mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2203222 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DE FROMENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 février, 4 août et 17 octobre 2022, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 août 2021 par laquelle le maire de Bondy a retiré sa décision de le recruter par la voie du détachement, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux formé le 27 octobre 2021 contre cette décision ;
2°) de condamner la commune de Bondy à lui verser la somme totale de 20 000 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bondy la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ; la commune de Bondy ne saurait se prévaloir d'une situation d'urgence pour justifier l'absence de motivation ; elle ne saurait davantage se prévaloir d'une motivation orale ;
- elle a été prise en l'absence du respect d'une procédure contradictoire préalable ; l'entretien téléphonique du 25 juillet 2021 ne saurait être regardé comme un débat contradictoire ;
- elle ne pouvait pas être retirée sans méconnaître le principe de sécurité juridique ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure dès lors qu'elle avait pour objet de prévenir de futures difficultés politiques et managériales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- ses conclusions indemnitaires sont recevables dès lors qu'il a présenté, en cours d'instance, une demande indemnitaire préalable auprès de la commune de Bondy ;
- l'illégalité fautive de la décision du 25 août 2021 lui a causé un préjudice de carrière évalué à la somme de 10 000 euros dès lors qu'elle l'a privé d'occuper le poste pour lequel il a été recruté ;
- elle lui a également causé un préjudice moral à hauteur de 10 000 euros dès lors qu'elle a porté atteinte à sa probité et à sa dignité professionnelle qui a eu pour effet d'altérer son état de santé ;
- la commune ne saurait lui reprocher de ne pas l'avoir informé de l'ouverture d'une enquête par le parquet dès lors qu'il n'avait pas été informé de la procédure préliminaire ; c'est seulement le 21 juin 2021 que les services judiciaires en charge de l'enquête préliminaire l'ont contacté ; il ne peut lui être reproché la dissimulation d'information pour obtenir frauduleusement un poste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2022, la commune de Bondy, représentée par Me de Froment, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires présentées par M. A sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le montant de l'indemnisation demandée par M. A doit être réduite à de plus justes proportions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Chevreul, substituant Me de Froment, représentant la commune de Bondy.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la parution de l'offre d'emploi pour le poste de directeur du pôle de la tranquillité publique de la commune de Bondy, M. B A, capitaine de police, a présenté sa candidature. Après deux entretiens, M. A a été informé, que sa candidature était retenue et une simulation salariale lui a été adressée. M. A a accepté le poste et les conditions salariales afférentes. Par courrier du 14 juin 2021, la commune confirmait à M. A que sa candidature au poste de directeur de la tranquillité publique était retenue. Le même jour, le maire de la commune de Bondy a transmis au ministère de l'intérieur, administration d'origine de M. A, son intention de le recruter par la voie du détachement. Le 21 juin 2021, M. A a sollicité son détachement auprès de son administration. Par un courrier du 25 août 2021, le maire de Bondy a informé M. A de l'annulation de son recrutement. Le 25 octobre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cette décision qui, au terme d'un délai de deux mois, a fait l'objet d'un rejet implicite. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'une part, d'annuler la décision du 25 août 2021 ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux et d'autre part, de condamner la commune de Bondy à lui verser la somme totale de 20 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Hormis les cas où le détachement, la mise en disponibilité et le placement en position hors cadres sont de droit, une administration ne peut s'opposer à la demande de l'un de ses fonctionnaires tendant, avec l'accord du service, de l'administration ou de l'organisme public ou privé d'accueil, à être placé dans l'une de ces positions statutaires ou à être intégré directement dans une autre administration qu'en raison des nécessités du service () Elle peut exiger de lui qu'il respecte un délai maximal de préavis de trois mois. Son silence gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande. ". Il résulte de ces dispositions que le détachement d'un fonctionnaire en dehors de son administration d'origine est subordonnée, d'une part, à l'accord entre le fonctionnaire concerné et la collectivité d'accueil, d'autre part, à l'absence d'opposition de l'administration d'origine, enfin à l'écoulement d'un délai de trois mois entre la décision de la collectivité d'accueil de recruter ce fonctionnaire et la prise de fonctions de celui-ci, à moins que la collectivité d'accueil et l'administration d'origine ne parviennent à un accord sur une date d'effet anticipée.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 14 juin 2021, le maire de la commune de Bondy, collectivité d'accueil, a informé le ministère de l'intérieur, administration d'origine de M. A, de son intention de le recruter par la voie du détachement dans les meilleurs délais. Par une lettre du 25 août 2021, le maire de la commune de Bondy a informé M. A qu'il " annulait " son recrutement ainsi que sa demande de détachement. Pour justifier cette décision de retrait de la décision de recrutement du 14 juin 2021, la commune de Bondy fait valoir que
M. A ne l'a pas informée de l'ouverture à son encontre d'une enquête par le parquet alors qu'il en avait connaissance et que, ce faisant, il a dissimulé, à dessein cette information. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation à un fonctionnaire d'informer la collectivité publique auprès de laquelle il postule dans le cadre d'une procédure de détachement de l'existence d'une enquête pénale le mettant en cause. Dans ces conditions, la commune de Bondy n'établissant pas que sa décision de recruter M. A, qui est une décision créatrice de droits, était entachée d'illégalité, elle ne pouvait légalement procéder à son retrait.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 25 août 2021 retirant la décision du 14 juin 2021 de le recruter par la voie du détachement.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
6. En premier lieu aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. /Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
7. Si la commune de Bondy soutient que les conclusions indemnitaires de M. A sont irrecevables faute d'avoir présenté une réclamation préalable, il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressé a présenté une demande indemnitaire préalable, reçue par les services de la commune le 1er août 2022, soit en cours d'instance. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Bondy ne peut être accueillie.
En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Bondy :
8. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la responsabilité de la commune de Bondy est engagée en raison de l'illégalité fautive de la décision du 25 août 2021 portant retrait de la décision de recruter M. A.
En ce qui concerne le droit à réparation de M. A :
9. En premier lieu, en se bornant à soutenir que l'illégalité de la décision retirant la décision de le recruter sur le poste de directeur du pôle de la tranquillité publique a été à l'origine d'un préjudice de carrière en raison d'une " stagnation " en matière de promotion et de mobilité, M. A n'établit pas la réalité du préjudice qu'il invoque.
10. En second lieu, il y a lieu d'évaluer le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence subis par M. A en raison de l'intervention de la décision de retrait de son recrutement une semaine avant sa prise de poste, en lui allouant à ce titre la somme de 500 euros. Si, afin d'atténuer sa responsabilité, la commune de Bondy soutient que M. A a commis une faute en s'abstenant de l'informer des poursuites judiciaires dont il faisait l'objet, toutefois, ainsi qu'il a été dit, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation à un fonctionnaire d'informer la collectivité publique auprès de laquelle il postule dans le cadre d'une procédure de détachement de l'existence d'une enquête pénale le mettant en cause.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Bondy doit être condamnée à verser la somme de 500 euros à M. A en réparation de ses préjudices.
Sur les frais liés au litige :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bondy la somme que réclame M. A, dont le recours n'a pas été introduit par un avocat et qui ne justifie pas des frais qu'il aurait engagés, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par la commune de Bondy soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 août 2021 par laquelle le maire de Bondy a retiré la décision du 14 juin 2021 de recrutement de M. A est annulée.
Article 2 : La commune de Bondy versera la somme de 500 euros à M. A en réparation de ses préjudices.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Bondy sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Bondy.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Deniel, présidente,
Mme Therby-Vale, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
B. BiscarelLa présidente,
C. DenielLa greffière,
A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026