lundi 23 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2203492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 3 mars 2022 et le 24 juin 2022, M. D B, représenté par Me de Seze, avocat, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 2 février 2022 par laquelle le directeur de l'unité territoriale de Bobigny de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de le faire bénéficier de ces conditions, à compter de leur cessation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me de Seze d'une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la décision contestée n'est pas motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas, au préalable, disposé d'un délai de quinze jours pour faire valoir ses observations, qu'en tout état de cause le le courrier informant de l'intention de mettre un terme aux conditions matérielles d'accueil ne permet pas de savoir quel document manquait à son dossier, qu'il n'a pas fait l'objet d'une évaluation de sa vulnérabilité, que la formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité n'est pas démontrée et que le questionnaire fixé par arrêté du 23 octobre 2015 est illégal ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit dès lors que le fait pour l'OFII de ne pas avoir reçu les pièces justificatives relatives à son hébergement stable ne constitue pas un manquement visé par le 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel il peut être mis fin aux conditions matérielles d'accueil, d'autant qu'il soutient avoir déposé les documents relatifs à son hébergement via la boite à lettres prévue à cet effet ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation faute de modulation de la sanction.
Par un mémoire, enregistré le 22 juin 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun de ses moyens n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- les conclusions de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant soudanais a déposé une demande d'asile enregistrée le 28 décembre 2021. Il a, le même jour, accepté les conditions matérielles d'accueil et a été placé en procédure " normale ". Une orientation lui ayant été proposée le même jour au sein du CAES 25 de Besançon, l'intéressé a demandé à être exempté de cette orientation en région en raison de son hébergement stable par son frère en Ile-de-France et l'OFII l'a invité à lui transmettre une attestation sur l'honneur de la personne l'hébergeant accompagnée d'une copie de son titre d'identité, une copie de son contrat de location et un justificatif de domicile. Par un courrier du10 janvier 2022 l'OFII l'a informé de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil et par une décision du 2 février 2022, dont M. B demande l'annulation, l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les informations utiles à l'instruction de sa demande.
Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Par une décision en date du 14 novembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le surplus des conclusions :
3. Aux termes du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait le requérant en sa qualité de demandeur d'asile au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les informations utiles à l'instruction de sa demande. Toutefois, la circonstance, à la supposer avérée, que M. B n'aurait pas répondu à la demande que lui a faite l'OFII le 28 décembre 2021 de lui fournir un certain nombre de justificatifs à l'appui de sa demande d'exemption d'orientation en région, ne constitue pas un refus de l'intéressé de respecter les exigences des autorités chargées de l'asile au sens des dispositions du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles l'OFII s'est fondée pour prendre la décision litigieuse. Par suite, M. B est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur de droit et à en demander l'annulation pour ce motif.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à l'OFII, sous réserve qu'il ne l'ait pas déjà fait, de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B, rétroactivement à compter du 2 février 2022, et ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais de l'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me de Seze, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me de Seze de la somme de 1 000 euros sur le fondement combiné des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 2 février 2022 par laquelle le directeur de l'unité territoriale de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil accordées à M. B est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. B dans les conditions mentionnées au point 5.
Article 4 : L'OFII versera à Me de Seze la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées au point 6.
Article 5 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me de Sèze et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2023.
La présidente-rapporteure,
N. E
L'assesseure la plus ancienne dans
l'ordre du tableau,
M. C
La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026