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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2118092

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2118092

mercredi 8 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2118092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantPOUILHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2118092, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 décembre 2021 et 8 novembre 2022, la société Artisan Crêpier, représentée par Me Pouilhe, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 août 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré la décision n° 093BLLR0104 du 28 janvier 2021 et a refusé de lui délivrer l'autorisation de mise en activité partielle de 3 salariés pour la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 30 juin 2021, à hauteur de 6 500 heures de travail, ainsi que la décision implicite de rejet prise sur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'auteur de la décision du 25 août 2021 ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que les salariés pour lesquels une autorisation de mise en activité partielle a été sollicitée ont été déclarés préalablement à leur embauche auprès de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) ;

- la fraude retenue pour retirer la décision d'autorisation de mise en activité partielle n'est pas établie ;

- à la date de la demande d'autorisation préalable, le 13 janvier 2021, elle était à jour de ses obligations déclaratives, de sorte que le caractère tardif de la déclaration sociale nominative en 2020 n'est pas de nature à établir la fraude ;

- les motifs nouveaux invoqués en défense et tirés de ce que, d'une part, l'un de ses salariés n'aurait été embauché que de manière fictive, deux autres salariés ayant été placés en activité partielle à la date d'embauche de ce troisième salarié et, d'autre part, son activité professionnelle aurait repris à compter de mai 2020 alors que l'établissement était déclaré fermé, ne peuvent être substitués à celui retenu par le préfet dès lors qu'ils ne lui ont pas été communiqués préalablement à la décision de retrait litigieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que la fraude est établie dès lors que, d'une part, les premières déclarations de salaire pour 2020 n'ont été formulées que le 1er décembre 2020, soit trois mois après le blocage du paiement des demandes d'indemnisation à compter d'août 2020, d'autre part, l'un des salariés, déclaré préalablement à son embauche concomitamment de la mise en activité partielle des autres salariés de la société, n'a été employé que dans le seul but de percevoir les allocations d'activité partielle et, enfin, la société a repris une activité alors même qu'elle déclarait son établissement fermé.

II. Sous le n° 2118105, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 décembre 2021 et 8 novembre 2022, la société Artisan Crêpier, représentée par Me Pouilhe, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 août 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré la décision n° 093BLLR0200 du 8 juillet 2021 et a refusé de lui délivrer l'autorisation de mise en activité partielle d'un salarié pour la période comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre 2021, à hauteur de 950 heures de travail, ainsi que la décision implicite de rejet prise sur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'auteur de la décision du 25 août 2021 ne justifie pas de sa compétence ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que les salariés pour lesquels une autorisation de mise en activité partielle a été sollicitée ont été déclarés préalablement à leur embauche auprès de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) ;

- la fraude retenue pour retirer la décision d'autorisation de mise en activité partielle n'est pas établie ;

- à la date de la demande d'autorisation préalable, le 23 juin 2021, elle était à jour de ses obligations déclaratives, de sorte que le caractère tardif de la déclaration sociale nominative en 2020 n'est pas de nature à établir la fraude ;

- les motifs nouveaux invoqués en défense et tirés de ce que, d'une part, l'un de ses salariés n'aurait été embauché que de manière fictive, deux autres salariés ayant été placés en activité partielle à la date d'embauche de ce troisième salarié et, d'autre part, son activité professionnelle aurait repris à compter de mai 2020 alors que l'établissement était déclaré fermé, ne peuvent être substitués à celui retenu par le préfet dès lors qu'ils ne lui ont pas été communiqués préalablement à la décision de retrait litigieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et que la fraude est établie dès lors que, d'une part, les premières déclarations de salaire pour 2020 n'ont été formulées que le 1er décembre 2020, soit trois mois après le blocage du paiement des demandes d'indemnisation à compter d'août 2020, d'autre part, l'un des salariés, déclaré préalablement à son embauche concomitamment de la mise en activité partielle des autres salariés de la société, n'a été employé que dans le seul but de percevoir les allocations d'activité partielle et, enfin, la société a repris une activité alors même qu'elle déclarait son établissement fermé.

