jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2118086 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | STUDIO LEGALE ROSSI E ASSOCIATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 décembre 2021, 2 août 2022, 25 juillet 2023, 31 octobre 2023 et 6 décembre 2023, la société BFF Bank, anciennement dénommée Banca Farmafactoring, représentée par Me Rossi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à lui verser la somme de 4 567,02 euros correspondant à quatre factures échues impayées ;
2°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger au paiement des intérêts moratoires, de la capitalisation de ces intérêts et des intérêts moratoires complémentaires avec capitalisation, dus au titre de l'absence de paiement des 4 factures sus-évoquées et du règlement tardif de 37 autres factures acquittées en cours d'instance ;
3°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger au paiement de la somme de 1 640 euros d'indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement due au titre de l'absence ou retard de paiement des 41 (4 + 37) factures sus-évoquées (= 41 * 40 euros), assortie d'intérêts moratoires avec capitalisation ;
4°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à lui verser la somme de 1 225,62 euros au titre des intérêts moratoires, assortie de la capitalisation de ces intérêts et des intérêts moratoires complémentaires avec capitalisation, dus en raison du paiement tardif de treize factures ;
5°) de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger au paiement de la somme de 520 euros d'indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement due au titre du retard de paiement des 13 factures sus-évoquées (= 13 * 40 €) assortie d'intérêts moratoires complémentaires avec capitalisation ;
6°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie avoir procédé à la notification des cessions de créances des sociétés Ortho Clinical Diagnostics France, Althéa France et Zimmer Biomet France S.A.S au comptable public du centre hospitalier, conformément à l'article R. 2191-54 du code de la commande publique ;
- le centre hospitalier a procédé au paiement, en cours d'instance, de trente-sept factures, de sorte que le centre hospitalier reste redevable de la somme de 4 567,02 euros correspondant à quatre factures demeurées impayées ;
- elle est fondée à solliciter la condamnation du centre hospitalier Robert Ballanger à payer les intérêts moratoires calculés sur la créance au principal et la somme de 1 640 euros à titre d'indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement (40 euros x 41 factures) dus en raison de l'absence de paiement ou du paiement tardif de quarante-et-une factures courant à compter de l'expiration du délai de paiement de chaque facture ;
- conformément à l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 1er décembre 2022 (C-370/21), elle a droit au paiement des intérêts moratoires complémentaires sur les intérêts moratoires et les indemnités forfaitaires de recouvrement dès le jour suivant la date d'échéance de paiement et non dans un délai de quarante-cinq jours suivant la mise en paiement du principal ;
- le centre hospitalier a procédé au règlement tardif de treize autres factures, sans avoir versé les intérêts moratoires qui lui sont dus à hauteur de 1 225,62 euros, ni les indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement à hauteur de 520 euros (40 euros x 13 factures) ;
- elle a droit au paiement des intérêts moratoires complémentaires sur les intérêts moratoires et les indemnités forfaitaires de recouvrement dès le jour suivant la date d'échéance de paiement de ces treize factures.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mai 2022, 11 octobre 2023, 15 novembre 2023 et 30 janvier 2024, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, représenté par sa directrice, Mme B A, conclut au rejet de la requête de la société BFF Bank, ainsi qu'à la mise à sa charge d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les factures n° 200089 et n° 1541187889 ont été mandatées et réglées par le centre hospitalier ;
- la facture n° 1541224049 n'est pas due à la société BFF Bank ; dès lors qu'elle a été clôturée ;
- la facture n° 1541205052 a été annulée par avoir ;
- enfin la facture n° 7206004070 n'a pas été déposée sur la plateforme Chorus et est dès lors réputée n'avoir jamais existée ;
- les demandes complémentaires formulées par la société requérante doivent être rejetées dès lors qu'elles concernent des factures dont le paiement a été honoré ;
- les cessions de créances auraient dû être notifiées au comptable public du centre hospitalier et non au pouvoir adjudicateur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boucetta, rapporteure,
