jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BULAJIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 18 mars 2022 et le 5 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Bulajic, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 16 février 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour : elle est insuffisamment motivée, présente un défaut d'examen réel et sérieux et est entachée d'erreur de fait ; elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant placé en situation de compétence liée en l'absence d'autorisation de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère d'Ile-de-France ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ce même article ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;
- en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire : elle est insuffisamment motivée, présente un défaut d'examen réel et sérieux et est entachée d'erreur de fait.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 22 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Puechbroussou, rapporteur ;
- et les observations de Me Bulajic, pour Mme B A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante indienne née le 18 décembre 1993, entrée en France le 24 mars 2017 sous couvert d'un visa de type D, a sollicité, le 24 septembre 2020, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée à l'issue de ce délai. Mme B A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par conséquent, suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de cet arrêté, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme B A, alors que l'arrêté attaqué mentionne la situation familiale de l'intéressée, l'absence de nouvelle inscription universitaire pour l'année 2020-2021 ainsi que la demande de titre déposée par l'intéressée en qualité de salariée à raison d'un emploi de secrétaire. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
4. En troisième lieu, l'intéressée fait valoir que le préfet, en évoquant, dans la réponse à sa demande de titre sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'incomplétude de son dossier, en dépit de la demande de complément réalisée par courriel le 24 décembre 2021, aurait commis une erreur de fait. Toutefois, la requérante, en se bornant à verser au dossier une confirmation de dépôt de la demande d'autorisation de travail en date du 10 février 2022, faisant au demeurant état d'une date de début prévisionnelle au 20 novembre 2018, soit plus de trois années avant ladite déclaration, n'établit pas que son dossier aurait été complet à la date de la décision contestée portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
5. En quatrième lieu, il est constant que Mme B A a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet de la Seine-Saint-Denis, comme en attestent les termes de la décision attaquée, n'a pas examiné d'office, ainsi qu'il lui aurait été loisible de le faire, la demande de la requérante au regard de la procédure d'admission exceptionnelle au séjour prévue par les dispositions de l'article L. 435-1 de ce même code. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation commises par le préfet dans l'application de ces dernières dispositions ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
6. En cinquième et dernier lieu, si Mme B A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, célibataire et sans charge de famille, a vécu en Inde jusqu'à l'âge de 24 ans, n'allègue pas qu'elle serait isolée en cas de retour dans son pays d'origine et était présente sur le territoire national depuis moins de cinq ans à la date de l'arrêté attaqué. En outre, si l'intéressée allègue exercer, dans le cadre d'un contrat de travail à temps plein et à durée indéterminée, l'emploi de secrétaire, elle n'établit cette activité que pour les mois de janvier et de février 2022, soit une période très récente à la date du refus de titre contesté. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser la délivrance du titre de séjour demandé par Mme B A.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2 à 4, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation, du défaut d'examen et de l'erreur de fait doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 16 février 2022. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions présentées par l'intéressée aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Toutain, président,
M. Thobaty, premier conseiller,
M. Puechbroussou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
C. Puechbroussou
Le président,
Signé
E. Toutain
La greffière,
Signé
S. Séguéla
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026