lundi 17 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2200592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | KERAVEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 janvier 2022, Mme B A, représentée par Me Keravec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui en délivrer le récépissé, ou, à défaut, de lui fixer un rendez-vous lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
- la décision attaquée est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée de défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée de défaut de base légale et d'erreur de droit dans la mesure où le préfet aurait dû faire application des articles L. 200-5, L. 200-6 et L. 233-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui régissent la situation des membres de la famille des citoyens de l'Union européenne ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant aux liens privés et familiaux qu'elle a en France ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée de défaut de base légale et d'erreur de droit dès lors que les dispositions des articles L. 511-1 et L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui étaient pas applicables ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire ne défense.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-467 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Parent a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante originaire de Guinée-Bissau, née le 31 janvier 1979, a formulé une demande de carte de séjour temporaire le 6 janvier 2020. Par un arrêté du 22 décembre 2020, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, le préfet a visé l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a mentionné les éléments relatifs à la situation privée, familiale et professionnelle de Mme A, en considération desquels il a refusé de l'admettre au séjour à titre exceptionnel. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et contrairement à ce que fait valoir Mme A, la circonstance qu'elle serait entachée d'erreur de fait ou d'erreur de droit n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation, alors au demeurant que Mme A ne justifie pas que sa fille aurait la nationalité portugaise. Il s'ensuit que le moyen tiré par la requérante de ce que la décision attaquée serait entachée de défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, contrairement à ce qu'affirme Mme A, le préfet n'a nullement mentionné dans la décision attaquée qu'elle était " célibataire et sans charge de famille ", mais qu'elle était " célibataire et mère d'un enfant ". D'autre part, Mme A n'établit pas que sa fille mineure aurait la nationalité portugaise, pas plus qu'elle ne justifie que sa mère et son frère, de la nationalité portugaise desquels elle se prévaut également, résideraient en France. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée de défaut d'examen.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 121-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la présente affaire, désormais repris à l'article L. 200-5 : " Après un examen de sa situation personnelle, l'autorité administrative peut appliquer les dispositions des articles R. 121-1 et R. 121-2 à tout ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, ne relevant pas des 4° et 5° de l'article L. 121-1 : / 1° Si, dans le pays de provenance, il est membre de famille à charge ou faisant partie du ménage d'un ressortissant mentionné aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 121-1 ; / 2° Lorsque, pour des raisons de santé graves, le ressortissant mentionné aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 121-1 doit nécessairement et personnellement s'occuper de cette personne avec laquelle il a un lien de parenté ; / 3° S'il atteste de liens privés et familiaux durables, autres que matrimoniaux, avec un ressortissant mentionné aux 1°, 2° ou 3° de l'article L. 121-1. ".
5. La requérante n'établit pas avoir présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de ces dispositions. Au demeurant, d'une part, si Mme A se prévaut de la nationalité portugaise de sa fille, cette dernière est à sa charge et ne lui permet ainsi de relever d'aucune des catégories de membre de famille de citoyens de l'Union européenne mentionnée à l'article R. 212-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable. Au surplus, en se bornant à produire l'acte de naissance de sa fille, sur lequel aucun lien de paternité n'est mentionné mais dont il résulte seulement que l'enfant est née au Portugal, Mme A n'établit pas la nationalité portugaise de sa fille. D'autre part, alors que Mme A ne justifie ni même n'affirme qu'elle entretiendrait des liens particuliers avec sa mère ou son frère, de la nationalité portugaise desquels elle se prévaut, ni même que ces derniers résideraient en France, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle relèverait d'une des catégories de membre de famille de citoyens de l'Union européenne mentionnée à l'article R. 212-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable, notamment son 3°. Il s'ensuit que le moyen tiré par la requérante de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit en ne faisant pas application des articles L. 200-5, L. 200-6 et L. 233-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui régissent la situation des membres de la famille des citoyens de l'Union européenne, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit au point précédent, Mme A n'établit pas la nationalité portugaise de sa fille, pas plus qu'elle n'établit que sa mère et son frère résideraient en France. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il avait pris en considération le décès du père de Mme A. Il s'ensuit que le moyen tiré par la requérante de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur de fait doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Mme A se prévaut de la nationalité portugaise de sa fille mineure, ainsi que de celle de sa mère et de son frère. Cependant, alors qu'ainsi qu'il a été dit au point 5, l'intéressée n'établit pas la nationalité portugaise de sa fille, pas plus qu'elle n'établit, en tout état de cause, que sa mère et son frère résideraient en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. Dès lors qu'il résulte de ce qui a été dit au point 5 que Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle relèverait d'une des catégories de membre de famille de citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article R. 121-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, son moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit en faisant application des articles L. 511-1 et L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont les dispositions ne sont pas applicables aux citoyens de l'Union européenne, ni aux membres de leur famille, doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. Aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
11. Dès lors qu'ainsi qu'il a déjà été dit Mme A n'établit pas la nationalité portugaise de sa fille et que la décision attaquée n'a pas pour effet de la séparer de sa fille, son moyen, tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction sous astreinte, et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me Keravec.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Myara, président,
- M. Marias, premier conseiller,
- Mme Parent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2023.
La rapporteure,
Le président,
M. ParentA. Myara La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026