mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204742 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 25 mars 2022, 22 décembre 2023 et 27 mai 2024, l'association Blanc-Mesnil Sport Judo, représentée par Me Delarue, demande au tribunal :
1°) de proposer une médiation aux parties dans les conditions prévues par le code de justice administrative ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021 par laquelle la commune a mis à sa disposition à titre provisoire des équipements sportifs sur des créneaux horaires supplémentaires à ceux déjà attribués pour la saison sportive 2021-2022, ensemble la décision du 2 mars 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la commune du Blanc-Mesnil de lui attribuer des créneaux sur les plages horaires libre au sein de la Maison des arts martiaux comme il suit : d'une part, le dojo D de la Maison des arts martiaux : les mardi et jeudi, de 20 heures à 21 heures 30 et le dimanche, de 9 heures à 13 heures ; d'autre part, la tribune B de la Maison des arts martiaux : le mercredi, à compter de 19 heures ou le vendredi, de 17 heures 30 à 22 heures ;
4°) de mettre à la charge de la commune du Blanc-Mesnil la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence dès lors que l'acte a été signé par l'adjointe au maire qui ne dispose pas d'une délégation de signature publiée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en tant qu'elle ne comprend aucune règle de droit et qu'elle ne précise pas pourquoi d'autres créneaux dans d'autres salles ne pourraient pas lui être attribués en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il s'agit d'une décision défavorable à l'association qui subordonne l'octroi des créneaux à des conditions restrictives et qui refuse un avantage qui constitue un droit pour l'association qui remplit les conditions légales pour l'obtenir ;
- la décision attaquée est entachée d'une rupture d'égalité de traitement et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 100-1 et 2 du code du sport et de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales ;
- s'agissant de la demande de suppression de certains passages de la requête, d'une part, lesdits passages s'appuient sur des pièces qui reprennent les propos de l'ancien maire et, d'autre part, ils ne dépassent pas la limite acceptable attendue dans une discussion litigieuse.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 7 avril 2023 et 24 mai 2024, la commune du Blanc-Mesnil, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de l'association Blanc-Mesnil Sport Judo en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et demande au tribunal de prononcer la suppression, en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, des passages injurieux, outrageants et diffamatoires contenus dans les écritures de l'association Blanc-Mesnil Sport Judo.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- les observations de Me Delarue, représentant l'association Blanc-Mesnil Sport Judo,
- et les observations de Me Cazin, représentant la commune du Blanc-Mesnil.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Blanc-Mesnil Sport Judo (BMSJ) est une association créée le 31 juillet 2001 ayant pour objet la pratique du judo-jujitsu, du kendo et d'autres disciplines régies par la Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées, ainsi que d'autres activités sportives. Par deux décisions des 24 août 2021 et 8 octobre 2021, la commune du Blanc-Mesnil a mis à disposition de l'association BMSJ des équipements sportifs sur certains créneaux horaires pour la saison sportive 2021-2022. Par une ordonnance n° 2112834 du 22 octobre 2021, la juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a suspendu l'exécution des décisions des 24 août 2021 et 8 octobre 2021 jusqu'à ce qu'il y soit statué au fond. La juge des référés a également enjoint à la commune du Blanc-Mesnil de réexaminer la demande de l'association BMSJ dans un délai de trois semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, en vue de la prise en compte, à titre provisoire, de créneaux horaires davantage compatibles avec les besoins exprimés pour la pratique du judo. Par une décision du 12 novembre 2021, l'adjointe du maire chargée des sports et de la jeunesse a mis à disposition de l'association BMSJ, à titre provisoire, des équipements sportifs sur des créneaux horaires supplémentaires à ceux déjà attribués pour la saison sportive 2021-2022. Par la présente requête, l'association BMSJ demande l'annulation de la décision du 12 novembre 2021.
Sur la demande de médiation :
2. Aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction ". Selon l'article L. 213-7 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif () est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci. ".
