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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2201255

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2201255

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2201255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCP ARVIS & KOMLY-NALLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier 2022 et 11 décembre 2023,

M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2021 par laquelle la directrice générale du centre départemental enfants et familles (D) de C l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 2 novembre 2021 ;

2°) de mettre à la charge du D de C la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas établi que sa signataire bénéficiait d'une délégation de signature ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que le comité médical a été régulièrement consulté en l'absence de la communication de l'avis recueilli ; l'avis produit est daté du 9 novembre 2021 alors que le comité médical s'est réuni le 26 octobre 2021 ; cet avis ne figurait pas dans le dossier qui lui a été communiqué le 13 juillet 2021 ; le comité médical a été consulté pour une mise en congé d'office et non pour une disponibilité d'office, le privant ainsi d'une garantie ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été informé de la tenue de la réunion du comité médical, ni de ses droits à communication de son dossier ni du droit de faire entendre le médecin de son choix lors de la séance ;

- la composition du comité médical n'est pas régulière ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le D ne l'a pas invité à présenter une demande de reclassement ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il aurait dû être placé en congé de longue durée ;

- elle est illégale en conséquence de l'annulation de la décision du 18 décembre 2020 qui a fixé au 2 octobre 2020 la date de consolidation de son accident de service du 24 avril 2016, avec un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à faire évaluer, et a décidé qu'à compter du 2 octobre 2020, ses arrêts et soins ne seraient plus pris en charge au titre du régime de l'accident de service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2023, le centre départemental enfants et familles de C, représenté par Me Clément, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,

- et les observations de Me Delpiano, substituant Me Clément, représentant le centre départemental enfants et famille de C.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, assistant socio-éducatif du centre départemental enfants et familles (D) de C et affecté au pôle de Villepinte a été victime d'un accident le 24 avril 2016 dont l'imputabilité au service a été reconnue par une décision du

12 janvier 2017 du D. Par une décision du 26 novembre 2021, M. B a été placé en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 2 novembre 2021. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa version applicable au litige : " Les comités médicaux sont () consultés obligatoirement en ce qui concerne : () / 6. La mise en disponibilité d'office pour raisons de santé, son renouvellement et l'aménagement des conditions de travail après la fin de la mise en disponibilité ; ()/ Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire :/ - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ;/ - de ses droits relatifs à la communication de son dossier et à la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ;/ - des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur./ L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire, sur sa demande. ".

3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.

4. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et n'est pas même allégué, que M. B a été informé de la date de la réunion du comité médical qui s'est réuni le

9 novembre 2021, ce qui lui aurait permis d'une part de solliciter la communication de son dossier et d'autre part de faire entendre le médecin de son choix. Cette irrégularité a privé

M. B de la garantie tenant à ce que le comité médical donne un avis éclairé sur sa situation. Par suite, cette irrégularité est de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander, pour ce motif, l'annulation de la décision du 26 novembre 2021 le plaçant en disponibilité d'office à compter du 2 novembre 2021.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre départemental enfants et familles de C, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par le centre départemental enfants et familles de C soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 26 novembre 2021 par laquelle la directrice générale du centre départemental enfants et familles de C a placé M. B en disponibilité d'office est annulée.

Article 2 : Le centre départemental enfants et familles de C versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par le centre départemental enfants et familles de C sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre départemental enfants et familles de C.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Deniel, présidente,

Mme Therby-Vale, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

B. BiscarelLa présidente,

C. DenielLa greffière,

A. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la C en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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