jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2202777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MENARD |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 17 février et 15 juin 2022 sous le n° 2202777, la SCCV du 14 juillet, représentée par Me Menard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de réaliser un immeuble d'habitation de 52 logements collectifs sur des terrains situés aux 39-41 avenue du 14 juillet, ensemble la décision du 23 janvier 2022 portant rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois de lui délivrer, en application des dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, un certificat de permis de construire tacite dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- faute de notification d'une décision expresse portant refus de permis de construire dans le délai d'instruction de trois mois qui expirait le 21 septembre 2021, elle était bénéficiaire, à compter de cette date, d'un permis de construire tacite, de sorte que l'arrêté attaqué constitue une décision de retrait de ce permis de construire tacite ;
- l'arrêté attaqué, qui retire un acte créateur de droits, ne comporte aucun motif de retrait et n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire, de sorte qu'il est entaché d'un défaut de motivation et d'un vice de procédure ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 11/2.3 du plan local d'urbanisme (PLU) relatives à l'insertion des façades vis-à-vis de l'unité architecturale et urbaine globale de leur environnement bâti, d'une part, est entaché d'une erreur de droit, dès lors que ces dispositions sont applicables aux façades et que le maire lui a opposé un motif de refus tiré de ce que la hauteur de la construction projetée est incompatible avec son environnement bâti, et, d'autre part, est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que le projet, de type R+3+combles, ne porte pas une atteinte excessive à l'unité architecturale et urbaine globale de son environnement bâti, qui comporte des constructions du même type et, pour plusieurs d'entre elles, d'une hauteur supérieure ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 13/3.5 du règlement du PLU est entaché d'illégalité, dès lors, d'une part, que le projet comprend 411 m² d'espaces résiduels en pleine terre sur lesquels seront implantés cinq arbres de haute tige, de sorte que la règle imposant un arbre de haute tige par tranche de 100 m² est respectée, d'autre part, que les espaces verts accueilleront un total de cent arbres et arbustes, et, enfin, que si l'espace résiduel sur dalle projeté ne comporte pas une épaisseur de 0,60 mètres de terre, le projet aurait dû faire l'objet d'une prescription spéciale sur ce point.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la commune d'Aulnay-sous-Bois, représentée par Me Moghrani, conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCCV du 14 juillet une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée a été implicitement mais nécessairement rapportée et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un avis a été envoyé aux parties le 17 mai 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du second semestre 2022 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 20 juin 2022.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 12 septembre 2022.
II. Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 17 février et le 15 juin 2022 sous le n° 2202780, la SCCV du 14 juillet, représentée par Me Menard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a retiré l'arrêté de permis de construire tacite du 21 septembre 2021 en vue de réaliser un immeuble d'habitation de 52 logements collectifs sur des terrains situés aux 39-41 avenue du 14 juillet ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois de lui délivrer, en application des dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, un certificat de permis de construire tacite dans un délai de dix jours et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aulnay-sous-Bois une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté attaqué, qui retire le permis de construire tacite du 21 septembre 2021, est sans objet, dans la mesure où ce dernier avait déjà été retiré par l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire, notifié le 24 septembre 2021 ;
- la décision de retrait attaquée est tardive et méconnait les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, dès lors qu'elle aurait dû être notifiée avant le 21 décembre 2021, qu'elle n'a été notifiée que le 5 janvier 2022, et, qu'en tout état de cause, elle n'a été transmise au contrôle de légalité du préfet que le 24 décembre 2022 ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 11/2.3 du règlement du PLU relatives à l'insertion des façades vis-à-vis de l'unité architecturale et urbaine globale de leur environnement bâti, d'une part, est entaché d'une erreur de droit, dès lors que ces dispositions sont applicables aux façades et que le maire lui a opposé un motif de refus tiré de ce que la hauteur de la construction projetée est incompatible avec son environnement bâti, et, d'autre part, est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que le projet, de type R+3+combles, ne porte pas une atteinte excessive à l'unité architecturale et urbaine globale de son environnement bâti, qui comporte des constructions du même type et, pour plusieurs d'entre elles, d'une hauteur supérieure ;
- le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 13/3.5 du PLU est entaché d'illégalité, dès lors, d'une part, que le projet comprend 411 m² d'espaces résiduels en pleine terre sur lesquels seront implantés cinq arbres de haute tige, de sorte que la règle imposant un arbre de haute tige par tranche de 100 m² est respectée, d'autre part, que les espaces verts accueilleront un total de cent arbres et arbustes, et, enfin, que si l'espace résiduel sur dalle projeté ne comporte pas une épaisseur de 0,60 mètres de terre, le projet aurait dû faire l'objet d'une prescription spéciale sur ce point, et, dès lors que cette prescription aurait dû être édictée et qu'aucune observation n'a été formulée par la commune s'agissant de la méconnaissance de l'article UD 13/3.5 du règlement du PLU dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, le maire est réputé, en tout état de cause, avoir renoncé à se prévaloir de la méconnaissance de l'article UD 13/3.5.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la commune d'Aulnay-sous-Bois, représentée par Me Moghrani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la SCCV du 14 juillet une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un avis a été envoyé aux parties le 17 mai 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les informant que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du second semestre 2022 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 20 juin 2022.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 22 juillet 2022.
