vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2201752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | MARY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2022, M. B A, représenté par Me Mary, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de police de Paris a rejeté sa demande d'habilitation à accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des plateformes aéroportuaires, ainsi que la décision du 4 janvier 2022 par laquelle le préfet a rejeté son recours gracieux du 29 novembre 2021 tendant à l'annulation de cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au préfet de de police de Paris de lui délivrer l'habilitation sollicitée, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du dixième jour suivant l'édiction du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- ils portent atteinte à ses libertés individuelles, notamment sa liberté de conscience et de religion, sa liberté d'expression mais également sa liberté du travail garanties par la Constitution et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est salarié de la société Flybus et occupe le poste de chef d'escale de permanence. Cette société a, le 16 août 2021, sollicité, pour ce dernier, la délivrance d'une habilitation à accéder à la zone de sûreté à accès réglementé des plates-formes de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Par un arrêté du 14 octobre 2021, le préfet de police de Paris a rejeté sa demande. Le requérant a contesté cette décision par un recours gracieux du 29 novembre 2021, reçu le 2 décembre 2021 par le préfet de police et rejeté par une décision du 4 janvier 2022. M. A demande l'annulation de ces deux décisions.
2. En premier lieu, les arrêtés attaqués mentionnent de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ils sont ainsi suffisamment motivés.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 6342-3 du code des transports : " Les personnes ayant accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes ou aux approvisionnements de bord sécurisés, ainsi que celles ayant accès au fret, aux colis postaux ou au courrier postal, sécurisés par un agent habilité ou ayant fait l'objet de contrôles de sûreté par un chargeur connu et identifiés comme devant être acheminés par voie aérienne, doivent être habilitées par l'autorité administrative compétente () ". Aux termes du II de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile : " L'habilitation peut être retirée ou suspendue par le préfet territorialement compétent lorsque la moralité ou le comportement de la personne titulaire de cette habilitation ne présente pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes, dans les lieux de préparation et stockage des approvisionnements de bord, ou des expéditions de fret ou de courrier postal sécurisées et devant être acheminées par voie aérienne, ainsi que dans les installations mentionnées au III de l'article R. 213-3 () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de délivrer à M. A l'habilitation d'accès à la zone de sûreté à accès réglementé des plates-formes aéroportuaires, le préfet de police de Paris a relevé que l'intéressé a commis un abus de confiance du 1er janvier 2014 au 7 novembre 2018 à Roissy-en-France, a été mis en cause dans une autre procédure en 2016 et est connu des services de police spécialisés pour son comportement communautariste et prosélyte. Le préfet de police de Paris a aussi relevé que M. A arbore les attributs physiques des salafistes, effectue régulièrement ses prières sur son lieu de travail, refuse de parler à ses collègues de sexe féminin et privilégie les contacts avec ses coreligionnaires.
5. M. A est fondé à invoquer le manque de précision du motif tiré de ce qu'il a été mis en cause dans une procédure en 2016, dont il fait valoir, sans être contesté, que le dossier relatif à " l'exploitation le 6 avril 2016 d'un véhicule de transport avec chauffeur sans inscription au registre " a été classé sans suite. De même, la seule circonstance que M. A présente des attributs physiques des salafistes ne saurait, à elle seule, révéler un comportement incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées en zone de sûreté à accès réglementé des aérodromes.
6. En revanche, il ressort de la note blanche émanant des services de police spécialisés que M. A a fait l'objet d'une plainte pour abus de confiance après avoir détourné de l'argent à des fins personnelles, à hauteur de 30 000 euros. Le requérant, qui se borne à faire valoir qu'il n'a pas encore été jugé et qu'il doit bénéficier de la présomption d'innocence, n'en conteste pas sérieusement la matérialité.
7. Par ailleurs, il ressort de la note blanche précitée que M. A, notamment, a fait l'objet d'un signalement pour radicalisation en raison de son attitude communautariste et prosélyte envers ses coreligionnaires, entretient essentiellement des contacts avec les personnes de même confession religieuse, évitant ceux avec le personnel féminin et les autres personnes, pratique la prière sur son lieu de travail. Il en ressort en outre que M. A a utilisé son mandat syndical aux fins de faire du prosélytisme dans un esprit communautariste auprès des salariés de Flybus et, à la suite d'un conflit social au sein de la société, a pris la défense d'un salarié en clamant " entre frères musulmans, on va se défendre " et a dit à d'autres salariés " Abdullah, il faut la tête du mécréant Berger ", ce dernier étant le directeur de l'entreprise qui emploie le requérant.
8. M. A conteste pratiquer la prière sur son lieu de travail, refuser de serrer la main de ses collègues de sexe féminin et privilégier les contacts avec ses coreligionnaires. Toutefois, les témoignages qu'il produit au soutien de cette allégation attestent en des termes généraux de son comportement non communautariste et ne sont pas accompagnés des pièces d'identité des témoins. Ainsi, ces témoignages ne sont pas de nature à remettre en cause les éléments de la note blanche. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de police a estimé que le comportement de M. A ne présentait pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes et de l'ordre énoncées par l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile.
9. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait atteinte aux libertés de conscience, de religion, d'expression mais également de travail de M. A, garanties par la Constitution et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
10. En dernier lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des conséquences de la décision attaquée sur sa situation professionnelle, de sorte que ce moyen doit être écarté comme inopérant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. JimenezLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026