vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2201973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | OZENNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 février 2022, M. B A, représenté par Me Ozenne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2021 par laquelle la ministre des armées a fixé la date de consolidation des lésions résultant de son accident de service du 3 juillet 2014 au 19 août 2019, avec un taux d'incapacité partielle (IPP) en résultant de 0 %, ensemble l'avis du 14 septembre 2021 du médecin expert qui a fondé cette décision ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 4 000 euros en réparation des préjudices résultant de cette décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, de même que l'avis du médecin expert du 14 septembre 2021 ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une violation de la loi ;
- il a subi un préjudice moral, résultant de la suspension de sa rémunération à partir du mois d'octobre 2021, qu'il convient d'évaluer à la somme de 4 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, en l'absence de réclamation préalable permettant de lier le contentieux ;
- les moyens de la requête de M. A sont tous inopérants ou infondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2024.
Par un courrier du 2 décembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'avis du médecin expert du 14 septembre 2021, dès lors qu'il constitue une mesure préparatoire à la décision attaquée qui ne fait pas grief, et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Maele,
- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public,
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique des administrations de l'Etat exerçant ses fonctions au sein du musée de l'air et de l'espace depuis le 1er novembre 1998, a été victime d'un accident le 3 juillet 2014, reconnu imputable au service. Il a produit des arrêts de travail au titre de cet accident de service jusqu'au 18 octobre 2021, entrecoupés de périodes de reprise en 2019 et en 2020. Par une décision prise le 8 décembre 2021, après avoir fait procéder à une expertise médicale dont le rapport a été rendu le 14 septembre 2021, la ministre des armées a fixé au 19 août 2021 la date de consolidation des lésions résultant de l'accident de service du 3 juillet 2014 avec un taux d'IPP de 0 %. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision, ensemble l'avis du médecin expert du 14 septembre 2021, ainsi que la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 4 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime résulter de l'illégalité fautive de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis du médecin expert agréé du 14 septembre 2021 :
2. Les avis médicaux constituent des actes préparatoires aux décisions appartenant à l'autorité investie du pouvoir de nomination et ne peuvent être regardés comme des décisions faisant grief susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'avis du médecin expert agréé du
14 septembre 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 décembre 2021 :
3. En premier lieu, la décision contestée, par laquelle la ministre de la défense a fixé la date de consolidation de l'état de santé de M. A résultant de son accident de service du 3 juillet 2014 ainsi que le taux d'IPP en résultant ne relève d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est inopérant et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. ".
5. Il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que, par un courrier daté du 26 octobre 2021, M. A a présenté ses observations sur les conclusions rendues le 14 septembre 2021 par le médecin expert agréé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
6. En troisième lieu, pour prendre la décision attaquée, la ministre des armées s'est fondée sur le rapport du 14 septembre 2021 du médecin expert agréé, spécialiste en rhumatologie, qui a fixé la date de consolidation des lésions résultant de l'accident de service de M. A au 19 août 2019 avec un taux d'IPP à 0 %, en se fondant sur les résultats de l'IRM réalisée à cette date par l'intéressé dont il ressort, d'après le médecin expert, que les problèmes de lombalgie du requérant à compter de cette date résultent d'un état antérieur préexistant sur le siège des lésions correspondant à un taux d'IPP de 10 % évoluant pour son propre compte, sans rapport avec l'accident de service. Pour critiquer cette décision, le requérant produit un certificat médical établi le 11 octobre 2021 par son médecin généraliste qui indique, sans plus de précision, qu'il n'y a " pas eu de consolidation ni de fin de soins le 19 août 2019 ". Cette pièce n'est pas, à elle seule, de nature à remettre en cause les conclusions du médecin expert rhumatologue agréé. De la même façon, la circonstance que le médecin du travail a préconisé, par un avis du 21 octobre 2021, l'aménagement du poste de travail de M. A pour lui éviter le port de charges lourdes et la réalisation de certains mouvements n'est pas de nature à remettre en cause les conclusions du médecin expert agréé, qui mentionnent que les problèmes de lombalgies de M. A après le 19 aout 2019 résultent d'un état de santé préexistant sur le siège des lésions et sont sans lien avec l'accident de service de 2014. Si le requérant se prévaut en outre d'être un agent particulièrement apprécié qui s'est toujours acquitté avec soin des missions qui lui ont été confiées, cette considération, qui n'est pas remise en cause par l'administration, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
7. En dernier lieu, si le requérant soutient que la décision est entachée d'une " violation de la loi " il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte que ce moyen ne peut être qu'écarté.
8. Il résulte de toute ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 décembre 2021.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions indemnitaires de M. A ne peuvent être que rejetées en l'absence d'illégalité fautive de la décision attaquée.
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés dans l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, et au ministre des armées et des anciens combattants.
Copie en sera adressé au Musée de l'air et de l'espace.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
La rapporteure,
S. Van Maele
La présidente,
J. Jimenez La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026