jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115892 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAP.INSIGHT AVOCATS ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2021, M. A D, représenté par Me Perrot, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois s'est opposé à la déclaration préalable de division de son pavillon individuel situé au 4-6 allée des Castors en quatre logements, ensemble la décision du 28 septembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'elle ne comprend pas de signature sur la première page et qu'aucun paraphe n'y est apposé ;
- le motif tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitation est entaché d'illégalité, dans la mesure où la superficie et la volumétrie des logements respectent ces dispositions, ainsi que celles de l'article L. 1331-23 du code de la santé publique ;
- le motif tiré de l'absence de plan faisant apparaître la surface des pièces de vie est entaché d'une erreur de fait, dès lors que le dossier de déclaration préalable fait apparaître la surface des quatre logements créés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, la commune d'Aulnay-sous-Bois, représentée par Me Moghrani, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- l'avis envoyé aux parties, en date du 28 février 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, informant les parties que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du deuxième trimestre 2022 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 4 avril 2022 ;
- l'ordonnance du 4 avril 2022 portant clôture immédiate de l'instruction ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 8 décembre 2016 relatif aux modalités de constitution du dossier de demande d'autorisation de travaux conduisant à la création de locaux à usage d'habitation dans un immeuble existant ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- les observations de Me Safatian, représentant la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. D a acquis, le 27 octobre 2014, un pavillon situé au 4-6 allée des Castors à Aulnay-sous-Bois, qui a été transformé en six logements dont deux semi-enterrés. Afin de régulariser cette division, le requérant a, le 30 mars 2021, adressé à la mairie d'Aulnay-sous-Bois une déclaration préalable portant sur la création d'ouvertures en façade et réduisant le nombre de logements issus de la division. Par un arrêté du 28 avril 2021, le maire d'Aulnay-sous-Bois s'est opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 28 septembre 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 111-6-1-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors applicable : " Une autorisation préalable aux travaux conduisant à la création de plusieurs locaux à usage d'habitation dans un immeuble existant peut être instituée par () le conseil municipal dans les zones présentant une proportion importante d'habitat dégradé ou dans lesquelles l'habitat dégradé est susceptible de se développer. La délibération motivée tient compte du plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées et, lorsqu'il est exécutoire, du programme local de l'habitat. () Le () maire peut refuser ou soumettre à conditions l'autorisation mentionnée au premier alinéa du présent article lorsque les locaux à usage d'habitation créés sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique. Lorsque les opérations de division définies au présent article requièrent une autorisation d'urbanisme, celle-ci tient lieu d'autorisation de division, après accord, le cas échéant, du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat lorsque la délibération mentionnée au premier alinéa a été prise par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ". Par délibération du 7 mars 2018, le conseil municipal d'Aulnay-sous-Bois a institué sur son territoire le régime d'autorisation prévu par ces dispositions.
3. D'autre part, l'article 1er de l'arrêté du 8 décembre 2016 visé ci-dessus précise que : " Dans les zones présentant une proportion importante d'habitat dégradé ou dans lesquelles l'habitat dégradé est susceptible de se développer ou celles délimitées en application du règlement du plan local d'urbanisme et sous réserve des interdictions de divisions citées à l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitat susvisé, la demande d'autorisation de travaux conduisant à la création de plusieurs locaux à usage d'habitation dans un immeuble existant doit contenir les éléments suivants : a) L'identité et l'adresse du ou des demandeurs, son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; b) Le nom du ou des propriétaires s'il ne s'agit pas du demandeur ; c) La localisation et la désignation de l'immeuble s'il est soumis au statut de la copropriété et s'il s'agit d'un immeuble collectif ; d) La nature et la consistance des travaux pour lesquels l'autorisation est demandée ; e) La surface de plancher des futurs logements, la hauteur sous plafond et le volume habitable, la surface des baies ; f) Un plan côté faisant apparaitre la situation avant et après travaux ; g) Dossier technique amiante mentionné à l'article R. 1334-29-5 du code de la santé publique ; h) Le constat de risque d'exposition au plomb mentionné à l'article R. 1334-12 du code de la santé publique. Le demandeur atteste sur l'honneur de l'exactitude des renseignements contenus dans la demande d'autorisation ". Il résulte des dispositions précitées que si le dossier de demande d'autorisation doit mentionner la surface de plancher des futurs logements, la mention de la surface des pièces de vie n'est en revanche pas requise.
