mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LANGLOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 mars 2022 et 20 mars 2023,
Mme B C épouse A, représentée par Me Langlois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnante d'enfant malade, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de
quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de
1 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision de refus de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- l'avis médical du collège de médecins de l'OFII ne lui a pas été transmis, de sorte que la décision en litige est illégale ;
- la procédure suivie par l'OFII est irrégulière : absence de collégialité de la délibération du collège de médecins de l'OFII et présence du médecin instructeur au délibéré ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet a fait application des conditions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au lieu des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle a méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien au regard de l'article L. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile interprétées à la lumière des conditions fixées au 11° de l'article L. 313-11 du même code, et elle a méconnu les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours est illégale du fait de l'illégalité des décisions de refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Mme C épouse A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bobigny en date du
18 janvier 2022.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 avril 2023 par une ordonnance du même jour, en application des dispositions des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Une mesure d'instruction a été diligentée par le tribunal le 17 avril 2023. Le préfet de la Seine-Saint-Denis a produit, le 20 avril 2023, la pièce demandée, laquelle a été communiquée à la requérante.
La requérante a produit un mémoire, enregistré le 3 mai 2023, qui, en l'absence d'élément nouveau, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khiat, conseiller,
- les observations de Me Langlois pour la requérante, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, de nationalité algérienne, née le 30 janvier 1979 à Iferhounene (Algérie), est entrée en France via l'Espagne munie d'un visa Schengen de court séjour délivré par les autorités espagnoles valable du 25 mars au 23 avril 2019. Elle a sollicité, le 18 septembre 2020, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnante de son enfant malade. Par un arrêté du 13 avril 2021, dont la requérante demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, la décision de refus de séjour comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il ressort en outre de ses motifs que le préfet de la Seine-Saint-Denis a procédé à un examen particulier de la situation de Mme C épouse A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de la situation de l'intéressée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ".
4. Aux termes de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté en litige : " () le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 du même code prévoit que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. (). ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. Les stipulations du 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne prévoient la délivrance d'un certificat de résidence qu'à l'étranger lui-même malade et non à l'accompagnant ou aux parents d'un enfant malade. Toutefois, ces stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Si dans le cadre de ce pouvoir discrétionnaire, il est simplement loisible au préfet de consulter pour avis le collège médical de l'OFII, le respect de la procédure relative à l'édiction de cet avis s'impose alors à lui lorsqu'il a décidé de procéder à cette consultation. Doivent ainsi être notamment respectées dans une telle hypothèse les dispositions des articles
R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aux termes desquelles la décision préfectorale doit être précédée d'un avis rendu collégialement par trois médecins de l'OFII sur la base d'un rapport médical rédigé par un autre médecin. Le collège des médecins de l'OFII doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de cet office.
6. La requérante soutient que la procédure est irrégulière faute de production par le préfet de l'avis du collège de médecins de l'OFII. En réponse à une mesure d'instruction, le préfet de la Seine-Saint-Denis a versé à l'instance l'avis rendu le 29 décembre 2020 par le collège de médecins de l'OFII. Il ressort des mentions de cet avis que le collège s'est prononcé au vu du rapport médical du médecin instructeur, qui n'a pas siégé au sein de ce collège lorsqu'il a délibéré sur la situation de Mme C épouse A. En outre, la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant : () " fait foi jusqu'à preuve du contraire, qui n'est pas apportée par la requérante, du caractère collégial de la délibération du collège. Il suit de là que les moyens tirés de l'irrégularité de la consultation de l'OFII manquent en fait et doivent, par suite, être écartés.
7. En troisième lieu, la circonstance que l'arrêté contesté a fait sien l'avis du collège de médecins de l'OFII en s'en appropriant les termes n'implique pas que le préfet s'est estimé lié par cet avis. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit faute d'avoir exercé son pouvoir d'appréciation.
