mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LECLERE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2021, Mme E et M. D B, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fils mineur A B, représentés par Me Nicolas, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à leur verser la somme de 1 512 euros en réparation du préjudice subi par leur fils en raison de la carence fautive de l'Etat dans l'organisation du service public de l'enseignement public ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 17 septembre 2021 rejetant leur réclamation préalable a été signée par une autorité incompétente ;
- leur fils a été privé de 114 heures d'enseignement durant l'année scolaire 2020/2021, soit plus de 12 % du volume horaire annuel total et cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- leur fils a subi un préjudice du fait des heures d'enseignement non assurées qu'il convient d'indemniser à hauteur de 1 512 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2022, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'auteur de décision était régulièrement et dûment habilité ;
- eu égard aux diligences accomplies et à la durée limitée et imprévisible des absences d'enseignement qui représentent un volume total de 114 heures et dont la quasi-totalité n'a pas excédée quinze jours, l'élève n'a pas été privé d'un enseignement dans une matière obligatoire pendant une période appréciable de sorte que ces absences ne sont pas de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- le préjudice invoqué, dont la nature n'est pas même précisée, n'est pas établi ; il en va de même, du lien de causalité avec la faute alléguée ; dans ces conditions, en tout état de cause, l'indemnisation ne pourrait excéder tout au plus la somme de 100 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guiral,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Nicolas, représentant Mme et M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. B, dont le fils était scolarisé en classe de cinquième au collège Solveig Anspach à Montreuil au cours de l'année 2020/2021, ont, par une lettre du 25 juin 2021, sollicité du recteur de l'académie de Créteil l'indemnisation du préjudice subi par leur enfant en raison d'heures de cours non dispensées. Cette demande a été rejetée par un courrier en date du 17 septembre 2021. Par la présente requête, ils demandent la condamnation de l'Etat à leur verser la somme de 1 512 euros en raison de la carence fautive de l'Etat dans l'organisation du service public de l'enseignement public.
2. Aux termes de l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation : " La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l'ensemble des enseignements dispensés au cours de la scolarité. Le socle doit permettre la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et préparer à l'exercice de la citoyenneté. Les éléments de ce socle commun et les modalités de son acquisition progressive sont fixés par décret, après avis du Conseil supérieur des programmes ". L'article D. 332-1 du même code dispose : " Le collège accueille tous les élèves ayant suivi leur scolarité élémentaire. Il leur assure, dans le cadre de la scolarité obligatoire, la formation qui sert de base à l'enseignement secondaire et les prépare ainsi aux voies de formation ultérieures ". L'article D. 332-4 du même code prévoit : " I. - Les enseignements obligatoires dispensés au collège se répartissent en enseignements communs à tous les élèves et en enseignements complémentaires définis par l'article L. 332-3. / Les programmes des enseignements communs, le volume horaire des enseignements communs et complémentaires, ainsi que les conditions dans lesquelles ce dernier peut être modulé par les établissements, sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation () ". L'arrêté du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements dans les classes de collège prévoit, pour la classe de cinquième, un volume horaire hebdomadaire d'enseignement d'éducation physique et sportive à hauteur de 3 heures, d'enseignement artistique à hauteur de 2 heures, de français à hauteur de 4 heures et demie, d'histoire, de géographie et d'enseignement moral et civique à hauteur de 3 heures, de langue vivante 1 à hauteur de 3 heures, de langue vivante 2 à hauteur de 2 heures et demie, de mathématiques à hauteur de 3 heures et demie, de SVT à hauteur de 1 heure et demie, de technologie à hauteur de 1 heure et demie, et de physique-chimie à hauteur de 1 heure et demie.
3. La mission d'intérêt général d'enseignement qui lui est confiée impose au ministre de chargé de l'éducation nationale l'obligation légale d'assurer l'enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes d'enseignement tels qu'ils sont définis par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur selon les horaires réglementaires prescrits. Le manquement à cette obligation légale qui a pour effet de priver, en l'absence de toute justification tirée des nécessités de l'organisation du service, un élève de l'enseignement considéré pendant une période appréciable, est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.
4. Si les requérants, qui soutiennent que leur fils a été privé de 114 heures de cours, demandent que l'Etat soit condamné à leur verser la somme de 1 512 euros en raison du manquement à l'obligation d'assurer les heures d'enseignement prévues par la loi, ils n'apportent toutefois, même de manière succincte, aucune précision sur la nature du préjudice subi par leur enfant du fait de la carence alléguée. Par suite, leurs conclusions indemnitaires, qui ne sont pas assorties de précisions suffisantes pour permettre d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme et M. B ne sont pas fondés à demander la condamnation de l'Etat à leur verser la somme de 1 512 euros.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme et M. B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme et M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B, première dénommée en sa qualité de représentant unique des requérants, et au recteur de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
- M. Guiral, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026