jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204075 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | POUILHE JEAN-MARIE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés sous le n° 2204075, les 15 mars et 14 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Pouilhe, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 093 046 17 C0005 M03 en date du 17 septembre 2021, par lequel le maire de la commune de Livry-Gargan a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif portant sur l'ajout de deux lucarnes et d'un système de désenfumage sur une construction située au 16 rue de l'Argonne, ensemble le rejet implicite du recours gracieux formé le 15 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Livry-Gargan de lui délivrer le permis de construire modificatif sollicité, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Livry-Gargan la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 17 septembre 2021 est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- le motif de cet arrêté tiré de la méconnaissance de l'article UE 5/5.2 est entaché d'une erreur de droit ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors que les modifications demandées n'ont pas pour effet d'augmenter le volume habitable de la construction ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que les modifications demandées ne sont pas susceptibles de porter atteinte à l'aspect extérieur de la construction.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2022, la commune de Livry-Gargan conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- l'avis envoyé aux parties, en date du 8 août 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, informant les parties que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience de l'année 2023 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 15 septembre 2022 ;
- l'ordonnance du 9 novembre 2022 portant clôture immédiate de l'instruction ;
- les autres pièces du dossier.
II. Par une requête n° 2214036, enregistrée le 14 septembre 2022, M. A C, représenté par Me Pouilhe, demande au Tribunal :
1°) de condamner la commune de Livry-Gargan à lui verser une somme de 9 663,20 euros en réparation du préjudice résultant du refus opposé à sa demande de permis de construire modificatif, assortie des intérêts à taux légal à compter du 16 mai 2022, date de réception de son recours gracieux et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Livry-Gargan la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 17 septembre 2021 est entaché d'illégalité ;
- il a subi un préjudice à hauteur de 9 663,20 euros résultant de l'impossibilité de mettre en location deux appartements compris dans la construction.
La requête a été communiquée à la commune de Livry-Gargan, qui n'a pas produit d'observations.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la demande indemnitaire préalable notifiée à la commune de Livry-Gargan le 16 mai 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de Livry-Gargan approuvé par le conseil municipal le 17 décembre 2015, mis à jour le 6 février 2017 et modifié les 28 février 2017 et 28 mai 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- et les observations de Me Pouilhe, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 juin 2017, le maire de la commune de Livry-Gargan a accordé à M. A C un permis de construire un bâtiment à usage d'habitation d'une surface de plancher de 257 m2 sur un terrain situé sis 16 rue de l'Argonne. Le 30 juin 2021, M. C a déposé une demande de permis de construire modificatif en vue d'ajouter à la construction deux lucarnes et un exutoire de désenfumage. Par un arrêté en date du 17 septembre 2021, la commune de Livry-Gargan a rejeté cette demande. Par les requêtes visées ci-dessus, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2021, ensemble le rejet implicite du recours gracieux formé le 15 novembre 2021, et la condamnation de la commune à lui verser une indemnité de 9 663,20 euros en réparation du préjudice subi du fait de ce refus.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées ont été introduites par un même requérant, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du même code : " () Si la décision comporte rejet de la demande () elle doit être motivée () " et aux termes de l'article A. 424-4 du même code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".
4. L'arrêté du 17 septembre 2021 cite l'article UE 5/5.2 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Livry-Gargan relatif à la limitation du gabarit des constructions à R+1+C soit 2 niveaux et un couronnement. Il indique que le projet modifie le volume habitable et l'aspect extérieur des combles qui, ainsi modifiés, sont considérés comme un étage et que le gabarit de la construction s'établit, par suite, à R+2. Il en déduit que le projet ne respecte pas les dispositions de l'article UE 5/5.2 du plan local d'urbanisme. Par suite, et sans que le requérant ne puisse utilement invoquer l'absence de mention de la définition du couronnement, l'arrêté du 17 septembre 2021 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article UE.5/5.2 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Livry-Gargan attaquée : " Sauf prescription graphique particulière reportée au zonage, imposant un gabarit moins ou plus important, les constructions seront limitées à : R+1+C soit deux niveaux et un couronnement () ". Il ressort de ce même article que le couronnement correspond à l'espace situé entre le haut de la façade et le plafond de la construction et s'applique à des combles ou à un attique. Le lexique intégré à ce plan local d'urbanisme (PLU) précise : " Les combles sont le volume compris entre le plancher haut et la toiture d'un bâtiment. Lorsque la hauteur permet la construction avec combles, ceux-ci ne comportent qu'un seul niveau de plancher. Les murs droits rejoignant les pans de toit ne doivent pas dépasser 1 m à partir du plancher du dernier niveau ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la hauteur entre le plancher du dernier niveau et les versants du toit est supérieure à 1 mètre, le niveau n'est pas considéré comme des combles mais comme un étage supplémentaire.
6. D'autre part, la circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
7. Il ressort des pièces du dossier que les murs droits rejoignant les pans de toit à partir du plancher du dernier niveau ont une hauteur de 1,40 mètre. Par suite, l'espace situé sous la pente des versants du toit ne peut être qualifié de combles, au sens du plan local d'urbanisme de la commune de Livry-Gargan. Il en résulte que la construction autorisée par l'arrêté du 19 juin 2017 n'est pas conforme aux dispositions précitées de l'article UE 5/5.2 du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, il est constant que la modification projetée, qui ajoute des lucarnes au dernier niveau de la construction et en modifie l'aspect extérieur, ne peut pas être regardée comme étrangère aux dispositions réglementaires méconnues. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la commune de Livry-Gargan a entaché son arrêté d'illégalité en se fondant sur le motif tiré de la méconnaissance de l'article UE 5/5.2 du plan local d'urbanisme pour refuser le permis de construire modificatif sollicité.
8. A supposer même que l'arrêté attaqué soit également fondé sur d'autres motifs matériellement inexacts, il ressort des pièces du dossier que le maire de Livry-Gargan aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que le projet méconnaissait l'article UE 5/5.2 du PLU relatif à la hauteur maximale des constructions. Dès lors, les moyens de la requête dirigés contre les motifs selon lesquels le projet modifierait le volume habitable et l'aspect extérieur de la construction sont inopérants.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2021 par lequel la commune de Livry-Gargan a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Livry-Gargan à l'indemniser des préjudices liés, selon lui, à l'illégalité fautive de l'arrêté du 17 septembre 2021.
Sur les conclusions accessoires :
11. D'une part, le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
12. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Livry-Gargan, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, la somme que M. C demande à ce titre.
DECIDE :
Article 1er : Les requêtes de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Livry-Gargan.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023,
La présidente-rapporteure,
K. Weidenfeld
La première assesseure,
I. Jasmin-SverdlinLa greffière,
M. Groff
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026