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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2204155

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2204155

jeudi 8 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2204155
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantSARHANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 et 31 mars 2022, M. F B, représenté par Me Sarhane, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour mention salarié dans le délai d'un mois ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, en application des dispositions combinées de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

- les décisions contestées ont été signées par une autorité incompétente ;

- ces décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;

- la décision portant refus de séjour méconnaît le décret n° 2021-360 du 31 mars 2021 ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La requête, le mémoire et les pièces complémentaires ont été communiqués au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny a admis le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 9 mai 2022.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. M. F B, ressortissant égyptien, né le 11 mars 1986 à Monofiya (Egypte), a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 24 mars 2021. Par un arrêté du 9 février 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 9 mai 2022, les conclusions relatives à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont désormais sans objet.

Sur les conclusions principales et accessoires :

3. En premier lieu, par un arrêté du 5 mars 2020, publié au recueil des actes administratifs du 6 mars 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. D C, sous-préfet du Raincy, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté du 9 février 2022, qui vise l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne que l'intéressé est entré en France en 2010 selon ses déclarations, qu'il est marié avec une ressortissante égyptienne et est père d'un enfant né de cette union en 2019 et qu'il n'établit pas qu'il ne pourrait pas reconstituer sa cellule familiale en Egypte, où vivent ses parents et sa fratrie, qu'il présente une promesse d'embauche mais ne justifie pas de la qualification ni de l'acquisition de l'expérience professionnelle, que la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable sur sa situation, qu'il a fait l'objet d'un rappel à la loi et doit être regardé comme générateur de troubles à l'ordre public et enfin qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Par suite, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

6. D'une part, les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce que le préfet, pour apprécier l'existence de motifs exceptionnels de nature à justifier l'admission exceptionnelle au séjour d'un étranger, prenne en considération, parmi d'autres éléments, sa qualification et son expérience professionnelles.

7. D'autre part, à supposer même que M. B puisse être regardé comme justifiant d'une résidence habituelle en France depuis l'année 2010, la seule circonstance qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche en tant que maçon ne constitue pas un motif d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le préfet de Seine-Saint-Denis n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,

- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,

- M. Combes, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 septembre 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé

K. E

La première assesseure,

Signé

I. Jasmin-Sverdlin

La greffière,

Signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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