mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2118110 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 30 septembre 2021, 20 décembre 2023 et 30 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Villemomble a procédé à son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 400 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise sans avis préalable de la commission consultative paritaire, en méconnaissance des articles 42-1 et 42-2 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 et de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 ;
- elle repose sur des faits matériellement inexistants et est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir et de procédure.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 23 octobre 2023 et 25 janvier 2024, la commune de Villemomble conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par une lettre en date du 8 janvier 2024, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience au cours du deuxième trimestre 2024 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 29 janvier suivant.
Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Therby-Vale, rapporteure ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de Me Alibert pour la commune de Villemomble.
Mme A n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, assistante maternelle recrutée à compter du 1er janvier 2009 par la commune de Villemomble en contrat à durée indéterminée, demande l'annulation de la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le maire l'a licenciée à titre disciplinaire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 422-20 du même code : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux assistantes et assistants maternels sont : () 3° Le licenciement ". Aux termes de l'article L. 423-10 du même code, rendu applicable aux assistants familiaux employés par des personnes morales de droit public par l'article L. 422-1 du même code : " () L'employeur qui décide de licencier un assistant maternel ou un assistant familial relevant de la présente section doit notifier et motiver sa décision dans les conditions prévues à l'article L. 1232-6 du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 1232-6 du code du travail : " Lorsque l'employeur décide de licencier un salarié, il lui notifie sa décision par lettre recommandée avec avis de réception. / Cette lettre comporte l'énoncé du ou des motifs invoqués par l'employeur () ".
3. La décision litigieuse, qui ne vise aucune disposition législative ou règlementaire, mentionne que Mme A est licenciée pour non-respect du règlement " instructions aux assistantes maternelles ", sans que ne soient précisés les dispositions réglementaires méconnues, ni aucun élément factuel permettant d'illustrer le non-respect des instructions reproché à
Mme A. Si la décision fait référence à l'entretien préalable du 29 octobre 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que cet entretien aurait donné lieu à un compte-rendu joint à la décision attaquée, ni qu'un document précédemment adressé à la requérante aurait porté à sa connaissance les griefs qui lui étaient reprochés. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que la décision litigieuse est insuffisamment motivée en fait.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il ne soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 4 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Villemomble a procédé au licenciement de Mme A doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villemomble une somme de 1 200 euros à verser à Mme A sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Mme A n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que mis à sa charge la somme réclamée par la commune de Villemomble sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 4 novembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Villemomble a procédé au licenciement de Mme A est annulée.
Article 2 : La commune de Villemomble versera à Mme A la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Villemomble sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Villemomble.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Deniel, présidente,
- Mme Therby-Vale, première conseillère,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,La présidente,SignéSigné E. Therby-ValeC. DenielLa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026