Vu :
- les arrêtés attaqués ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure ;
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public ;
- les observations de Me Ménard, représentant la SCCV du 14 juillet, et de Me Moghrani, représentant la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 septembre 2021, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a refusé de délivrer un permis de construire à la SCCV du 14 juillet en vue de réaliser un immeuble d'habitation de 52 logements collectifs sur des terrains situés aux 39-41 avenue du 14 juillet. Par un arrêté du 17 décembre 2021, le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a retiré le permis de construire tacitement accordé à la SCCV du 14 juillet le 21 septembre 2021. Par les présentes requêtes, la SCCV du 14 juillet demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés, ensemble la décision du 23 janvier 2022 portant rejet implicite de son recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 20 septembre 2021.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2202777 et n° 2202780, présentées par la SCCV du 14 juillet, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le non-lieu à statuer opposé dans l'instance n° 2202777 :
3. Le recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif et si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente en cours d'instance et que le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif, faute d'être contesté dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait plus lieu pour le juge de statuer sur les conclusions dont il était saisi.
4. La commune d'Aulnay-sous-Bois soutient que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire sont devenues sans objet, dans la mesure où, postérieurement à la notification de cette décision, le 24 septembre 2021, le maire a, par un arrêté du 17 décembre 2021, retiré le permis de construire tacite du 21 septembre 2021 et que l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire a, lui aussi, été implicitement mais nécessairement retiré. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes des correspondances relatives à la procédure contradictoire préalable initiée par la commune ainsi que des termes mêmes de l'arrêté du 17 décembre 2021, que ce dernier tendait uniquement au retrait du permis de construire tacite du 21 septembre 2021. Enfin, à supposer même que cet arrêté ait entendu procéder implicitement au retrait de l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire, il n'est, en tout état de cause, pas devenu définitif. Par suite, la commune d'Aulnay-sous-Bois n'est pas fondée à soutenir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2202777.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2021 :
En ce qui concerne la qualification de l'arrêté attaqué :
5. Aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". Aux termes de l'article R. 423-19 de ce code: " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Aux termes de l'article R. 423-23 de ce même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / b) Permis de construire () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la SCCV du 14 juillet a déposé sa demande de permis de construire auprès des services de la commune d'Aulnay-sous-Bois le 26 février 2021, et que cette demande a été complétée le 21 juin 2021. Il est constant que l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire a été notifié à la pétitionnaire le 24 septembre 2021, postérieurement à l'expiration, le 21 septembre 2021, du délai d'instruction de trois mois institué par les dispositions de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme précitées. La requérante était donc bénéficiaire, dès le 21 septembre 2021, d'un permis de construire tacite. Par suite, l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire, notifié le 24 septembre 2021, valait implicitement mais nécessairement retrait du permis de construire tacite délivré le 21 septembre 2021.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté attaqué :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ". Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 4° Retirent () une décision créatrice de droits () ".
8. La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde.
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que la décision attaquée doit être regardée comme une décision de retrait d'un permis de construire et que, d'une part, contrairement à ce que soutient la commune en défense, elle n'a été précédée d'aucune procédure contradictoire, dans la mesure où la procédure contradictoire initiée par la commune le 6 octobre 2021 était postérieure à son édiction, le 20 septembre 2021, et s'inscrivait dans le cadre de la procédure de retrait du permis de construire tacite du 21 septembre 2021. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière.
10. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Aucun autre moyen n'est susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation de la décision attaquée.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Aulnay-sous-Bois a rejeté sa demande de permis de construire, ensemble la décision du 23 janvier 2022 portant rejet implicite de son recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2021 :
12. En premier lieu, M. D C, directeur général des services et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de fonction et de signature du maire d'Aulnay-sous-Bois, à l'effet de signer, notamment, les autorisations d'urbanisme, par arrêté du 25 juin 2020, dont il est constant qu'il a été transmis au contrôle de légalité le 3 juillet 2020, ainsi que le mentionne l'encart " SLO ", trigramme d'identification d'un dispositif homologué de télétransmission entre la préfecture et les collectivités locales, et affiché le 6 juillet 2020.
