vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2117581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AMELLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés le 18 décembre 2021, le
2 janvier et le 27 juin 2022, M. B A C, représenté par Me Amellou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2021 en tant que le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son certificat de résidence algérien et lui a fait obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans le même délai une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;
- les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- le préfet a méconnu le principe du contradictoire prévu à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'a pas procédé à un examen complet et particulier de sa situation ;
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations des articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 20 juillet 2022 à 12 h par une ordonnance du
4 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier et notamment la pièce complémentaire enregistrée le
21 juin 2022 pour le préfet de la Seine-Saint-Denis.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience le rapport de Mme de Bouttemont, conseiller rapporteur, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 2 avril 1990, a bénéficié en dernier lieu d'un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an délivré sur le fondement des stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien en sa qualité de conjoint d'une ressortissante de nationalité française. Il demande l'annulation de l'arrêté en date du
17 novembre 2021 en tant que le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-0796 du 7 avril 2021, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du 8 avril 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme H F, chef du pôle refus de séjour et interventions, à l'effet de signer notamment les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, en vertu des termes mêmes des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ces dispositions ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une décision de refus de titre de séjour, qui est prise en réponse à une demande formulée par l'intéressé.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des motifs de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation de M. A C avant de prendre les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen complet de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2. Au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2 ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ".
6. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. () Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, qui s'est marié le 14 décembre 2019 avec une ressortissante française, ne justifie pas d'une communauté de vie à l'adresse commune déclarée au 135 bis rue Gabriel Péri à Saint-Denis, son épouse ayant déclaré avoir conservé son logement à Argenteuil, confirmant ainsi les constatations de l'enquête de police menée le 19 juillet 2021. Si la communauté de vie n'implique pas nécessairement une cohabitation des époux, l'intéressé ne justifie toutefois pas de manière suffisante de l'existence d'un motif légitime à cette séparation et n'apporte pas d'élément établissant la réalité et l'intensité d'une communauté de vie à la date de la décision contestée. Enfin, il ressort de l'acte de naissance de l'enfant né le 28 octobre 2020, soit dix mois après le mariage de l'intéressé, que seule la mère a déclaré la naissance, levant ainsi la présomption de paternité découlant du mariage des parents. Eu égard à l'ensemble de ces éléments et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une fraude matrimoniale, M. A C ne justifiait pas, à la date de la décision contestée, de la réalité d'une communauté de vie avec son épouse de nationalité française. Par suite, le préfet n'a ni commis d'erreur de fait ni méconnu les stipulations des articles 6 et 7 bis précitées en rejetant, pour ce motif, qui se suffisait à lui-seul, la demande de l'intéressé tendant au renouvellement de son titre de séjour.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, qui est entré régulièrement sur le territoire français en septembre 2016 afin de poursuivre ses études, a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étudiant jusqu'au 2 novembre 2018. Il a fait l'objet le 15 mai 2019 d'un refus de titre de séjour et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français. L'intéressé, qui s'est marié le 14 décembre 2019 avec une ressortissante française, ne justifie pas, ainsi qu'il a été dit au point 7, de la réalité d'une communauté de vie avec son épouse. S'il fait valoir la présence de son frère sur le territoire français, il n'est toutefois pas dépourvu de toutes attaches dans son pays d'origine où il a résidé jusqu'à l'âge de vingt-six ans et où résident les autres membres de sa famille. Dans ces conditions et alors même qu'il exercerait une activité professionnelle depuis le 4 mars 2020, les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français n'ont pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
10. En sixième lieu, pour les mêmes motifs retenus au point précédent, la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
11. En septième lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions dirigées contre la décision de refus de titre de séjour, le moyen tiré de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination seraient dépourvues de base légale doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 17 novembre 2021 contesté en tant qu'il rejette sa demande de titre de séjour et porte obligation de quitter le territoire français. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme de Bouttemont, première conseillère,
M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
La rapporteure,La présidenteSigné Signé Mme de BouttemontMme GLa greffière,Signé Mme D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026