III. Sous le n° 2213064, par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 août et 6 décembre 2022, la société Artisan Crêpier, représentée par Me Pouilhe, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire du 18 juillet 2022 émis à son encontre par l'Agence de services et de paiement ;

2°) de la décharger du paiement de la somme de 12 397,90 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence de services et de paiement la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'auteur du titre exécutoire ne justifie pas de sa compétence ;

- le titre contesté est entaché d'un vice de forme dès lors qu'il ne comporte qu'une griffe dont il n'est pas établi qu'elle puisse être régulièrement apposée ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 décembre 2012 ;

- le décret n° 2021-221 du 26 février 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Bernabeu ;

- et les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société Artisan Crêpier a sollicité le 26 avril 2020 puis, par plusieurs avenants successifs des 11 juin, 8 septembre, 20 octobre 2020 et 13 janvier 2021, l'autorisation préalable de mettre en activité partielle, en raison de la suspension totale de son activité, trois salariés du 15 mars 2020 au 30 juin 2021. Elle a aussi sollicité, le 23 juin 2021, l'autorisation préalable de prolonger en activité partielle un salarié du 1er juillet au 31 décembre 2021. Par un courrier informatique du 9 août 2021, la société requérante a été informée que les décisions implicites d'acceptation prises sur ses demandes n° 093BLLR0104 et 093BLLR0200 des 13 janvier et 23 juin 2021 étaient susceptibles de faire l'objet d'un retrait pour fraude. Par deux décisions du 25 août 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré les décisions implicites d'acceptation nées les 28 janvier et 8 juillet 2021 et a refusé de lui délivrer les autorisations de mise en activité partielle sollicitées. Par un courrier du 30 août 2021, la société Artisan Crêpier a formé un recours gracieux à l'encontre de ces décisions. Un titre exécutoire a été émis par l'Agence de services et de paiement le 18 juin 2022 pour le recouvrement auprès de la société requérante de la somme de 12 387,90 euros, correspondant aux indus d'indemnités perçues au titre de la mise en activité partielle de ses salariés pour les mois de mars, avril, mai, juin et juillet 2020. Par les présentes requêtes, la société Artisan Crêpier demande l'annulation des décisions du 25 août 2021, de celles prises sur son recours gracieux, du titre exécutoire du 18 juin 2022 ainsi que la décharge du paiement de la somme de 12 387,90 euros.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes n°s 2118092, 2118105 et 2213064, présentées par la société Artisan Crêpier, concernent la situation d'une même société. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait et refus d'autorisation de mise en activité partielle :

3. D'une part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, par un arrêté n° 2021-1938 du 19 juillet 2021, publié au bulletin d'informations administratives du même jour bis (Spécial DCPPAT), le préfet de la Seine-Saint-Denis donné délégation de signature à M. B, directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France, à l'effet de signer les actes relatifs à " l'accord préalable d'autorisation d'activité partielle " et à " l'attribution de l'allocation d'activité partielle " relevant de sa compétence. Par une décision n° 2021-98 du 10 août 2021, publié au recueil des actes administratifs spécial n° IDF-019-2021-08 du 11 août 2021, M. B a subdélégué sa signature à Mme C, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme A et de MM. Leperchey et Martinet, à l'effet de signer les décisions relatives à l'indemnisation de l'activité partielle. Par suite, et à défaut d'alléguer que MM. Leperchey et Martinet n'étaient ni absents ni empêchés, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et ne peut qu'être écarté.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5122-1 du code du travail, dans sa version applicable au litige : " I. - Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable : /-soit à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement ; /-soit à la réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement ou partie d'établissement en deçà de la durée légale de travail [] ". Aux termes de l'article R. 5122-1 : " L'employeur peut placer ses salariés en position d'activité partielle lorsque l'entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité pour l'un des motifs suivants : [] 5° Toute autre circonstance de caractère exceptionnel ". Aux termes de l'article R. 5122-2 : " L'employeur adresse au préfet du département où est implanté l'établissement concerné une demande préalable d'autorisation d'activité partielle [] La demande d'autorisation est adressée par voie dématérialisée dans les conditions fixées par l'article R. 5122-26 ". Aux termes de l'article R. 5122-4 : " La décision d'autorisation ou de refus, signée par le préfet, est notifiée à l'employeur dans un délai de quinze jours à compter de la date de réception de la demande d'autorisation [] L'absence de décision dans un délai de quinze jours vaut acceptation implicite de la demande. La décision de refus est motivée ". Aux termes de l'article R. 5122-9 du code du travail, dans sa version applicable au litige : " I. - Une autorisation d'activité partielle peut être accordée pour une durée maximum de douze mois. Elle peut être renouvelée dans les conditions fixées au II [] ".

5. Aux termes de l'article L. 241-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation aux dispositions du présent titre, un acte administratif unilatéral obtenu par fraude peut être à tout moment abrogé ou retiré ".

