vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | TCHIAKPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 novembre 2021, Mme A H B, représentée par Me Tchiakpe, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mai 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident, ensemble la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 70 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 11 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête, et à titre subsidiaire, au rejet sur les conclusions relatives aux frais d'instance, au motif que la requérante s'est vu remettre une carte de séjour pluriannuelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention entre le Gouvernement de la République Française et le Gouvernement de la République du Togo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Lomé le 13 juin 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. G a été entendu au cours de l'audience publique du 23 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est une ressortissante togolaise, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle, qui demande l'annulation de la décision du 18 mai 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident, ensemble la décision de rejet de recours gracieux née le 16 septembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Il ressort des pièces du dossier que le 1er septembre 2021 le préfet de la Seine-Saint-Denis a remis à Mme B une carte de séjour pluriannuelle valable du 12 mai 2021 au 11 mai 2023. Contrairement à ce que soutient le préfet, cette délivrance ne saurait avoir privé d'objet le présent litige, né du rejet de sa demande de carte de résident. L'exception de non-lieu doit en conséquence être écartée.
Sur les conclusions de la requête :
3. En premier lieu, par un arrêté du 7 avril 2021, publié au recueil des actes administratifs du 8 avril 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. C E, chargé de mission au bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, pour signer, notamment, la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. () / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. () ". Aux termes de l'article 11 de la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les ressortissants de chacune des Parties contractantes établis sur le territoire de l'autre Partie, peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans, dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation de son test de connaissance du français du 25 juin 2021, que si Mme B justifie d'un niveau de langue française suffisant au regard de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la date de rejet de son recours gracieux, elle ne conteste en tout état de cause pas ne pas remplir la condition de ressources stables, régulières et suffisantes exigées par les dispositions précitées. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer une carte de résident.
6. En troisième lieu, dès lors que la décision attaquée n'a pas pour conséquence de priver Mme B de son droit au séjour, elle ne saurait être fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de mettre en œuvre son pouvoir de régularisation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et relatives aux frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A H B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Hoffmann, président du tribunal,
M. Le Garzic, vice-président,
Mme Van Maele, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le président,
Signé
M. F
Le rapporteur,
Signé
P. G
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026