mardi 17 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2022, M. A C, représenté par Me Rochiccioli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler son certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- le préfet ne produit pas l'avis médical du 3 mars 2021 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ce qui fait obstacle à ce qu'il soit vérifié le caractère collégial de l'avis et l'absence du médecin rapporteur parmi les trois médecins désignés ;
- elle méconnaît l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'intervention de son traitement aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît le 10 ° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 24 janvier 2022, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant marocain, a sollicité le 25 mai 2018 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 juillet 2019 le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par jugement n° 2000554 du 21 juillet 2020, le présent tribunal a annulé cet arrêté et enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. C. Par un nouvel arrêté du 15 avril 2021, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Sur la légalité de la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence :
2. En premier lieu, si M. C soutient que la décision de refus de séjour est entachée d'irrégularités dans la procédure de recueil de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'intégration et de l'immigration, il ressort des mentions de l'arrêt attaqué et n'est pas sérieusement contesté, que cet avis, était joint en page 5 de l'arrêté. Dans ces conditions, M. C s'étant abstenu de produire l'intégralité des pages de l'arrêté en litige, il ne met pas le juge en mesure d'apprécier le bien-fondé des moyens qu'il a soulevés, tirés d'irrégularités entachant cet avis.
3. En second lieu, aux termes des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 425-9 : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ".
4. Pour refuser à M. C la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur l'avis émis le 3 mars 2021 par le collège de médecins de l'OFII, qu'il a joint à son arrêté, aux termes duquel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut n'est pas susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En produisant un unique certificat médical d'un médecin psychiatre indiquant, près d'un an après la décision en litige, que le requérant souffre d'accès dépressifs lesquels peuvent, en l'absence de traitement médicamenteux entraîner des idées suicidaires, M. C n'apporte pas suffisamment d'éléments de nature à mettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins. En tout état de cause, il ne ressort ni de ce certificat, insuffisamment circonstancié, ni des documents d'ordre général sur le système de santé au Maroc que M. C produit, ni des fiches " Vidal " relatives à deux prescriptions médicales, que l'intéressé ne peut bénéficier d'un traitement effectif dans son pays d'origine. En outre, si l'intéressé est également suivi en France à la suite d'une arthroplastie totale de hanches, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interruption du suivi entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aucun des moyens dirigés contre le refus de titre de séjour n'ayant prospéré, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
6. En deuxième lieu, égard au motif exposé au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance du 10 ° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision en litige, doit être écarté.
7. En troisième lieu, M. C ne conteste pas les mentions de la décision en litige selon lesquelles il est célibataire, sans charge de famille et qu'il ne justifie d'aucune activité professionnelle ni promesse d'embauche récente. En outre, le requérant n'apporte aucun élément relatif à son insertion sociale en France. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
Sur la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, aucun des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant prospéré, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa du II de l'article L. 511-1, désormais repris à l'article L. 612-1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
10. Dès lors que le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français constitue un délai équivalent au délai de droit commun le plus long susceptible d'être accordé en application de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, l'absence de prolongation de ce délai n'a pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, distincte de celle du principe même de ladite obligation, à moins que l'étranger ait expressément demandé le bénéfice d'une telle prolongation ou justifie d'éléments suffisamment précis sur sa situation personnelle susceptibles de rendre nécessaire une telle prolongation. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C ait demandé au préfet à bénéficier d'une prolongation dudit délai. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision du préfet lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours n'est pas suffisamment motivée.
11. En troisième lieu, il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, pour fixer à trente jours le délai accordé à M. C pour exécuter une obligation de quitter le territoire français, aurait par principe exclu la possibilité de lui accorder un délai supérieur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
12. En quatrième et dernier lieu, M. C ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai supérieur à celui fixé par l'arrêté attaqué lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas, à titre exceptionnel, un délai supérieur à trente jours doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Rochiccioli et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Lunshof, première conseillère,
Mme Courneil, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
La rapporteure,
L. B La présidente,
N. Ribeiro-Mengoli
La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2204177
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026