8. En quatrième lieu, il ne ressort pas des motifs de l'arrêté en litige que le préfet de la Seine-Saint-Denis ait mis en œuvre les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 5, les stipulations du §7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne sont pas applicables contrairement à ce que soutient la requérante. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit invoqué ne peut qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis a estimé, au vu de l'avis du collège de médecins de l'OFII rendu le 29 décembre 2020, que si l'état de santé du fils de
Mme C épouse A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le traitement approprié existe dans son pays d'origine où son enfant peut être pris en charge, elle n'allègue pas de circonstances faisant obstacle à l'accès aux soins de son enfant, et l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque à destination de l'Algérie. Il ressort des pièces du dossier que l'enfant de
Mme C épouse A, Yanni né le 29 septembre 2011, souffre de troubles autistiques nécessitant un suivi pluridisciplinaire. Cependant, le certificat médical des psychomotriciennes Dotorri et Chatagnon daté du 2 février 2021 ni davantage le compte-rendu d'une psychologue algérienne daté du 13 février 2023 ne font état de l'indisponibilité du suivi dont le fils de
Mme C épouse A aurait besoin en Algérie. De même, le certificat médical du docteur psychiatre Boski-Weiss daté du 24 janvier 2023, qui se borne à affirmer que " Yanni ne peut être pris en charge ni médicalement ni scolairement en Algérie " sans plus de précisions, ne permet pas d'établir que le suivi dont il aurait besoin serait indisponible en Algérie. En outre, les articles de presse relatifs à la prise en charge de l'autisme en Algérie dont la requérante se prévaut ne permettent pas, en tout état de cause, de remettre en cause le bien-fondé de l'appréciation portée par le préfet relative à la possibilité d'un suivi approprié de l'état de santé du fils de
Mme C épouse A dans son pays d'origine. Par ailleurs, ni le même certificat d'une psychologue algérienne daté du 13 février 2022, faisant état des difficultés dans la scolarisation du fils de Mme C épouse A lorsqu'il résidait en Algérie, ni l'attestation d'un directeur d'école qui se situe dans une commune de Ain-Zaouia faisant partie de la wilaya de Tizi-Ouzou datée du 7 mars 2022 faisant état de l'absence de structure adaptée pour la scolarisation d'enfants autistes dans cette wilaya uniquement, ni davantage les articles de presse dont la requérante se prévaut ne permettent d'établir que la scolarisation de l'enfant ne pourrait pas se poursuivre normalement en Algérie. Par suite, en refusant de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme C épouse A en tant qu'accompagnante d'enfant malade, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ce refus sur la situation personnelle de l'intéressée.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (). Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
11. En outre, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
12. Mme C épouse A ne réside en France que depuis 2019. Il ressort des pièces du dossier que celle-ci a rejoint la France avec son époux avec lequel elle est marié depuis 2008. Le couple a eu deux enfants nés en Algérie en 2011 et en 2016, et scolarisés sur le sol français. Il est constant que l'époux de la requérante est en situation irrégulière sur le sol français. Si Mme C épouse A soutient que son frère ainsi que son beau-frère sont de nationalité française, et que son père ainsi que ses beaux-parents sont décédés, ces éléments ne permettent ni d'établir qu'elle a fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le sol français ni qu'elle serait dépourvue de toutes attaches familiales dans son pays d'origine. Par ailleurs, si l'époux de la requérante occupe un emploi de préparateur de commande depuis septembre 2019 au titre d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis juin 2020, cette expérience professionnelle naissante ne reflète pas une insertion socio-professionnelle significative sur le sol français. Dès lors, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale de
Mme C épouse A, qui s'est formée en Algérie, se reconstitue dans ce pays, dont son époux et leurs enfants ont la nationalité. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de Mme C épouse A en France, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas porté une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale. Par suite, les décisions en litige n'ont pas méconnu les stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni davantage celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
13. En septième lieu, la décision fixant le délai de départ volontaire comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation soulevé à l'encontre de cette décision doit être écarté.
9. En huitième lieu, aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté en litige : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
14. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C épouse A aurait sollicité, en raison de sa situation personnelle, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. En outre, au regard de ce qui a été dit aux points 9 et 12, aucun des éléments avancés par la requérante ne permet de justifier de circonstances particulières de nature à justifier qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation soulevé à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
15. En neuvième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays de destination doivent être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C épouse A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 13 avril 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnante d'enfant malade, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Michel Romnicianu, président,
Mme Nathalie Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Youssef Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
Le rapporteur,
Y. Khiat
Le président,
M. D
La greffière,
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026