mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2202363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | TOURNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête complétée de pièces, enregistrées les 11 et 15 février et le 21 mars 2022, M. C A, représenté par Me Tournan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'annuler la décision l'obligeant à quitter le territoire français et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
la décision de refus de renouvellement de titre de séjour est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'aucun texte n'interdit l'exercice d'une activité artisanale sous statut " étudiant ", alors qu'une demande de changement pour un statut " entrepreneur / profession libérale " requiert que l'activité soit créée conformément à l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il n'exerçait plus d'activité commerciale au moment du dépôt de sa demande de titre de séjour ;
elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il n'a bénéficié que de faibles revenus de son activité artisanale, alors qu'il a débuté, au cours de l'instruction de sa demande de titre, un contrat de professionnalisation ;
elle est entachée d'un défaut d'examen quant à la nature du titre de séjour sollicité.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens qu'elle comporte ne sont pas fondés.
Une ordonnance du 11 mai 2022 a fixé la clôture d'instruction au 13 juin 2022.
Le requérant a présenté des pièces le 29 août 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,
les observations de Me Tournan, avocate, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 1990, a sollicité, le 16 avril 2021, une carte de séjour temporaire mention " entrepreneur / profession libérale ". Par courrier du 13 décembre 2021 à l'attention du préfet de la Seine-Saint-Denis en vue de son rendez-vous du même jour au guichet de la préfecture, il s'est rétracté de sa demande de changement de statut et il a demandé le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Une confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de son titre de séjour venant à expiration le 19 décembre 2021 a été émise le 18 décembre 2021 à la suite d'une démarche en ligne. Par arrêté du 26 janvier 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné. Le requérant demande au tribunal l'annulation de ces décisions préfectorales.
2. Le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste quant à la nature du titre de séjour qu'il a sollicité. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, si M. A a déposé initialement, le 16 avril 2021, une demande de changement de statut en qualité d'" entrepreneur - profession libérale ", il a par la suite sollicité, le 4 novembre 2021, un rendez-vous à la préfecture de la Seine-Saint-Denis et il s'y est ainsi présenté le 13 décembre 2021 pour renoncer expressément à cette demande de changement de statut, ainsi qu'en atteste sa lettre du même jour adressée au préfet, obtenant en outre une confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour le 18 décembre suivant. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a conclu un contrat de professionnalisation, le 24 septembre 2021, avec la société dénommée " Résonance " pour suivre, en alternance, la formation " chargé d'affaires BTP " du 27 septembre 2021 au 31 août 2022. Enfin, il ressort de la décision attaquée du 26 janvier 2022 que le préfet de la Seine-Saint-Denis a uniquement examiné une demande de changement de statut en qualité " [d'] entrepreneur - profession libérale " déposée le 16 avril 2021 et qu'il n'a ainsi pas examiné la nouvelle demande de titre de M. A intervenue en cours d'instruction et portée à sa connaissance le 13 décembre 2021. Dès lors, le préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas examiné la demande de titre de séjour " étudiant " a commis une erreur quant à la demande de titre de séjour dont il était saisi.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision du 26 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, les décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination.
4. Le présent jugement implique uniquement qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer la situation de M. A, dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dès lors que cette instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions du requérant présentées sur ce fondement doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 janvier 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le rapporteur,Le président,SignéSignéG. DoyelleC. Tukov La greffière,SignéM. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026