- les conclusions de M. Breuille, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les sociétés Althéa France, Ortho Clinical Diagnostics France, et Zimmer Biomet France S.A.S, titulaires de marchés publics conclus avec le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, ont cédé des factures à la société BFF Bank S.p.A, anciennement dénommée Banca Farmafactoring, société bancaire de droit italien, dans le cadre de contrats d'affacturage respectifs. Par un courrier du 15 novembre 2021, la société BFF Bank S.p.A a mis en demeure l'établissement public de santé de lui verser la somme de 127 668,70 euros au titre de factures impayées ou payées tardivement, ainsi que celle de 320 euros au titre des indemnités forfaitaires de recouvrement. Dans sa requête introductive d'instance, la société BBF Bank S.p.A. concluait, notamment, à la condamnation du centre hospitalier à lui payer la somme de 126 443,17 euros au titre de quarante-et-une factures échues non réglées, assortie des intérêts moratoires et de la capitalisation de ces intérêts, et la somme de 1 640 euros au titre des indemnités forfaitaires de recouvrement. À la suite du paiement partiel des sommes réclamées en cours d'instance, la société BFF Bank S.p.A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'établissement à lui payer :
- la somme de 4 567,02 euros correspondant à quatre factures restant impayées ;
- les intérêts moratoires capitalisés et indemnités forfaitaires de recouvrement pour un montant de 1 640 euros (41 factures x 40 €), dus au titre des quarante-et-une factures réglées tardivement ou demeurant impayées, assortis des intérêts moratoires complémentaires ;
- la somme de 520 euros à titre d'indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement et la somme de 1 225,62 euros au titre des intérêts moratoires capitalisés en raison du retard de paiement de treize factures, assortis des intérêts moratoires complémentaires.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier Robert Ballanger :
2. Aux termes de l'article R. 2191-54 du code de la commande publique : " Le bénéficiaire d'une cession ou d'un nantissement de créance au titre d'un marché notifie ou signifie cette cession ou ce nantissement au comptable public assignataire. ".
3. Le paiement subrogatoire effectué par l'affactureur à son adhérent en vertu d'une convention d'affacturage investit le subrogé de la créance primitive avec tous les avantages et accessoires qui s'y rapportent, dont le droit d'agir en justice pour en assurer le recouvrement.
4. Si le centre hospitalier fait valoir, s'agissant des factures dont elle réclame le paiement au principal, que la cession des créances n'a pas été notifiée par la société BFF Bank au comptable public, il résulte toutefois des termes mêmes des lettres des 21 et 29 juin 2021 s'agissant des factures émises par la société Althéa France, des lettres des 24 février, 31 mars, 1er juin, 30 juin, 30 août, 4 octobre et 29 octobre 2021 s'agissant des factures émises par la société Ortho Clinical Diagnostics France SAS et des lettres des 7 juillet, 23 juillet, 30 août, 24 septembre et 26 octobre 2021, s'agissant des factures émises par la société Zimmer Biomet France SAS, que la société BFF Bank S.p.A. a notifié au comptable public du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger la cession de l'ensemble des factures dont elle réclame le paiement dans le cadre de la présente instance.
5. Ainsi, la société requérante justifie de sa qualité pour demander, dans le cadre de cette subrogation conventionnelle, la condamnation du centre hospitalier à lui verser le montant de ces créances, ainsi que l'ensemble des accessoires qui s'y rapportent. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur la demande de condamnation du paiement au principal :
En ce qui concerne la facture n° 7206004070 d'un montant de 384,30 euros :
6. Aux termes de l'article L. 2191-1 du code de la commande publique : " Sous réserve des exceptions prévues par voie réglementaire, les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux marchés passés par l'Etat, ses établissements publics autres que ceux ayant un caractère industriel et commercial, les collectivités territoriales, leurs établissements publics et leurs groupements () ". En outre, l'article R. 2192-3 de ce même code dispose que : " Un arrêté du ministre chargé du budget, annexé au présent code, définit les modalités techniques selon lesquelles le dépôt, la transmission et la réception des factures sont effectués sur le portail public de facturation en application de l'article L. 2192-5. Ces modalités garantissent la réception immédiate et intégrale des factures et assure la fiabilité de l'identification de l'émetteur, l'intégrité des données, la sécurité, la confidentialité et la traçabilité des échanges. / L'utilisation du portail public de facturation est exclusive de tout autre mode de transmission. Lorsqu'une facture lui est transmise en dehors de ce portail, la personne publique destinataire ne peut la rejeter qu'après avoir informé l'émetteur par tout moyen de l'obligation mentionnée à l'article L. 2192-1 et l'avoir invité à s'y conformer en utilisant ce portail ".
