jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2116842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LACOURTE RAQUIN TATAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des observations complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2021, 3 août 2022 et 5 octobre 2022, ces dernières n'ayant pas été communiquées, la société civile de construction vente (SCCV) Gagny Joannes, représentée par Me Guinot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Gagny a refusé de lui délivrer le permis de construire portant sur un ensemble immobilier comportant 50 logements, d'une surface de plancher de 3 220,17 m2, sur un terrain situé 7 bis à 9, rue Joannes et 4 bis, rue de la Prévoyance à Gagny, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Gagny de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gagny le versement d'une somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, en ce qui concerne les motifs de refus tirés des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ;
- les motifs de refus du permis sollicité ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 mars et 11 août 2022, la commune de Gagny, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que la société requérante soit condamnée à lui verser la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2022 à 12h par une ordonnance du 6 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jasmin-Sverdlin, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- et les observations de Me de Champeaux, représentant la SCCV Gagny Joannes et Me Alibay, représentant la commune de Gagny.
Une note en délibéré a été enregistrée pour la SCCV Gagny Joannes le 24 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV Gagny Joannes a déposé le 29 avril 2021, sous le numéro PC 093032 21 C0055, une demande de permis de construire portant sur un ensemble immobilier comportant 50 logements dont 13 logements locatifs sociaux, d'une surface de plancher de 3 220,17 m2, sur un terrain situé 7 bis à 9, rue Joannes et 4 bis, rue de la Prévoyance à Gagny. Par un arrêté du 22 juillet 2021, le maire de Gagny a refusé de délivrer ce permis. La société requérante demande au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, en date du 23 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne l'obligation pour la commune d'accorder des dérogations ou d'assortir le permis de prescriptions spéciales :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes ; / 2° Ne peuvent faire l'objet d'aucune autre dérogation que celles prévues par les dispositions de la présente sous-section. " Il résulte de ces dispositions que seules sont autorisées les adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes.
3. D'autre part, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. En outre, pour l'application des dispositions du code de l'urbanisme ou du plan local d'urbanisme qui prévoient expressément la possibilité pour l'administration de n'accepter le projet que sous réserve de prescriptions spéciales, un permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales.
En ce qui concerne le maintien ou la création d'espaces verts correspondant à l'importance du projet :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme : " Le permis () peut imposer le maintien ou la création d'espaces verts correspondant à l'importance du projet. " Si ces dispositions permettent à l'autorité compétente, lorsqu'elle délivre le permis de construire sollicité, de prescrire le maintien ou la création d'espaces verts, elles peuvent également, en l'absence de document d'urbanisme, motiver le refus d'autoriser une construction qui ne maintient pas ou ne crée pas sur le terrain d'assiette les espaces verts correspondant à l'importance du projet.
5. Il est constant que le projet litigieux prévoit la suppression de près d'un tiers des espaces verts existants sur le terrain d'assiette du projet, d'une superficie totale de 1 517 m2, en maintenant 121 m2, soit 8% de la superficie totale en espaces verts de pleine terre et en créant 221 m2 d'espaces verts sur dalle, représentant 14% de cette superficie. Eu égard à l'importance du projet, au caractère très limité des espaces verts de pleine terre maintenus et à la faible compensation liée aux espaces verts sur dalle, comme le révèlent d'ailleurs les exigences posées par les plans locaux d'urbanisme des communes limitrophes, le maire de Gagny a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, ni entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, refuser de délivrer à la SCCV Gagny Joannes le permis sollicité au motif de la méconnaissance des dispositions précitées.
En ce qui concerne la gestion des eaux pluviales :
6. Aux termes de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme : " L'alimentation en eau potable et l'assainissement des eaux domestiques usées, la collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ainsi que l'évacuation, l'épuration et le rejet des eaux résiduaires industrielles doivent être assurés dans des conditions conformes aux règlements en vigueur ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la direction de l'assainissement et de l'eau de l'établissement public territorial Grand Paris Grand Est a émis sur le projet, le 22 juin 2021, un avis favorable comportant des réserves, relatives notamment à l'ajustement du volume du bassin de rétention, ces réserves étant évoquées également par le service d'hydrologie urbaine et de l'environnement du Département de Seine-Saint-Denis dans son avis favorable émis le 17 juin 2021. En outre, si la SCCV Gagny Joannes soutient que la notice hydraulique du projet a été réalisée par un bureau d'études techniques, qui a estimé qu'un bassin de rétention de 36 m3 était suffisant pour assurer le stockage de l'ensemble des eaux pluviales du projet, compte tenu de la pluviométrie locale, elle n'établit pas que le maire de Gagny aurait apprécié de manière erronée la capacité de ce bassin à 41 m3, selon les préconisations de la direction de l'assainissement et de l'eau de l'établissement public territorial Grand Paris Grand Est. Par suite, alors que les dispositions précitées de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme ne prévoient pas expressément la possibilité pour l'administration d'accepter le projet sous réserve de prescriptions spéciales et que la possibilité d'étendre, en superficie ou en profondeur, le bassin de rétention sans apporter de modifications importantes au projet ne ressort pas des pièces du dossier, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le maire de Gagny aurait entaché d'illégalité l'arrêté litigieux ou aurait commis une erreur d'appréciation dans l'application de ces dispositions.
8. Si la société requérante soutient que les autres motifs mentionnés dans la décision attaquée, seraient matériellement inexacts ou entachés d'erreur de droit, il ressort des pièces du dossier que le maire de Gagny aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs tirés de ce que le projet méconnaissait les dispositions du code de l'urbanisme relatives au maintien ou à la création d'espaces verts et à la gestion des eaux pluviales. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre les motifs selon lesquels le projet envisagé méconnaissait l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, s'agissant des travaux portant sur le réseau public de distribution d'électricité, l'article R. 111-2 de ce code, en ce qui concerne l'atteinte à la sécurité publique liée à l'absence de matérialisation d'aire de présentation des ordures ménagères sur les plans, l'article R. 111-5 du même code, eu égard aux conditions d'utilisation des engins de lutte contre l'incendie et du risque pour la sécurité concernant l'accès au parking souterrain, et l'article R. 111-27 dudit code, relativement à l'insertion du projet dans son environnement sont inopérants.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société requérante à fin d'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2021 et de la décision de rejet de son recours gracieux en date du 23 novembre 2021 doivent être rejetées. Par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte seront également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gagny la somme que demande la société requérante, partie perdante à la présente instance, à ce titre.
11. Il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par la commune de Gagny au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCCV Gagny Joannes est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Gagny sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV Gagny Joannes et à la commune de Gagny.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Katia Weidenfeld, présidente,
Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
I. Jasmin-Sverdlin
La présidente,
K. Weidenfeld La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026