jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2200178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 5 janvier 2022 et le 4 mai 2022, M. D C, représenté par Me Berdugo, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a retiré sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui restituer sa carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation sans délai et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- il méconnait le principe de loyauté et a été pris suite à un détournement de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il prononce une sanction disproportionnée aux faits commis ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2022, et des pièces enregistrées le 26 décembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Une ordonnance du 4 mai 2022 a fixé la clôture d'instruction au 6 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code du travail,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique du 6 janvier 2022 :
- Le rapport de M. Tukov.
- Les observations de Me Simon, substituant Me Berdugo, pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant bangladais, s'est vu délivrer une carte de résident valable du 1er juin 2017 jusqu'au 31 mai 2027. M. C demande l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2021 procédant au retrait de ce titre de séjour au motif qu'il a employé un étranger en situation irrégulière dans la société dont il a été gérant, tout en lui fixant un rendez-vous ultérieur au cours duquel il sera procédé à l'examen de sa situation administrative au regard du droit au séjour en France.
2. En premier lieu, d'une part, l'arrêté attaqué, qui mentionne les dispositions de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les motifs pour lesquels le préfet a décidé de procéder au retrait de la carte de résident de M. C, comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, et respecte ainsi les exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. D'autre part, il ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné la situation de M. C. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 24 février 2020, le préfet du Val-d'Oise a simplement informé le préfet de Seine-Saint-Denis, que dans le cadre de l'examen d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il a constaté que l'intéressé employait un travailleur étranger. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté a méconnu le principe de loyauté et a été pris suite à un détournement de procédure.
4. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment de deux extraits du Kbis de la société Riak, versés en défense, que M. C était désigné comme gérant de cette société à la date du 23 mai 2018 et du 19 février 2020 et que M. A, ressortissant étranger en situation irrégulière a été employé dans cette société pendant la période allant d'août 2018 à septembre 2019. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en indiquant que M. C a employé une personne étrangère en situation irrégulière.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout employeur titulaire d'une carte de résident peut se la voir retirer s'il a occupé un travailleur étranger en violation des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail ". Aux termes du premier alinéa dudit article L. 8251-1 : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ".
6. Il résulte de l'instruction que pour décider de retirer à M. C sa carte de résident, le préfet de la Seine-Saint-Denis a retenu que les services préfectoraux ont constaté, dans le cadre de l'instruction d'une tierce demande de titre de séjour, que la société dont l'intéressé a été le gérant de droit durant la période où l'infraction a été commise, a employé un ressortissant étranger démuni de titre de séjour et de travail. Il en résulte en outre que l'intéressé n'a pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement à son encontre. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la sanction prononcée par l'arrêté du 5 novembre 2021 revêt un caractère disproportionné.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. C fait valoir qu'il vit en France depuis 2014 avec son épouse, compatriote titulaire d'un visa long séjour valable jusqu'au 17 mars 2022 et enceinte de leur premier enfant. Toutefois, il résulte de l'instruction que la décision litigieuse ne fait pas obligation à M. C de quitter le territoire français et que le préfet de la Seine-Saint-Denis, après avoir procéder au retrait de sa carte de résident, l'a mis en possession d'une carte de séjour temporaire valable du 10 avril 2022 au 9 avril 2023. Dans ces conditions, M. C ne saurait se prévaloir de ce que le préfet aurait porté à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 précité doit être écarté.
9. En sixième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Gauthier Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
Le président-rapporteur,
C. Tukov
L'assesseure la plus ancienne,
S. Van Maele
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026