13. En deuxième lieu, si, comme il a été dit au point 6, l'arrêté du 20 septembre 2021 portant refus de permis de construire notifié le 24 septembre 2021 valait implicitement mais nécessairement retrait du permis de construire tacite délivré le 21 septembre 2021, le présent jugement annule cet arrêté. Par suite, par l'effet de cette annulation, l'arrêté du 17 décembre 2021 attaqué doit être regardé, non comme une seconde décision de retrait du permis de construire tacite délivré le 21 septembre 2021, mais comme un premier retrait de cette autorisation. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige est dépourvu d'objet.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission () ". Parmi les actes mentionnés par l'article L. 2131-2 de ce code figure, au 6° : " Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire ".
15. Il résulte des dispositions précitées qu'en matière de permis de construire, l'exercice par le représentant de l'Etat du contrôle de légalité s'étend à l'ensemble des décisions individuelles prises par le maire et susceptibles de faire grief, parmi lesquelles figurent les décisions de retrait de permis de construire. Si l'arrêté attaqué devait, en application de ces dispositions, être transmis au contrôle de légalité du préfet, et s'il est constant que cette transmission n'a pas été effectuée, cette circonstance demeure toutefois sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré du défaut de transmission de l'arrêté attaqué au contrôle de légalité du préfet de la Seine-Saint-Denis doit être écarté.
16. En quatrième lieu, d'une part, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. En outre, pour l'application des dispositions du code de l'urbanisme ou du plan local d'urbanisme qui prévoient expressément la possibilité pour l'administration de n'accepter le projet que sous réserve de prescriptions spéciales, un permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales.
17. D'autre part, aux termes de l'article UD 13/3.5 du PLU : " Les espaces résiduels en pleine terre seront obligatoirement plantés d'arbres de grand développement à l'état adulte à raison d'au moins un sujet par tranche de 100 m². / Les espaces résiduels sur dalle seront plantés d'arbrisseaux ou d'arbustes à raison d'un sujet pour 10 m² (). / Les espaces résiduels sur dalle auront une couverture minimum de 0,60 mètres de terre ".
18. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le maire, pour refuser l'autorisation d'urbanisme sollicitée a opposé la méconnaissance des dispositions précitées du PLU, dès lors, d'une part, que le nombre d'arbustes projeté n'était pas au moins égal à un sujet par tranche de 10 m², et, d'autre part, que l'espace résiduel sur dalle comportait une épaisseur de terre de seulement 19 centimètres. Eu égard à ce qui a été dit au point 16, la requérante, qui ne conteste pas que le projet méconnait les dispositions du PLU sur ces deux points, ne peut utilement invoquer la possibilité qu'avait l'administration d'accepter le projet sous réserve de prescriptions spéciales. Par suite, le maire d'Aulnay-sous-Bois n'a pas entaché son arrêté d'illégalité en refusant de délivrer à la SCCV du 14 juillet le permis de construire sollicité au motif d'une méconnaissance des dispositions précitées de l'article UD 13/3.5 du PLU relatives à la densité végétale.
19. Enfin, si la requérante soutient que le motif tiré de la méconnaissance de l'article UD 11/2.3 du règlement du PLU est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que le maire d'Aulnay-sous-Bois aurait pris la même décision de retrait en se fondant sur le seul motif tiré de ce que le projet méconnait les dispositions de l'article UD 13/3.5 du règlement du PLU relatives à la densité végétale. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre le motif selon lequel le projet méconnait les dispositions de l'article UD 11/2.3 du règlement du PLU sont inopérants.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la SCCV du 14 juillet à fin d'annulation de l'arrêté 17 décembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
21. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit () ".
22. Si le présent jugement annule l'arrêté notifié le 24 septembre 2021 retirant implicitement le permis acquis tacitement le 21 septembre 2021, il rejette également les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2021, lequel, comme il a été dit au point 13, retire le permis de construire tacite délivré le 21 septembre 2021. Il en résulte que la SCCV Villa du 14 juillet ne bénéficie d'aucun permis de construire tacite. Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune d'Aulnay-sous-Bois de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite dans un délai de dix jours et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SCCV du 14 juillet et par la commune d'Aulnay-sous-Bois sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 20 septembre 2021 et la décision du 23 janvier 2022 portant rejet implicite du recours gracieux dirigé contre cet arrêté sont annulés.
Article 2 : La requête n° 2202780 de la SCCV du 14 juillet est rejetée.
Article 3 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cadre des requêtes n° 2202777 et n° 2202780 sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2202777 et n° 2202780 est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCCV du 14 juillet et à la commune d'Aulnay-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Katia Weidenfeld, présidente,
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,La présidente,M. BK. WeidenfeldLa greffière,M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2202777
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026