mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2118149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SEMAK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 décembre 2021 et
27 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Amélie Semak, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a invité à quitter le territoire français dans un délai
de 30 jours et l'a informé qu'à l'issue de ce délai, il sera remis aux autorités de l'Etat membre de l'Union européenne lui ayant délivré sa carte de résident longue durée-UE ;
2°) d'enjoindre à toute autorité compétente de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de
15 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans le même délai et de lui délivrer durant ce réexamen une autorisation provisoire de séjour et de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient :
- que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé, révélant ainsi un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- qu'il méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que, si le préfet a rejeté sa demande de titre de séjour au motif qu'il n'a pas obtenu d'autorisation de travail, son dossier étant incomplet, ni lui ni son employeur n'ont jamais été destinataires d'une demande de pièces complémentaires, ainsi qu'il incombait à l'administration ;
- que le préfet s'est à tort estimé e²n situation de compétence liée pour rejeter sa demande de régularisation ;
- que l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- qu'il méconnaît l'article 3 § 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a régulièrement été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 30 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au
13 février 2023 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Romnicianu, vice-président,
- et les observations de Me Semak substituée par Me Bengadi pour M. A.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 29 décembre 1986 à Attecoube
(Côte d'Ivoire), titulaire d'une carte de résident de longue durée-UE délivrée par les autorités italiennes, a sollicité le 12 mars 2021 la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 426-11 et
L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du
30 novembre 2021, dont M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a invité à quitter le territoire français dans un délai de
30 jours et l'a informé qu'à l'issue de ce délai il sera remis aux autorités italiennes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE (), accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L.412-1 soit opposable : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou
L. 421-5 ; () ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an.
La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".
3. En outre, aux termes de l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations ".
4. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de titre de séjour présentée par
M. A au motif que ses services ont émis le 5 octobre 2021 un avis défavorable à la délivrance d'une autorisation de travail, le dossier de l'intéressé présenté par son employeur étant incomplet. A cet égard, il est relevé que, malgré les relances des 9 et 23 septembre 2021, son employeur, la société Ultimate Excellence, n'a jamais fourni les premier et 3 derniers bulletins de salaire de l'intéressé, ainsi que les derniers bordereaux de versement des cotisations sociales URSSAF.
5. A l'appui de son recours, le requérant soutient, sans être contredit sur ce point par l'administration préfectorale, qui n'a pas produit d'observation en défense, que ni lui, ni son employeur, qui en atteste par écrit, n'ont jamais été destinataires des deux demandes de pièces complémentaires prétendument adressées les 9 et 23 septembre 2021. Au demeurant il verse au dossier les pièces que l'administration indique avoir sollicitées auprès de son employeur. Dans ces conditions, à défaut de justification de l'envoi effectif de ces deux demandes de pièces nécessaires à l'instruction de la demande de l'intéressé, dont l'existence même n'est au demeurant pas établie, le requérant est fondé à soutenir que le service de la main d'œuvre étrangère ne peut être regardé comme ayant rempli l'obligation de régularisation prévue à l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration et, partant, ne pouvait légalement se fonder sur le caractère incomplet de son dossier pour rejeter sa demande d'autorisation de travail.
6. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que le requérant est fondé à exciper de l'illégalité de ce refus d'autorisation de travail pour demander l'annulation du refus de séjour en qualité de " salarié " que lui a consécutivement opposé le préfet de la Seine-Saint-Denis, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions subséquentes l'invitant à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et ordonnant sa remise Schengen aux autorités italiennes à l'issue de ce délai.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu seulement d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la situation administrative de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour et de travail. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 (mille) euros à verser à M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du Préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 30 novembre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour et de travail.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Michel Romicianu, président,
Mme Nathalie Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Youssef Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le président-rapporteur,
M. C
L'assesseure la plus ancienne,
N. Dupuy-Bardot La greffière,
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026