il ne présente aucune pièce d'identité et qu'il n'aurait été muni, selon ses déclarations, que de faux papiers lorsqu'il résidait en Biélorussie et notamment d'un faux passeport russe au moment de son départ n'est pas de nature, à le supposer établi, à lui dénier, notamment, la nationalité biélorusse au regard des textes applicables.
7. D'autre part, il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve de ce qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'État de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
8. Il ressort des pièces du dossier que le consulat général de la fédération de Russie à Marseille a répondu à M. B le 17 octobre 2012, selon une traduction libre, qu'en l'absence de documents confirmant son identité et son appartenance à la nationalité russe, une vérification des informations le concernant et des termes applicables de la loi sur la citoyenneté sera nécessaire pour déterminer sa qualité de citoyen russe. M. B a par ailleurs demandé à l'ambassade de la République bélarusse en France, par un courrier succinct du 7 novembre 2012, de l'assister dans sa démarche pour retourner en Biélorussie en l'absence de documents d'identité en sa possession. Par ces démarches laissées sans suite, le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe, pour faire prévaloir sa qualité d'apatride, d'un refus des autorités russes ou biélorusses d'examiner sa demande. La circonstance que, dans le cadre d'une demande d'aménagement d'une peine d'emprisonnement de cinq ans à laquelle il a été condamné le 13 juillet 2011, le juge de l'application des peines et la police de l'air et des frontières aient saisi en vain les consulats de Russie et de Biélorussie n'est pas de nature à considérer que M. B aurait réalisé des démarches répétées et assidues, alors qu'il lui appartenait de faire valoir, par toute preuve possible, sa nationalité auprès des autorités biélorusses ou russes, que ces preuves soient administratives ou judiciaires. Si le requérant souligne que le jugement du 19 juillet 2013 statuant sur sa requête en aménagement de peine mentionne une réponse négative de l'ambassade de Biélorussie, le juge de l'application des peines précise que ce document non daté ne donne aucune explication sur le sens de cette réponse. Cet élément de preuve indirect, non étayé, non motivé et non contesté par voie administrative ou judiciaire ne saurait démontrer que M. B n'aurait pas la nationalité biélorusse, alors qu'il a été dit au point 6 qu'il pouvait s'en prévaloir, ou qu'il en aurait été déchu de droit ou de fait.
9. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 décembre 2020 par laquelle le directeur général de l'OFPRA a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pierrot et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le rapporteur,Le président,G. DoyelleC. Tukov La greffière,M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026