6. Pour caractériser la fraude à la législation sur l'activité partielle et retirer les décisions implicites d'acceptation prises sur ses demandes de mise en activité partielle n° 093BLLR0104 et n° 093BLLR0200 des 13 janvier et 23 juin 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur le fait que les salariés de la société Artisan Crêpier n'étaient pas déclarés à l'URSSAF avant les demandes tendant à autoriser leur mise en activité partielle et que la déclaration a posteriori des salariés placés en activité partielle ne saurait régulariser cette situation. Il ressort des pièces du dossier que, lors des demandes d'autorisation de mise en activité partielle de ses trois salariés à compter, respectivement, des 15 mars, 11 juin et 23 octobre 2020, la société requérante, bien que les ayant déclaré préalablement à leur embauche, respectivement les 20, 24 février et 23 septembre 2020, n'avait pas accompli les formalités déclaratives relatives aux salaires et aux cotisations sociales assisses sur ceux-ci, prévues aux articles L. 133-5-3 et suivants du code de la sécurité sociale, pour la période courant du mois de mars au mois de novembre 2020. La circonstance alléguée par la société requérante que le retard dans l'accomplissement de ces formalités déclaratives serait imputable à son comptable, à l'appui de laquelle elle produit une attestation de celui-ci déclarant avoir été hospitalisé durant un mois à partir du 25 mars 2020 puis avoir été en convalescence durant trois mois, tandis qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que de telles formalités soient effectuées par un expert-comptable, est sans incidence sur le manquement intentionnel relevé par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Par suite, le défaut en connaissance de cause de toute déclaration relative aux salaires et aux cotisations sociales afférentes étant susceptible de caractériser l'infraction de travail dissimulé par dissimulation d'emploi salarié prévue au 3° de l'article L. 8221-5 du code du travail, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas entaché sa décision d'erreur de fait, d'erreur dans la qualification juridique des faits ou d'erreur d'appréciation en retenant que la fraude était établie au regard des manquements constatés pendant la période du 15 mars au 1er décembre 2020 et que la régularisation ultérieure de ces manquements n'avait pas eu pour effet de les faire disparaître.

7. Dans ces circonstances, la fraude ainsi constatée par le préfet de la Seine- Saint-Denis à la suite du rapport d'enquête de l'inspectrice du travail du 31 mars 2021 produit à l'instance, faisait obstacle à ce que soient placés en position d'activité partielle les trois salariés de la société Artisan Crêpier du 15 mars 2020 au 30 juin 2021 mais encore à la prolongation de la mise en activité partielle de l'un d'eux du 1er juillet au 31 décembre 2021.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la société Artisan Crêpier n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 25 août 2021 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a retiré les décisions implicites d'acceptation des 28 janvier et 8 juillet 2021 et a refusé les demandes d'autorisation de mise en activité partielle des 13 janvier et 23 juin 2021, ainsi que les décisions prises sur recours gracieux.

Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire à la décharge du paiement de la somme de 12 397,90 euros :

9. En premier lieu, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 313-1 du code rural et de la pêche maritime et R. 5122-10 du code du travail que l'Agence de services et de paiement (ASP) est compétente pour connaître du recouvrement des indus d'allocation d'activité partielle. Le titre exécutoire du 18 juillet 2022 ayant été signé par M. Le Moing, président, directeur général de l'ASP, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, la société requérante, qui fait état d'une signature apposée au moyen d'une griffe, doit être regardée comme invoquant la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, selon lesquelles toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur. Si la griffe assumée par son auteur n'est pas une signature manuscrite, elle présente un caractère authentique dès lors que la personne dont elle émane endosse la paternité et la responsabilité de l'acte signé. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué que la griffe aurait été contrefaite à l'insu de M. Le Moing, dont la signature aurait été détournée et usurpée et qu'ainsi, le titre contesté ne pourrait être regardé comme personnellement signé par son auteur, en violation des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 décembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.

12. En l'espèce, le titre exécutoire du 18 juillet 2022 fait état des bases de liquidation de la créance ainsi que des différents éléments de calcul, et notamment les différentes allocations perçues les 6 et 14 mai, 22 juin, 6 juillet et 7 août 2020 et dont l'ASP sollicite le recouvrement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et ne peut qu'être écarté.

13. En dernier lieu, et dès lors que la fraude est établie, eu égard à ce qui a été relevé au point 6, il ne résulte pas de l'instruction que l'ASP ne serait pas fondée à demander le remboursement de la somme indûment perçue par la société Artisan Crêpier au titre des allocations d'activité partielle pour un montant de 12 397,90 euros.

14. Il résulte de tout ce qui précède que la société Artisan Crêpier n'est fondée ni à demander l'annulation du titre exécutoire du 18 juillet 2022, ni à solliciter la décharge du paiement de la somme de 12 397,90 euros dont il ordonne le recouvrement.

Sur les frais d'instance :

15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat et de l'Agence de services et de paiement, qui ne sont pas les parties perdantes aux présentes instances, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris par les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes susvisées de la société Artisan Crêpier sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Artisan Crêpier, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à l'Agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 25 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

M. Marias, premier conseiller,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.

Le rapporteur,

S. Bernabeu

Le président,

J.-F. BaffrayLa greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2118092

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