jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2022, M. B A , représenté par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 9 février 2022 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros, à verser à son avocate en application des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous condition que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, dans l'hypothèse où il serait admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, ou à défaut, à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions litigieuses sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968, celles de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 12 septembre 2022, le bureau d'aide juridictionnel près le tribunal judiciaire de Bobigny a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauchard,
- et les observations de Me Grolleau, substituant Me Pierre, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 1er août 1992 à M'Chedallah, qui serait entré en France en 2013, a demandé, le 14 septembre 2021, son admission au séjour. Par des décisions du 9 février 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
2. La décision qui refuse à M. A la délivrance d'un certificat de résidence vise, notamment, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son article 8, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le point 5 de son article 6, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle est, ainsi, suffisamment motivée en droit. Cette décision indique que la demande de titre de séjour a été examinée au regard du pouvoir discrétionnaire dont dispose le préfet pour accorder une mesure de régularisation et expose que, si le requérant est marié avec une ressortissante marocaine en situation régulière en France et qu'un enfant est né de cette union, leur communauté de vie n'est pas établie et que rien ne s'oppose à ce que leur cellule familiale se reconstitue en Algérie où résident les parents de M. A. La décision précise que ce dernier est susceptible de bénéficier de la procédure de regroupement familial. Ainsi, alors que le préfet n'était pas tenu de reprendre dans sa décision l'ensemble des éléments relatifs à la vie privée et familiale du requérant et que M. A ne peut utilement contester, au soutien d'un moyen tiré du défaut de motivation, le bien fondé des motifs retenus par l'autorité préfectorale, le refus de titre de séjour litigieux est suffisamment motivé en fait. La décision qui fait obligation au requérant de quitter le territoire français vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel elle a été prise et est, dès lors, suffisamment motivée en droit. En vertu des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du même code, cette mesure d'éloignement n'avait pas à faire l'objet d'une motivation en fait distincte de celle de la décision relative au séjour. Enfin, la décision fixant le pays à destination duquel le requérant sera éloigné, rappelle sa nationalité, vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que l'intéressé n'établit pas être exposé à des traitements prohibés par ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine, elle est dès lors suffisamment motivée en droit et en fait. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation des décisions attaquées doit être écarté.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions attaquées seraient entachées d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. A.
4. Dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. De plus, il ressort des termes mêmes de l'arrêté critiqué que le préfet de la Seine-Saint-Denis a, comme il le devait, examiné la demande de M. A, non au regard dudit article L. 435-1, mais en vertu de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté comme inopérant.
5. Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention vie privée et familiale est délivré de plein droit () () / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. M. A, qui ne justifie pas être entré en France en 2013, ne peut être regardé, au regard des pièces qu'il produit dans la présente instance, comme justifiant de sa présence habituelle sur le territoire français qu'à compter du courant de l'année 2019 tout au plus. Il ne se prévaut d'aucune activité professionnelle en France et ne conteste pas les termes de la décision litigieuse selon lesquels il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, s'il ressort des pièces du dossier que, de l'union du requérant avec une ressortissante marocaine titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2029 avec laquelle il s'est marié le
26 octobre 2020, est née en France une enfant, le 10 mai précédent, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue à l'étranger. En effet, de première part, alors que la décision fixant le pays de destination du requérant désigne son pays d'origine ou tout autre pays dans lequel il serait légalement admissible, M. A, en se bornant à affirmer que tel serait le cas, n'établit pas ne pas être admissible au Maroc ni que son épouse n'est pas admissible en Algérie, d'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que l'épouse du requérant est la mère d'un enfant français né d'une précédente union, en l'absence d'aucune indication sur l'existence d'un quelconque lien entre cet enfant et son père français, la nationalité française de l'enfant ne fait pas obstacle à ce qu'il s'épanouisse, à l'étranger, avec sa mère et le requérant, qui fait valoir qu'il pourvoit à son éducation et à son entretien. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations internationales citées au point 5 doivent être écartés. Il en va de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de ce que les décisions litigieuses seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur la vie personnelle de M. A.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée sur leur fondement et sur celui de l'article 37 de loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
M. Breuille, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le président rapporteur,
L. Gauchard
L'assesseur le plus ancien
C. Caron-LecoqLe greffier,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026