mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204710 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | ABEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mars 2022, Mme N'Dablah Prisca Nicaise B, représentée par Me Abel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- est entachée d'incompétence du signataire ;
- est entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit dès lors qu'elle a demandé un changement de statut sur le fondement de l'article L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre salarié dès lors qu'elle est titulaire d'un master 2 et exerce un emploi en adéquation avec son diplôme, or le préfet a examiné sa demande sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa vie personnelle, scolaire et professionnelle ;
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 6 juillet, la clôture d'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique, au cours de laquelle, le rapport de M. A a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 23 novembre 1994, est entrée en France le 14 septembre 2016, munie d'un visa long séjour étudiant. Elle a bénéficié d'un titre de séjour étudiant, valable jusqu'au 19 novembre 2021. Elle a sollicité le 18 novembre 2021 le renouvellement d'un titre de séjour. Par un arrêté du 21 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination d'un pays dans lequel elle est légalement admissible. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-1827 du 19 juillet 2021, régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. D C, sous-préfet du Raincy, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions contestées. Dès lors, le moyen, invoqué par Mme B demeurant à Vaujours (93410) et tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.() ". Mme B soutient que la décision contestée est entachée d'un vice de procédure et d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante mais le renouvellement, sous couvert d'un changement de statut, en qualité de salariée, demande sur laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis ne s'est pas prononcé. Toutefois, alors que l'arrêté contesté mentionne que Mme B sollicite le renouvellement du dernier titre en sa possession, l'intéressée n'apporte aucun élément, notamment récépissé ou convocation, permettant de corroborer cette allégation. Dans ces conditions, les moyens tirés du vice de procédure et de l'erreur de droit doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié, alors même qu'elle en remplirait les conditions, doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'illégalité de la décision portant refus de séjour n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, doit être écarté.
5. En second lieu, Mme B séjourne en France depuis cinq ans, sous couvert d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, ne lui donnant point vocation à s'établir durablement sur le territoire. L'intéressée est célibataire, sans enfant et ne se prévaut d'aucune attache familiale en France. En outre, son insertion professionnelle est récente, puisqu'elle exerçait l'activité d'opérateur de restauration, à temps partiel, en parallèle de ses études, et n'est titulaire d'un contrat à durée indéterminée à temps plein, en qualité d'assistante de restauration, que depuis le 1er novembre 2021. Par suite, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la vie personnelle de l'intéressée.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le délai de départ volontaire, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme N'Dablah Prisca Nicaise B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
M. Thobaty, premier conseiller,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le président- rapporteur,
signé
B. A L'assesseur le plus ancien,
signé
G. Thobaty
Le greffier,
signé
S. Werkling
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026