lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2202784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAINT GEORGES CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 février 2022, M. C A, représenté par Me Gruwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est illégal en l'absence d'examen particulier de sa demande par le préfet, celui-ci n'ayant pas pris en considération sa demande de changement de statut en qualité de salarié ;
- en s'abstenant d'accorder un délai au requérant afin
qu'il puisse compléter sa demande de titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a méconnu les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations
entre le public et l'administration ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen entré en France le 16 septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant et qui y réside régulièrement sous couvert d'un titre de séjour étudiant, a sollicité le 16 août 2021, selon ses déclarations, un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 4 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa mesure d'éloignement.
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.
3. M. A, titulaire de titres de séjour en qualité d'étudiant délivrés depuis son entrée en France en 2017, soutient avoir modifié sa demande formulée le 16 août 2021 et avoir sollicité un changement de statut afin de se voir délivrer un titre de séjour en qualité de salarié. Toutefois, si le requérant, qui avait produit au préfet une inscription universitaire au titre de l'année 2021-2022, justifie qu'une " demande d'autorisation de travail accessoire à son cursus universitaire " a été déposée en sa faveur le 26 janvier 2022, quelques jours avant l'édiction de l'arrêté attaqué, il ressort des pièces du dossier que ce n'est que le 11 février 2022, soit postérieurement à l'édiction de la décision attaquée, que sa demande d'autorisation de travail pour un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet en qualité d'employé commercial polyvalent a été régulièrement effectuée. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas avoir sollicité un changement de statut, sur lequel le préfet aurait omis de se prononcer, avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Par suite, le préfet a pu, sans entacher sa décision d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa demande, se prononcer uniquement sur la demande de renouvellement du titre de séjour étudiant dont il était saisi. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet et du défaut de motivation doivent être écartés. Le requérant ne peut davantage utilement soutenir que le préfet a méconnu les dispositions de l'article L.114-5 du code des relations entre le public et l'administration en s'abstenant de lui accorder un délai afin qu'il puisse compléter sa demande de titre de séjour et déposer une demande de changement de statut, dès lors que n'était pas en cause une pièce manquante.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance./ 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Le requérant, célibataire, sans charge de famille, titulaire de titres de séjour en qualité d'étudiant délivrés depuis son entrée en France en 2017, se prévaut de son intégration professionnelle étant titulaire d'un contrat à durée indéterminée en qualité d'employé polyvalent au sein de la même entreprise depuis 2019, ainsi que des relations privées nouées depuis cette date. Toutefois, si le requérant justifie d'une expérience professionnelle, celle-ci n'est pas telle que la décision puisse être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts visés par la décision attaquée. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 4 février 2022. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. B
La présidente,
Signé
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
Signé
P. Demol
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026