mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204013 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | VANNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2022, Mme D B, représentée par Me Vannier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer la carte de résident sollicitée dans un délai de quinze jours et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire, d'insuffisance de motivation, et qu'elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu, en l'absence de débat contradictoire préalable, prévu par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle respecte toutes les conditions ;
elle est entachée d'une erreur de droit au regard du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une ordonnance du 7 juin 2022 a fixé la clôture d'instruction au 4 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,
les observations de Me Vannier, avocate, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise, a sollicité la délivrance d'une carte de résident La requérante demande au tribunal l'annulation de la décision préfectorale du 13 janvier 2022 qui a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, par arrêté n° 2022-167 du 24 janvier 2022, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 27 janvier 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à M. C A, attaché d'administration d'État, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
4. En l'espèce, il ressort de la décision attaquée que le préfet de la Seine-Saint-Denis a énoncé les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, la requérante soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis a méconnu son droit d'être entendu en violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il résulte cependant de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que l'article 41 de la charte s'adresse non aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Dès lors, la requérante ne peut soulever utilement le moyen tiré de la méconnaissance de cette stipulation.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" d'une durée de dix ans. () / Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. / La condition de ressources prévue au premier alinéa n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code () ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. " Enfin, aux termes du tableau annexé à ce code en application de l'article 1er de l'arrêté du 30 avril 2021 fixant la liste des pièces justificatives exigées pour la délivrance, hors Nouvelle-Calédonie, des titres de séjour prévus par le livre IV du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les pièces à joindre à une demande de carte de résident au titre de l'article L. 426-17 précité comportent les " justificatifs de vos ressources ou de celles de votre couple si vous êtes mariés (à l'exclusion des prestations sociales ou allocations), qui doivent être suffisantes, stables et régulières sur les 5 dernières années (bulletins de paie, avis d'imposition, attestation de versement de pension, contrat de travail, attestation bancaire, revenus fonciers, etc.) ; () ".
7. La requérante soutient qu'elle remplit toutes les conditions prévues par l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment celle tenant au caractère suffisant, stable et régulier de ses ressources. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a conclu un contrat de travail à durée indéterminée le 1er juillet 2016 pour occuper un emploi de merchandiseur à temps complet, que ce contrat a été suspendu au bénéfice d'un congé de présence parentale non rémunéré, au moins depuis le 1er janvier 2019, en vue d'assurer une présence auprès de sa fille qui souffre d'une maladie grave et qu'elle perçoit, depuis le 1er décembre 2020, l'allocation journalière de présence parentale versée dans la limite de trois cent dix jours pendant une période maximale de trois ans pour un montant de 1 145,73 euros, ainsi qu'un complément pour frais au titre de cette allocation d'un montant de 112,12 euros. Il s'ensuit qu'à supposer que l'allocation qu'elle perçoit qui constitue une ressource publique puisse néanmoins être comptabilisée au titre des ressources visées à l'article L. 426-17, la requérante, qui ne fait valoir aucune ressource propre au sein de son foyer pendant son congé de présence parentale, ne justifie pas de ressources stables, régulières et suffisantes au cours des cinq années précédant sa demande de carte de résident, en tout état de cause pour la période de présence parentale antérieure au versement de l'allocation. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale. " Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
9. La requérante soutient qu'elle doit bénéficier d'une carte de résident valable dix ans pour apporter le soutien nécessaire à sa fille sur le long terme au lieu d'une carte de séjour temporaire qui précarise sa situation administrative. Si, comme il a été dit au point 7, Mme B ne remplit pas les conditions pour bénéficier de la carte de résident sollicitée, il ressort des pièces du dossier qu'elle a été munie d'un titre de séjour correspondant à sa situation. La circonstance qu'une carte de résident ne lui ait pas été délivrée n'est pas de nature à faire regarder la décision préfectorale comme ayant affecté, de manière suffisamment directe et certaine, la situation de l'enfant qui continue à bénéficier des soins médicaux qu'il nécessite, et de la présence régulière sur le territoire français de sa mère. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
10. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 janvier 2022 lui refusant la délivrance d'une carte de résident. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
Le rapporteur,Le président,
Signé
SignéG. DoyelleC. Tukov La greffière,SignéN. Kassime
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026