4. Il est constant que le dossier de déclaration préalable déposé par le requérant comporte des plans et un tableau récapitulatif des surfaces et des volumes, conformément aux dispositions du e) de l'article précité. Par suite, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a entaché son arrêté d'erreur de droit en s'opposant à la déclaration préalable au motif que la surface des pièces de vie, cuisines et salles de bains exclues, n'y était pas mentionnée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-6-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction alors applicable : " Sont interdites : / - qu'elle soit en propriété ou en jouissance, qu'elle résulte de mutations à titre gratuit ou onéreux, de partage ou de locations, toute division d'immeuble en vue de mettre à disposition des locaux à usage d'habitation d'une superficie et d'un volume habitables inférieurs respectivement à 14 m2 et à 33 m3, les installations ou pièces communes mises à disposition des locaux à usage d'habitation nés de la division n'étant pas comprises dans le calcul de la superficie et du volume desdits locaux, ou qui ne sont pas pourvus d'une installation d'alimentation en eau potable, d'une installation d'évacuation des eaux usées ou d'un accès à la fourniture de courant électrique, ou qui n'ont pas fait l'objet de diagnostics amiante en application de l'article L. 1311-1 du code de la santé publique et risque de saturnisme lorsque l'immeuble est soumis aux dispositions de l'article L. 1334-5 du même code () ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que pour s'opposer à la déclaration préalable de travaux du requérant, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a estimé que les surfaces et volumes habitables des deux studios issus de la division et situés sous les combles étaient insuffisants. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les studios de l'étage auront, respectivement, déduction faite des parties dont la hauteur sous plafond est inférieure à 2,20 m, une superficie habitable de 24,06 m² et de 16,87 m², et un volume habitable, respectivement, de 59,18 m³ et de 41,66 m³. Il s'ensuit que le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a entaché son arrêté d'illégalité en estimant qu'en raison de leur exiguïté, ces locaux méconnaissaient les dispositions de l'article L. 111-6-1-1 du code de la construction et de l'habitation.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1331-23 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors applicable : " Ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux, les locaux insalubres dont la définition est précisée conformément aux dispositions de l'article L. 1331-22, que constituent les caves, sous-sols, combles, pièces dont la hauteur sous plafond est insuffisante, pièces de vie dépourvues d'ouverture sur l'extérieur ou dépourvues d'éclairement naturel suffisant ou de configuration exiguë, et autres locaux par nature impropres à l'habitation, ni des locaux utilisés dans des conditions qui conduisent manifestement à leur sur-occupation ". Par ailleurs, l'article 41 C du règlement sanitaire de la Seine-Saint-Denis prévoit que " L'une au moins des pièces principales de logement doit avoir une surface au sens du décret n° 69-596 du 14 juin 1969 supérieure à 9 m² ".
8. Il ne ressort pas du dossier de déclaration préalable que les pièces principales des logements issus de la division seraient dépourvues d'ouverture sur l'extérieur, d'éclairement naturel suffisant, de configuration exiguë ou impropres à l'habitation. Par ailleurs, si, à la suite de leur aménagement intérieur, ces logements ne comportent pas au moins une pièce principale de 9 m², cette circonstance ferait obstacle à leur mise à disposition aux fins d'habitation. En revanche, eu égard à son caractère purement éventuel, elle n'est pas de nature à justifier une opposition à la demande d'autorisation de division. Par suite, le maire d'Aulnay-sous-Bois a fait une inexacte application des dispositions précitées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 avril 2021 du maire d'Aulnay-sous-Bois, ensemble la décision de rejet du recours gracieux du 28 septembre 2021.
10. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun des autres moyens de la requête n'est, en l'état du dossier, de nature à justifier l'illégalité de la décision en litige.
Sur les frais liés à l'instance :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D la somme demandée par la commune d'Aulnay-sous-Bois au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois la somme demandée par M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté n° 385-2021 du 28 avril 2021 du maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois et la décision de rejet du recours gracieux du 28 septembre 2021 sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune d'Aulnay-sous-Bois sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Weidenfeld, présidente,
- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,La présidente,SignéSignéM. CK. Weidenfeld
La greffière,SignéM. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026