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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2200877

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2200877

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2200877
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantACHELI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Acheli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 décembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte et de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du refus de délivrance d'un titre de séjour :

- le signataire est incompétent ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu et il remplit les conditions posées par la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- le 7° de l'article L. 313-11 du code précité a été violé et le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle ;

- la décision contrevient à l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est illégale du fait de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour.

La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.

Par décision du 22 novembre 2022, le président près le tribunal judiciaire de Bobigny a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Caron-Lecoq a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient pas présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant malien né le 12 janvier 1979 à Bamako, a déclaré être entré en France le 24 octobre 2014. Il demande l'annulation de l'arrêté du 24 décembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français.

2. En premier lieu, par deux arrêtés nos 2020-1515 du 31 juillet 2020 et 2020-2175 du 2 octobre 2020, publiés au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis respectivement les 31 juillet 2020 et 5 octobre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme F A, directrice des migrations et de l'intégration, ainsi qu'en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci à M. G, chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, et, en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci, à Mme E D, signataire du refus de séjour en litige, en charge des refus de séjour et des interventions, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant refus de séjour assortis ou non d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le signataire du refus de délivrance du titre de séjour serait incompétent doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis mentionne notamment, en droit, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, et, en fait, la situation familiale, personnelle et professionnelle en France du requérant, notamment sa date d'entrée alléguée en France, l'absence de preuve de présence sur ce territoire au titre des années 2015 et 2018, la circonstance qu'il est célibataire, sans charge de famille en France et qu'il ne démontre pas la nécessité de rester, sur le territoire français, auprès de ses sœurs, que l'effectivité et la stabilité de son insertion professionnelle ne sont pas démontrées par la production, pour les années 2018 et 2019, de vingt-trois fiches de paie sous une autre identité. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

4. En troisième lieu, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de ces dispositions, des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article

L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / () ".

6. A supposer même sa présence établie en France à compter de sa date alléguée d'entrée le 24 octobre 2014, M. B ne justifie pas d'une durée de résidence particulièrement notable à la date de l'arrêté litigieux et a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine où il n'allègue pas être isolé en cas de retour. Il est, en outre, célibataire et sans charge de famille. Son insertion professionnelle n'est pas établie par la production de contrats de travail et de fiches de paie sous une autre identité dès lors que l'attestation de concordance rédigée par son employeur n'est corroborée par aucune autre pièce du dossier, notamment les relevés de compte et les déclarations d'impôt sur les revenus. En tout état de cause, il n'aurait travaillé en tant que plongeur pour la même société que trois ans puisque le contrat a été suspendu au mois de juin 2020. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le refus de séjour méconnaîtrait l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur et qui doit être regardé comme soulevé, doit être écarté.

7. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou d'une stipulation d'un accord bilatéral, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'étranger peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code ou d'une autre stipulation de cet accord, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

8. En l'espèce, M. B n'établit pas avoir présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Par suite, il ne saurait utilement soulever le moyen tiré de la méconnaissance de cet article, qui n'a pas été examiné par le préfet, à l'encontre du refus de séjour.

9. En sixième lieu, il ne ressort ni des termes du refus de séjour ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de M. B doit être écarté.

10. En septième lieu et eu égard à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant telle que décrite au point 6, doivent être écartés les moyens tirés de ce que le refus de séjour violerait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

11. En huitième lieu, il résulte de ce qui précède qu'il n'est pas établi que le refus de séjour est illégal. Par suite, le requérant ne peut exciper de son illégalité à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 décembre 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

Mme Caron-Lecoq, première conseillère,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

C. Caron-Lecoq

Le président,

L. GauchardLa greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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