mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2201190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | HEMITOUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 janvier 2022, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil, en application des dispositions de l'article R. 351-3-1 du code de justice administrative, la requête présentée à ce tribunal par M. A B.
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 10 septembre et 7 octobre 2021 au greffe du tribunal administratif de Paris et un mémoire complémentaire, enregistré le 2 décembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, M. B, représenté par Me Hemitouche, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 mars 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé l'autorisation de travail sollicitée et la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur prise sur recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande d'autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le poste qu'il occupe et pour lequel est sollicitée l'autorisation de travail est en adéquation avec les études qu'il a poursuivies ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait dès lors que, contrairement à ce qu'a retenu le préfet de la Seine-Saint-Denis, une offre d'emploi du poste de technicien informatique a été publiée par la société SAS Sync Digitals auprès de Pôle emploi ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit à l'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bernabeu a été entendu au cours de l'audience publique, M. B et le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. La société Sync Digitals SAS a sollicité le 24 mars 2020 une autorisation de travail pour M. B, ressortissant marocain né en 1993, en vue d'y exercer la profession de technicien informatique. Par une décision du 8 mars 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé l'autorisation demandée. Par un courrier du 10 mai 2021, réceptionné le 11 mai 2021, M. B a formé un recours administratif auprès du ministre de l'intérieur à l'encontre de la décision litigieuse. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 8 mars 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis ainsi que celle implicite de rejet prise sur son recours hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail, dans sa version applicable au litige : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail [] : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse [] ". Aux termes de l'article R. 5221-20 du code précité, dans sa version applicable au litige : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes concourant au service public de l'emploi pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ; / 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule ; / Lorsque la demande concerne un étudiant ayant achevé son cursus sur le territoire français cet élément s'apprécie au regard des seules études suivies et seuls diplômes obtenus en France [] ".
3. Pour justifier du refus de délivrer à M. B l'autorisation de travail sollicitée, le préfet de la Seine-Saint-Denis a retenu que l'intéressé ne remplissait pas la condition d'adéquation prévue au 1° de l'article R. 5221-20 du code du travail et que la société Sync Digitals SAS n'avait pas déposé d'offre auprès de Pôle emploi permettant d'établir qu'elle avait accompli des recherches de candidats préalablement au dépôt de la demande d'autorisation.
4. D'une part, M. B n'établit pas, par les pièces qu'il produit, qu'une offre d'emploi aurait été publiée par la société Sync Digitals SAS auprès de Pôle emploi en septembre 2019. Dans ces conditions, le moyen d'erreur de fait ne peut qu'être écarté.
5. D'autre part, si M. B établit avoir travaillé en qualité de technicien planificateur du 9 septembre au 11 octobre 2019 puis avoir effectué une mission en qualité d'analyste informatique du 4 novembre au 31 décembre 2019 auprès de BNP Paribas pour le compte de la société Sync Digitals SAS, ces expériences ne sauraient, à elles seules, eu égard à leur brièveté, justifier d'une adéquation de son profil avec les caractéristiques de l'emploi qu'il occupe. En outre, l'intéressé n'établit ni ses études à l'Ecole d'ingénieur Denis Diderot ni l'obtention d'une licence en mathématiques appliquées à l'Université Paris VII, par les pièces qu'il produit. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en retenant que M. B ne remplissait pas la condition d'adéquation prévue au 2° de l'article L. 5221-20 du code du travail.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis et celle du ministre de l'intérieur. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
M. Marias, premier conseiller,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
Le rapporteur,
S. Bernabeu
Le président,
J.-F. BaffrayLa greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026