mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2202173 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HERVIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, M. F B, représenté par Me Hervieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai de deux mois sous la même astreinte et de lui délivrer, pendant la durée de cet examen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen personnel ;
- elle méconnaît le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guiral,
- et les observations de Me Hervieux, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 6 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 9 mars 1994 à Ain El Hammam, est entré le 8 septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant. Le 31 novembre 2020, il a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence. Par l'arrêté attaqué du 13 janvier 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020-2175 du 2 octobre 2020, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 5 octobre 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à certains collaborateurs de Mme E A, directrice des migrations et de l'intégration, notamment à Mme D C, attachée d'administration, signataire du refus de titre de séjour litigieux, chargée des refus de séjour et des interventions, à l'effet de signer l'ensemble des décisions de refus de séjour et d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce les motifs de fait et de droit sur lesquels le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B en qualité d'étudiant. Cette motivation, qui fait état des éléments de fait propres à la situation du requérant, révèle que l'autorité administrative a procédé à un examen particulier de sa situation. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de cette décision et du défaut d'examen doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " / () ". Il appartient au préfet, saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le fondement de ces stipulations, d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies, en tenant compte, notamment, de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est titulaire d'un diplôme en musicologie obtenu en Algérie, s'est inscrit au titre de l'année 2019/2020 en troisième année de licence " musicologie " à la Sorbonne Université et n'a pas validé cette année. Si le requérant s'est ensuite engagé, au titre de l'année 2020/2021, en première année de BTS " Management commercial opérationnel ", ce changement de cursus ne s'inscrit pas dans le prolongement de ses études initiales et n'apparaît pas cohérent avec son parcours universitaire. L'intéressé, qui se borne à se prévaloir de la crise sanitaire, n'apporte au demeurant aucun élément de nature à expliquer cette réorientation menant à un diplôme relevant du niveau 5 dans le répertoire national de la certification professionnelle, c'est-à-dire un niveau " bac + 2 ", inférieur au niveau 6, " bac + 3 " dont relèvent les licences. Dès lors, eu égard à l'incohérence du changement d'orientation et à l'absence de progression dans les études poursuivies par le requérant, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas fait une inexacte application des stipulations citées au point précédent en refusant de renouveler le titre de séjour sollicité.
6. En dernier lieu, célibataire et sans charge de famille, M. B est entré pour la première fois en France à l'âge de vingt-trois ans. Outre l'absence du caractère sérieux des études qu'il poursuit, le requérant, qui ne se prévaut d'aucune attache familiale en France, ne justifie pas avoir noué sur les territoires des liens privés particulièrement intenses. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en rejetant sa demande de titre de séjour.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 2.
9. En deuxième lieu, le requérant, qui est célibataire et sans charge de famille, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de vingt-trois ans. Dès lors, et nonobstant l'expérience professionnelle dont il se prévaut en qualité d'employé commercial, l'obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les motifs qui viennent d'être énoncés, cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
11. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2021 du préfet de la Seine-Saint-Denis. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, à Me Hervieux et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gauchard, président,
- Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
- M. Guiral, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. Guiral
Le président,
L. Gauchard La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026