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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2204100

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2204100

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2204100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCHORNSTEIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, M. C A, représenté par

Me Schornstein, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation.

- méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision refusant un délai de départ volontaire :

- est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;

- méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 10 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thobaty, premier conseiller,

- et les observations de Me Schornstein, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant égyptien né le 14 avril 1990, a sollicité le 14 septembre 2021 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 9 février 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire de deux ans.

Sur la décision portant refus de séjour :

2. La décision attaquée mentionne les éléments de fait et de droit qui la fondent. Le moyen tiré du défaut de motivation doit par suite être écarté.

3. Il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, pour se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, n'aurait pas tenu compte de l'ensemble des éléments qui lui étaient soumis. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

4. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu, au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement la condition prévue audit article d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans.

5. M. A ne verse, pour tenter de justifier de sa résidence au titre de l'année 2012, qu'une fiche de circulation émanant d'un hôpital, trois ordonnances médicales, et une feuille de soins. Il produit uniquement, d'une part pour l'année 2013, des relevés de livret A, une fiche d'inscription à une séance d'un atelier d'alphabétisation, quatre lettres de la Banque postale, une lettre de l'assurance maladie, ainsi qu'un document intitulé " domiciliation administrative " qui serait valable du 30 août 2013 au 29 août 2014, et d'autre part pour l'année 2014, ce même document, une demande de souscription d'un abonnement téléphonique, un bulletin de situation émanant d'un hôpital, un certificat médical, des ordonnances médicales, une lettre de la banque postale l'informant du solde négatif de son compte courant, un bulletin d'adhésion au service de domiciliation administrative proposée par une association, et un avis de non-imposition établie en 2014 au titre des revenus de l'année 2012. Ainsi, les pièces ainsi produites par le requérant, insuffisamment nombreuses et variées, ne permettent pas d'établir le caractère réel et continu de son séjour en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué du 9 février 2022. Le préfet n'était donc pas tenu de saisir la commission du titre de séjour. Le moyen tiré de l'irrégularité de procédure doit, par suite, être écarté.

6. Si M. A soutient avoir exercé une activité professionnelle dans le domaine du bâtiment depuis 2013, il produit uniquement les bulletins de salaire qui lui ont été délivrés, en qualité de peintre, par la société Azyre au titre des mois de juin 2021 à février 2022, et ne peut à cet égard se borner à soutenir que l'exercice effectif de cette activité professionnelle se déduirait des salaires qui lui auraient été versés, ainsi qu'il résulterait des remises de chèques qui figurent sur ses relevés de compte, dont la provenance n'est au demeurant pas mentionnée. Cette activité professionnelle de peintre, exercée à temps partiel entre juin et décembre 2021 et alors même que son employeur a établi une promesse d'embauche, ne suffit pas à caractériser des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires justifiant l'admission exceptionnelle au séjour de M. A au titre du travail. Si l'intéressé se déclare en concubinage depuis 2019 avec Mme B, et s'il établit qu'un enfant est né de leur union le 8 mai 2020, il n'apporte aucun élément établissant la communauté de vie alors en outre que Mme B est en situation irrégulière. M. A n'apporte aucune précision sur l'intensité des liens personnels qu'il aurait tissés sur le territoire français, et n'établit donc pas que son admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'en rejetant sa demande de titre de séjour, le préfet de la

Seine-Saint-Denis aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'application des dispositions citées au point 4.

7. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le préfet de la

Seine-Saint-Denis n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. La décision attaquée n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions, dont le bénéfice n'avait, en tout état de cause, pas été invoqué par M. A à l'appui de sa demande, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Dès lors que la décision portant refus de titre de séjour, qui mentionne les éléments de fait et de droit qui la fondent, est suffisamment motivée et que la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée sur son fondement n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.

9. Il ne ressort d'aucune disposition que la commission du titre de séjour instituée à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devrait être consultée pour avis préalablement au prononcé d'une obligation de quitter le territoire français. Le préfet n'était donc pas tenu de saisir cette commission du titre de séjour avant de prendre la décision en litige. Le moyen tiré de l'irrégularité de procédure doit, par suite, être écarté.

10. Il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, pour obliger l'intéressé à quitter le territoire français, n'aurait pas tenu compte de l'ensemble des éléments qui lui étaient soumis. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

11. Indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour sur le territoire français. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

12. M. A ne peut prétendre, ainsi qu'il a été dit au point 7, à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en vertu de l'article L. 423-23, et n'est, par suite, pas fondé à soutenir que le préfet ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français pour ce motif.

13. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes raisons que celles exposées au point 7.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

14. Le moyen tiré de ce que le refus d'accorder un délai de départ volontaire est entaché d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les raisons exposées à l'occasion de l'examen de cette décision.

15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

16. La décision attaquée vise les dispositions citées au point précédent et retient que le risque que M. A se soustraie à l'obligation de quitter le territoire, prononcée à son encontre, est caractérisée dès lors que l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en date du 10 mai 2019 et qu'il n'a pas exécutée. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen ne peuvent ainsi qu'être écartés.

17. Si M. A conteste non seulement l'existence de la mesure d'éloignement du 10 mai 2019 à laquelle le préfet, par la décision attaquée, lui reproche de s'être soustrait, mais aussi la régularité de sa notification, ces allégations sont contredites par le recours qu'il a

lui-même formé contre cette mesure, rejeté par un jugement n° 1905030 du 10 octobre 2019 rendu par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montreuil. Le moyen tiré dans cette mesure de la méconnaissance des dispositions citées au point 15 doit ainsi être écarté.

18. M. A, qui s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, rentre dans le champ d'application du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les seules allégations relatives à l'ancienneté de séjour et à sa situation familiale et professionnelle ne suffisent pas, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, à caractériser des circonstances particulières justifiant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a ainsi pu, sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser de lui accorder un tel délai.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. Le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté pour les raisons exposées à l'occasion de l'examen de cette décision.

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

21. Lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où l'étranger fait état de circonstances humanitaires qui y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

22. La décision attaquée vise expressément les dispositions citées au point 20 et indique que, pour leur application, l'examen d'ensemble de la situation de l'intéressé a été effectué. Eu égard à ces mentions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée ni qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation.

23. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à invoquer par la voie de l'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision lui interdisant le retour.

21. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point 20, ou qu'il aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés, en prononçant à son encontre une interdiction de retour de deux ans.

24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées, ainsi consécutivement que celles tendant au prononcé d'une injonction, d'une astreinte, et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A au préfet de la

Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Toutain, président,

- M. Thobaty, premier conseiller,

- M. Puechbroussou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

Le rapporteur,

Signé

G. Thobaty

Le président,

Signé

E. Toutain

La greffière,

Signé

S. Desplan

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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