7. La société BFF Bank S.p.A affirme que la facture n° 7206004070 de la société Ortho Clinical Diagnostics France SAS d'un montant de 384,30 euros demeure impayée. Si le centre hospitalier, qui ne conteste ni le principe ni le montant de cette facture, soutient qu'elle n'est pas tenue à son paiement dès lors qu'elle n'a pas été transmise électroniquement dans les conditions prévues par les dispositions précitées, cette circonstance est sans incidence sur le bienfondé de la créance. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à verser à la société requérante la somme de 384,30 euros au titre de cette facture.
En ce qui concerne la facture n° 200089 d'un montant de 2 670 euros :
8. La société BFF Bank S.p.A. réclame le paiement de la somme de 2 670 euros au titre de la facture n° 200089 de la société Althéa France. Si le centre hospitalier affirme avoir procédé à son paiement, la capture d'écran qu'il produit au soutien de ces allégations, qui ne précise aucune date de paiement, n'établit nullement que la somme litigieuse aurait effectivement été versée. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à verser à la société requérante la somme de 2 670 euros au titre de la facture n° 200089.
En ce qui concerne la facture n° 1541205052 de 962,16 euros :
9. Si la société requérante réclame le paiement de cette facture de la société Zimmer Biomet France S.A.S, il résulte de l'instruction, et notamment du mail du 22 novembre 2023 selon lequel cette facture " a été clôturée par la BBF Bank S.p.a et n'est plus à prendre en considération " ainsi que de la " note de crédit n° 1541235821 du 24 septembre 2021 ", que ladite facture a été annulée, de sorte que le centre hospitalier n'est plus tenu au paiement de la somme de 962,16 euros. Il n'y a, dès lors, pas lieu de faire droit à cette demande de paiement.
En ce qui concerne la facture n° 1541224049 de 550,56 euros :
10. Pour contester être redevable du paiement de la somme due au titre de la facture n° 1541224049, le centre hospitalier affirme qu'elle a été annulée par la société requérante par mail du 10 octobre 2023. Cependant, il résulte de l'instruction, en particulier d'un mail du 22 novembre 2023, que seule la facture n° 1541205052 mentionnée au point 9 du présent jugement a été annulée tandis que que la facture 1541224049, qui n'a pas été clôturée, demeure impayée. Dès lors que le centre hospitalier ne conteste pas le montant de la somme réclamée, ni ne prétend avoir honoré la somme réclamée, il y a lieu de le condamner au versement de cette somme de 550,56 euros.
11. Il résulte de ce qui précède que la société BFF Bank est fondée à solliciter la condamnation du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à lui verser la somme de 3'604,86 euros (384,30 + 2 670 + 550,56 euros) au titre de trois factures impayées.
Sur les intérêts moratoires contractuels et la capitalisation des intérêts :
12. D'une part, l'article L. 2192-10 du code de la commande publique dispose : " Les pouvoirs adjudicateurs () paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire () ". L'article L. 2192-12 de ce code dispose : " Le retard de paiement est constitué lorsque les sommes dues au créancier, qui a rempli ses obligations légales et contractuelles, ne sont pas versées par le pouvoir adjudicateur à l'échéance prévue au marché ou à l'expiration du délai de paiement. ". L'article L. 2192-13 dudit code dispose : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. / () Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article R. 2192-11 du même code : " Par dérogation à l'article R. 2192-10, le délai de paiement est fixé à : / 1° Cinquante jours pour les établissements publics de santé () ". Aux termes de l'article R. 2192-12 de ce code : " Sous réserve des dispositions prévues aux articles R. 2192-13, R. 2192-17 et R. 2192-18, le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur () ". L'article R. 2192-14 de ce code dispose : " La date de réception de la demande de paiement et la date d'exécution des prestations sont constatées par les services du pouvoir adjudicateur ou, le cas échéant, par le maître d'œuvre ou la personne habilitée à cet effet. / A défaut, la date de la demande de paiement augmentée de deux jours fait foi. En cas de litige, il appartient au créancier d'apporter la preuve de cette date. (). ". L'article R. 2192-31 du même code dispose : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. " L'article R. 2192-32 du même code dispose : " Les intérêts moratoires courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse ".
13. D'autre part, en application de l'article L. 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
14. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le centre hospitalier a honoré tardivement, en cours d'instance, 37 factures pour un montant total de 121'876,15 euros, et que, comme vu précédemment, demeurent impayées trois factures pour un total de 3'604,86 euros. Dans ces conditions, la société BFF Bank S.p.A. a droit aux intérêts moratoires, calculés conformément à l'article R. 2192-31 du code de la commande publique, sur la somme totale de 125'481,01 (121 876,15 + 3 604,86) euros au titre de ces quarante (37 + 3) factures, à l'issue d'un délai de cinquante jours suivant la date de la demande de paiement, augmentée de deux jours, faute de date certaine de réception des factures concernées.
