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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2116700

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2116700

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2116700
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantLAUNOIS FLACELIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 2 décembre 2021 sous le n°2116700, Mme M F, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 23 février 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

II. Par une requête enregistrée le 8 décembre 2021 sous le n°2117041, Mme R B, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

III. Par une requête enregistrée le 8 décembre 2021 sous le n°2117050, Mme Q C, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

IV. Par une requête enregistrée le 8 décembre 2021 sous le n°2117066, Mme J D, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

V. Par une requête enregistrée le 8 décembre 2021 sous le n°2117067, Mme S I épouse O, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

VI. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2021 sous le n°2117068, Mme E K, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, la commune de Stains indique que les occupants sans droit ni titre vivent toujours au 98 avenue Stalingrad.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

VII. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2021 sous le n°2117069, Mme P G, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

VIII. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2021 sous le n°2117070, Mme A H, représentée par Me Launois, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Stains ordonne l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad à Stains dans un délai de sept jours ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, en contrepartie du renoncement de ce dernier à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits en ce qu'il n'existerait pas de risque de péril imminent exigeant une intervention rapide et forcée ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 17 mars 2022 et le 13 octobre 2022, la commune de Stains conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.

Mmes F, B, C, D, O, G et H ont été admises au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par sept décisions du 27 juin 2022.

Mme K a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 août 2022.

Les affaires ont été renvoyées en formation collégiale en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique,

- le rapport de Mme Jimenez, présidente-rapporteure ;

- les conclusions de M. Combes, rapporteur public ;

- et les observations de M. L N, représentant la commune de Stains.

Considérant ce qui suit ;

1. Mmes M F, Emanuela-Larisa B, Florentina C, Florina D, S O, Emilia K, Ana-Maria G et Maria H, ressortissantes roumaines et sans domicile fixe, se sont installées avec leurs enfants dans un immeuble situé au 98 avenue Stalingrad à Stains en juin 2020. Par un arrêté de mise en sécurité du 4 novembre 2021, le maire de Stains a notamment mis en demeure les propriétaires de l'immeuble d'évacuer tous les occupants dans un délai de sept jours. Par une ordonnance n°2116258 du 30 novembre 2021, le juge des référés du tribunal de céans a rejeté les demandes des intéressées tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté de mise en sécurité du 4 novembre 2021 fondées sur l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par les présentes requêtes, Mmes F, B, C, D, O, K, G et H demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2116700, 2117041, 2117050, 2117066, 2117067, 2117068, 2117069 et 2117070 présentées par Mmes F, B, C, D, O, K, G et H présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

3. Mmes F, B, C, D, O, G et H ont obtenu l'aide juridictionnelle totale par sept décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 27 juin 2022 et Mme K par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 août 2022. Dans ces conditions, leurs conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

5. En l'espèce, la décision en litige comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation prévue par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expertise ordonnée le 19 octobre 2021 par le tribunal de céans en vertu de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, que la cour de l'immeuble en litige est occupée par de nombreux baraquements sans sanitaires, se composant de matériaux de récupération dont le passage " est recouvert de tôles ondulées () fortement endommagées, engendrant de fortes infiltrations et stagnation d'eaux ruinant les sols et les murs de l'habitation ", que la toiture est composée de deux pans recouverts de tuiles mécaniques présentant de nombreuses infiltrations et fuites, certains éléments tels que les fenêtres du toit sont absentes laissant pénétrer l'eau de pluie. L'humidité du bâtiment et le vent ont provoqué des fissures verticales et horizontales sur l'ensemble de la façade et représentent un risque important d'électrocutions eu égard à une installation électrique " impropre ". Le rapport d'expertise précise en outre que plusieurs éléments sont en équilibre précaire comme, les planchers, la cage d'escalier, les éléments maçonnés, les poutres de charpente, la façade, les gouttières, la cave et fait également état de nombreux éléments inflammables pouvant générer un incendie susceptible de s'étendre aux habitations aux alentours. Enfin, il résulte de l'instruction qu'environ une quarantaine de familles dont cent-vingt enfants vivent dans cet environnement particulièrement insalubre et dangereux. Eu égard à la dangerosité du bâtiment, pour ses nombreux habitants et pour ceux des habitations qui l'entourent, le maire de la commune de Stains n'a pas commis d'erreur de qualification juridique des faits en ordonnant l'évacuation des occupants de la parcelle cadastrée section OS n°358, sise 98 avenue de Stalingrad. Par suite, un tel moyen ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

8. Les requérantes soutiennent que l'arrêté litigieux méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la décision de faire évacuer l'habitation occupée par les requérantes a pour seul objet de les soustraire ainsi que leur famille à une situation de danger à laquelle il devait être mis fin en urgence et d'autre part, que le maire de Stains a enjoint aux propriétaires de la parcelle d'assurer l'hébergement temporaire des occupants qui, à défaut, sera procédé par la commune à leurs frais. Dans ces conditions et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ce but aurait pu être atteint par une mesure d'un moindre effet, le maire de Stains ne saurait être regardé comme ayant porté atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale des requérantes. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "

10. Les requérantes soutiennent que l'arrêté litigieux méconnait l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Dans les conditions de l'espèce, eu égard aux motifs exposés au point 8, le maire de Stains ne saurait être regardé comme ayant porté atteinte à l'intérêt et au bien-être des enfants des requérantes.

11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 novembre 2021 du maire de Stains doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " ;

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Stains, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérantes demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mmes F, B, C, D, O, K, G et H tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mmes M F, Emanuela-Larisa B, Florentina C, Florina D, S O, Emilia K, Ana-Maria G et Maria H et au maire de Stains.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Jimenez, présidente,

M. Charageat, premier conseiller,

Mme Nour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

J. Jimenez

Le premier assesseur,

D. Charageat La greffière,

L. Vilmen

La République mande et ordonne au préfet de Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2116700, N°2117041, N°2117050, N°2117066, N°2117067, N°2117068, N°2117069, N°2117070

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