3. Par une ordonnance n° 2206506 du 27 avril 2022 de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Montreuil, un médiateur a été désigné dans le présent litige. Cette médiation n'a pas abouti. Il n'y a donc plus lieu d'ordonner cette médiation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales : " Des locaux communaux peuvent être utilisés par les associations ou partis politiques qui en font la demande. / Le maire détermine les conditions dans lesquelles ces locaux peuvent être utilisés, compte tenu des nécessités de l'administration des propriétés communales, du fonctionnement des services et du maintien de l'ordre public () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'association BMSJ a, par un courriel du 3 novembre 2022, précisé à la commune du Blanc-Mesnil ses besoins en termes de créneaux. En particulier, elle sollicite, pour la pratique du judo adulte les créneaux de lundi, mercredi et vendredi de 19 heures 30 ou 19 heures 45 à 21 heures 30 et, pour la pratique du judo enfant, les créneaux du mercredi de 14 heures à 17 heures et du samedi de 15 heures 30 à 17 heures. Or, par la décision attaquée du 12 novembre 2021, la commune lui accorde les créneaux des lundi, mercredi et vendredi de 21 heures 30 à 22 heures 30 et du samedi de 10 heures à 13 heures. Dans ces conditions, la décision attaquée, en ce qu'elle refuse de mettre à disposition de l'association requérante des salles de sport communales certains créneaux sollicités s'analyse comme un refus d'autorisation au sens du 7° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Or, si elle énonce la considération de fait qui fonde le refus d'autorisation en indiquant que " L'examen des possibilités d'accueil n'a pas permis d'identifier les créneaux horaires supplémentaires. La programmation de l'occupation des locaux sportifs pour cette saison est telle, que l'ensemble des créneaux horaires pouvant convenir à vos besoins sont actuellement occupés. Il ne nous apparaît pas possible, par ailleurs, d'imposer aux autres associations sportives le retrait d'une partie des créneaux horaires qui leur ont été allouées, en cours de saison sportive ", aucune considération de droit n'y est énoncée. Dès lors, l'association requérante est fondée à soutenir que la décision contestée est entachée d'une insuffisance de motivation.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'association BMSJ est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 novembre 2021 mettant à sa disposition, à titre provisoire, des équipements sportifs sur des créneaux horaires supplémentaires à ceux déjà attribués pour la saison sportive 2021-2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Les demandes formulées par l'association BMSJ portent sur la mise à disposition des équipements sportifs municipaux sur certains créneaux horaires pour la saison sportive 2021-2022, précisément du 1er septembre 2021 au 30 juin 2022. Or, à la date du présent jugement, la saison 2021/2022 est échue. Il s'ensuit que l'annulation prononcée n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'association BMSJ, dans la présente instance, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la suppression des passages diffamatoires :
9. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : "Art. 41, alinéas 3 à 5.-Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. / Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts ()" ".
10. D'une part, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil tendant à la suppression de quatre passages " En 2015, M. A s'est également présenté l'activité du club de sport " à la page 3 de la requête du 25 mars 2022, " Ce courrier, au début d'une année répondre [à] ce courrier " à la page 4 de cette même requête," Cependant, au cours de la séance du 1er avril 2021 d'un montant de 10 000 euros " à la page 4 de cette requête et " Par un courrier du 2 mars 2022 également de poursuites pénales " à la page 6 de cette requête, qui n'excèdent pas les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse.
11. D'autre part, il n'y a pas non plus lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Blanc Mesnil tendant à la suppression de neuf passages " Entre temps, la commune a suspendu pour l'année 2021/2022 et 2022/2023 " à la page 2 du mémoire du 22 décembre 2023, " Si, contradictoirement, les subventions d'une subvention pour l'année 2023 " à la page 2 de ce même mémoire, " Tout porte à croire l'association exposante " à la page 2 de ce même mémoire, " Pour mémoire, de faire taire le BMSJ " à la page 3 de ce même mémoire, " Considérant qu'il ne résulte d'aucune disposition demander l'annulation de cette décision " aux pages 8 et 9 de ce même mémoire, " Des propos agressifs étrangères à l'intérêt général " à la page 9 de ce même mémoire, " Il va de soi qu'un membre coïncidence est troublante. " aux pages 16 et 17 de ce même mémoire, " Encore dernièrement . un article évoquant l'ESBM " à la page 31 de ce même mémoire et " Il ne peut être sérieusement une rupture d'égalité " à la page 31 de ce même mémoire, qui n'excèdent pas les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association BMSJ, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme sollicitée par la commune du Blanc-Mesnil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de la commune du Blanc-Mesnil le versement de la somme de 1 500 euros à l'association BMSJ au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 12 novembre 2021 mettant à disposition de l'association BMSJ, à titre provisoire, des équipements sportifs sur des créneaux horaires supplémentaires à ceux déjà attribués pour la saison sportive 2021-2022 est annulée.
Article 2 : La commune du Blanc-Mesnil versera la somme de 1 500 euros à l'association BMSJ en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à l'association Blanc-Mesnil Sport Judo et à la commune du Blanc-Mesnil.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. L'hôte, premier conseiller,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,Le président,SignéSignéMme BazinM. Truilhé
La greffière,SignéMme B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 220474
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026