mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2201420 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MARCELLESI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier 2022 et 11 avril 2024,
M. B A, représenté par Me Marcellesi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Neuilly-sur-Marne a mis fin à son stage en qualité de chef de service de la police municipale à compter du 21 octobre 2021 ainsi que la décision du 25 novembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) de condamner la commune de Neuilly-sur-Marne à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) d'enjoindre à la commune de Neuilly-sur-Marne de procéder à sa réintégration dans le service et de le titulariser ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Neuilly-sur-Marne la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- l'arrêté du 18 octobre 2021 est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été pris sans entretien d'évaluation préalable ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il a subi un préjudice moral évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, la commune de Neuilly-sur-Marne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une lettre en date du 27 mars 2024, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience des mois de septembre ou d'octobre 2024 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 12 avril 2024.
Par une ordonnance du 24 avril 2024, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le décret n° 2011-444 du 21 avril 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Therby-Vale, rapporteure ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de M. A.
La commune de Neuilly-sur-Marne n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été nommé par le maire de Neuilly-sur-Marne stagiaire dans le grade de chef de police municipale à compter du 19 octobre 2020 pour une durée d'un an. Par un arrêté du 18 octobre 2021, le maire de Neuilly-sur-Marne, après avoir reporté la date de fin de stage au 21 octobre 2021 afin de prendre en compte des jours de congé de maladie, a mis fin à son stage à compter de cette date. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux, et de condamner cette commune à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par les statuts particuliers des cadres d'emplois. Sous réserve des dispositions contraires prévues par ces statuts et de celles résultant des articles 7 et 9 du présent décret, la durée normale du stage est fixée à un an. Elle peut être prorogée d'une période au maximum équivalente, après avis de la commission administrative paritaire compétente, si les aptitudes professionnelles du stagiaire ne sont pas jugées suffisantes pour permettre sa titularisation à l'expiration de la durée du stage ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Le fonctionnaire territorial stagiaire peut être licencié pour insuffisance professionnelle lorsqu'il est en stage depuis un temps au moins égal à la moitié de la durée normale du stage. Le licenciement est prononcé après avis de la commission administrative paritaire compétente pour le cadre d'emplois dans lequel l'intéressé a vocation à être titularisé () ".
3. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait été alors mis à même de faire valoir ses observations.
4. Il résulte de ce qui précède que, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.
5. En premier lieu, si la nomination dans un corps en tant que fonctionnaire stagiaire confère à son bénéficiaire le droit d'effectuer un stage dans la limite de la durée maximale prévue par les règlements qui lui sont applicables, elle ne lui confère aucun droit à être titularisé. Ainsi, la décision refusant de le titulariser à l'issue du stage n'a pour effet, ni de refuser à l'intéressé un avantage qui constituerait pour lui un droit ni, dès lors que le stage a été accompli dans la totalité de la durée prévue par la décision de nomination comme stagiaire, de retirer ou d'abroger une décision créatrice de droits. Une telle décision n'est, dès lors, pas au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir que l'arrêté du 18 octobre 2021 est insuffisamment motivé.
6. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été pris sans entretien d'évaluation préalable. Toutefois, aucun texte législatif, ni règlementaire ni aucun principe général du droit n'impose à la commune de procéder à des évaluations contradictoires de l'agent avant une décision mettant fin à son stage. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. A a été évalué trimestriellement au cours de son stage, les deux premiers bilans d'étapes complétés par son supérieur hiérarchique ayant été contresignés par l'intéressé. En outre, il ressort des pièces du dossier, notamment des courriels produits, que le supérieur hiérarchique direct de M. A lui a fait part, dès juin 2020, de ses difficultés professionnelles. Dès lors le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, s'il ressort des bilans de parcours de M. A que durant ses six premiers mois de stage, l'intéressé a été favorablement évalué par son supérieur hiérarchique direct, il ressort également de ces bilans, au cours des six derniers mois, que sa manière de servir a été évaluée comme insuffisante, les deux derniers rapports d'évaluation faisant état de lacunes et de manquements à la réglementation et concluant que ses " lacunes très importantes, couplées avec une absence totale de remise en question, sont de nature à faire courir des risques importants pour la collectivité ".
8. D'une part, la collectivité a fait grief à M. A d'avoir une connaissance insuffisante des dispositifs de sécurité, de ne pas avoir mis en œuvre les chantiers qu'il a entrepris s'agissant de la création et de la mise en œuvre du plan d'ouverture et de fermeture des parcs de la commune et l'organisation des équipes municipales, de ne pas respecter la hiérarchie opérationnelle et fonctionnelle et d'entretenir des relations conflictuelles avec ses supérieurs hiérarchiques et avec les agents. M. A conteste ces éléments et produit six attestations d'agents et des mails échangés avec son supérieur hiérarchique direct en juin 2020. Néanmoins, si les attestations mentionnent que l'intéressé est un chef de service qui assure la cohésion de l'équipe, la formation des agents et reconnait leurs compétences, ces attestations ne permettent pas d'établir qu'il n'entretenait pas des relations conflictuelles avec d'autres agents du service et avec ses supérieurs hiérarchiques. Au contraire, les mails échangés avec le directeur de cabinet de la commune font état d'un climat de tension qui s'est installé entre M. A et son supérieur hiérarchique au regard de la divergence de conception des missions attribuées au chef du service de la police municipale. A cet égard, il appartenait à M. A de mettre en œuvre les missions confiées par son supérieur hiérarchique direct, sans attendre un " arbitrage " du maire de la commune.
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la commune a fait grief à
M. A d'avoir utilisé un véhicule de service et la carte d'essence de la collectivité pour ses besoins personnels le 15 juin 2020, d'avoir procédé à la création d'astreintes fictives pour les agents afin de leur assurer un complément indemnitaire et d'avoir procédé au visionnage des enregistrements de vidéo-surveillance de la commune en dehors du cadre réglementaire.
M. A ne conteste pas avoir procédé à ce visionnage en dehors du cadre applicable, mais se limite à faire valoir qu'il l'a fait à la demande d'agents inquiets. Par ailleurs, s'il soutient qu'il n'a utilisé les moyens de la commune qu'en lien avec ses fonctions et que ses supérieurs hiérarchiques avaient validé le système d'astreintes fictives, il n'apporte aucun élément au soutien de son allégation.
10. Au regard de l'ensemble de ces éléments, M. A n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en mettant fin à son stage à l'issue de celui-ci pour insuffisance professionnelle.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
12. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision par laquelle le maire de la commune de Neuilly-sur-Marne a mis fin au stage de M. A en qualité de chef de service de la police municipale à compter du 21 octobre 2021 n'est pas fondée sur des faits matériellement inexacts et ne constitue pas une mesure vexatoire. M. A n'est dès lors pas fondé à demander une indemnisation au titre d'un préjudice qu'il aurait subi à ce titre.
13. Par suite, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Neuilly-sur-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A réclame au titre des frais liés à l'instance. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge de
M. A la somme réclamée à ce titre par la commune de Neuilly-sur-Marne.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Neuilly-sur-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Neuilly-sur-Marne.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Deniel, présidente,
- Mme Therby-Vale, première conseillère,
- Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,La présidente,E. Therby-ValeC. DenielLa greffière,A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026