15. En outre, la capitalisation des intérêts sur les quarante factures en cause a été demandée le 30 décembre 2021, date de l'enregistrement de la requête. A cette date, eu égard à la date d'émission des factures litigieuses, les intérêts dus au titre du retard de leur paiement n'étaient pas dus depuis au moins une année entière. Dès lors, il y a seulement lieu de faire droit à cette demande de capitalisation des intérêts à compter de la date à laquelle, pour chacune de ces factures, les intérêts moratoires contractuels étaient dus, pour la première fois, pour une année entière, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette première année.
16. En second lieu, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger ne conteste pas le paiement tardif de treize factures (numéros 1436, 7515165924, 7215190668, 7215179509, 7215198257, 1541152853, 1541153261, 1541153262, 1541159899, 1541162721, 1541162722, 50345, 50367) pour un montant total de 41 324,92 euros, ni le montant des intérêts moratoires s'élevant à 1 225,62 euros, tel qu'il résulte de la feuille de calcul versée aux débats par la société requérante. Dans ces conditions, la société BFF Bank est fondée à solliciter la condamnation du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à lui verser la somme de 1 225,62 euros au titre des intérêts moratoires dus au titre de ces treize factures acquittées tardivement.
17. La capitalisation des intérêts sur les treize factures en cause a été demandée par la société requérante, pour la première fois, dans un mémoire enregistré au greffe le 25 juillet 2023. A cette date, eu égard à la date d'émission des factures litigieuses, il était dû au moins une année entière d'intérêts. Dès lors, il y a lieu de faire droit à cette demande de capitalisation des intérêts à compter du 25 juillet 2023, puis à chaque échéance annuelle.
Sur les indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement :
18. L'article D. 2192-35 du même code dispose : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. "
19. Le centre hospitalier Robert Ballanger doit être condamné à verser à la société BFF Bank S.p.A. une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros pour chacune factures impayées ou payées avec retard, soit trente-sept factures payées en cours d'instance, trois factures demeurées impayées mentionnées aux points 6 à 11 du présent jugement et treize factures payées tardivement préalablement à l'enregistrement de la requête introductive d'instance mentionnées au point 16 du présent jugement. Ainsi, l'établissement doit être condamné à verser la somme totale de 2 120 euros au titre de cinquante-trois factures (53 factures * 40 euros) au titre des indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement.
Sur l'allocation d'intérêts moratoires complémentaires :
20. La société requérante demande la condamnation du centre hospitalier au paiement d'intérêts moratoires complémentaires, calculés sur les intérêts moratoires et les indemnités forfaitaire de recouvrement versés avec retard postérieurement au paiement du principal. Toutefois, d'une part, la capitalisation initiale des intérêts moratoires calculés sur la somme au principal, ordonnée par le présent jugement, a déjà pour effet d'indemniser le retard de paiement des intérêts moratoires. D'autre part, la société n'est pas fondée à demander que l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement à laquelle elle a droit soit assortie d'intérêts pour retard de paiement, compte tenu du caractère forfaitaire de cette indemnité. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.
Sur les frais liés à l'instance :
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger la somme que la société BFF Bank S.p.A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger soient mises à la charge de la société BFF Bank S.p.A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera à la société BFF Bank S.p.A une somme de 3'604,86 euros au titre de trois factures impayées.
Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera à la société BFF Bank S.p.A, sur la somme de 125'481,01 euros, les intérêts moratoires capitalisés, calculés dans les conditions fixées aux points 14 et 15 du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera à la société BFF Bank S.p.A. la somme de 1 225,62 euros au titre des intérêts moratoires dus, assortie de la capitalisation de ces intérêts calculée dans les conditions fixées au point 17 du présent jugement.
Article 4 : Le centre hospitalier Robert Ballanger versera à la société BFF Bank S.p.A. la somme de 2 120 euros d'indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société BFF Bank S.p.A et au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Romnicianu, président,
- Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
- Mme Boucetta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La rapporteure,
H. BOUCETTA
Le président,
M. ROMNICIANULe greffier,
Y. EL MAMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026